Tout ce que j’aimerais vous dire


Parentalité / Friday, June 26th, 2020

Depuis que j’ai quitté le dogme BPR et que je le déconstruis, que je partage cette décontraction avec vous, il y a plein de choses que j’aimerais vous dire mais que je garde pour nous.

Chat échaudé craint l’eau froide.

J’aimerais partager les échanges hebdomadaires que j’ai avec la psychologue qui prend en charge MiniCaptain depuis 4 mois déjà, sur toutes ces dérives parentales et le mal qu’elles font aux enfants. Surtout aux enfants différents.

J’aimerais vous parler du programme d’entrainement aux habiletés parentales que nous avons suivi aux côté de 4 autres couples de parents. Programme au cours duquel nous n’avons pas été les seuls à être orienté sur la piste de l’autisme.

J’aimerais vous parler de tout ce qu’on a mis en place avec MiniCaptain et qui fonctionne à merveille : les cartes au trésor, l’exclusion dans sa chambre, la gestion des colères, le time timer, le tableau de motivation, le moment spécial, les récompenses intrinsèques et extrinsèques…

Mais je me retiens.

Parce que c’est notre chemin, celui de mon fils et qu’après avoir décrié le dogme BPR je ne voudrais certainement pas en créer un nouveau. Bien que, tous les outils donnés au cours de ce programme d’entrainement aux habiletés parentales marchent très bien, j’ai conscience que s’ils marchent, c’est parce qu’ils sont ciblés, appropriés, adaptés ; parce que la psychologue suit chacun des enfants, et qu’elle a toujours un mot pour recadrer une compétence apprise : “Je pense en revanche, que pour MiniCaptain, il vaut mieux continuer comme vous faites, plutôt que comme le programme le préconise.”

Elle sait pas seulement dans le sens grandes théories de la psychologie spécialisée sur les enfants porteurs de TED (Troubles Envahissants du Développement) mais elle sait aussi quel outils pour quel enfant, et nuancer l’outils en question.

Alors à quoi bon partager tout ça ici avec vous et participer à la multitude de conseils, activités et trucs et astuces parentaux présents en myriade sur le net ? Pourtant j’en ai envie. Besoin aussi. De partager avec d’autres parents qui ont connu ce moment où tu revis parce que tu as enfin trouvé unE professionelLE qui sait, qui comprend et, surtout, qui aide.

J’ai déjà échappé quelques trucs sur Instagram. C’est compliqué de réfréner l’enthousiasme quand on aperçoit enfin la lumière au bout d’un long tunnel. C’est compliqué mais nécessaire. Aujourd’hui on m’a écrit : “Tu es parole d’évangile.” et ça m’a fait autant plaisir que peur. Je ne veux pas me transformer en apôtre. Je ne veux pas croire un jour que j’ai la légitimité de capitaliser sur mon expérience parce qu’il se trouve que mon cheminement fait écho et aide d’autres mamans, d’autres parents, alors que je ne suis “que” maman et “que” enseignante”.

Alors tout ce que j’aimerais vous dire concernant le virage éducatif pris avec MiniCaptain et le long parcours qui s’annonce pour un diagnostic précis, je le tais. Par humilité plus que par pudeur (enfin autant qu’il est possible d’être humble quand on partage tant de chose publiquement).

Tout ce que j’aimerais vous dire, du coup je le transforme.

Faites vous confiance.

Coupez vous des personnes qui mettent à mal votre parentalité (sur le net comme dans la vraie vie).

Si vous rencontrez des difficultés dans votre parentalité, n’ayez de cesse de cherche de l’aide auprès de personnes formées, avec des diplômes reconnus. Je n’insisterai jamais assez là dessus. Si les diplômes ne sont pas une garanties en soi, l’absence de diplômes devrait alors être un red flag immédiat.

Vous êtes les meilleurs parents pour vos enfants (sauf si vous êtes des parents maltraitants, mais il est rare que les parents dont les enfants relèvent d’un placement par l’ASE soient dans des démarches de remise en question perpétuelle de leur parentalité).

Vous avez le droit de vous donner la priorité.

Il n’y aura pas de médaille du meilleur parent remise au cimetière.

Pensez à vous aussi. A vous d’abord.

Vous êtes légitimes.

5 Replies to “Tout ce que j’aimerais vous dire”

  1. Bonjour, j’ai trouvée votre page par hasard et j’ai eu une forte envie de vous ecrire… je suis une nouvelle maman angoissée… des angousses declinchée par la belle mere intrusive, qui pense mon enfant l’appartienne. J’ai commencé des traitements pour faire face, mais c’est dur… je voudrais vous demander, vu que si je comprends bien, vous avez vecu les situations similaires, est-ce qu’un jour on arrive a faire avec et faire face? Est-ce que on retrouve sa force pour dire non. Une fois les hormonnes se calment peut-etre? Merci pour votre blog… et je m’excuse de ce message improvisee et chaotique- c’est ecrit par une maman tres fatiguée

    1. Pas besoin de s’excuser. On passe toutes par des moments de ce genre 🙏 Tu n’es pas seule ♥️

      Et pour répondre à ta question : oui, un jour on arrive à faire face 💪 Les hormones stabilisée et la confiance en sa capacité à être une bonne mère retrouvée, on arrive à faire face. On sort la tête de l’eau. Et on arrive même (parfois) à renvoyer/cloisonner belle-maman à son rôle de grand-mère.

      Courage pour cette situation delicate. Tu es une bonne maman 🙏

  2. Merci mille fois pour cet article. Mon fils est encore un bébé, donc on n’est pas touchés (encore) par des questions spécifiques comme les TED, mais puisque notre histoire a commencé de façon chaotique, que j’ai été beaucoup allongée pendant la grossesse, j’ai beaucoup (trop) lu de trucs sur internet et moi qui pensais devenir une maman plutôt indépendante, pas tellement hyper maternante, dès l’arrivée de mon fils, j’ai fusionné avec lui. Ça, en soi, ce n’est pas grave !!! Mais les débuts de l’allaitement ayant été très très très compliqués, j’ai passé des heures, notamment en pleine nuit pour survivre aux longues tétées douloureuses, à parcourir toutes sortes de Blogs ou pages Facebook sur l’allaitement et de fil en aiguille à me faire embarquer dans l’univers du maternage idéologique dogmatique ce qui a occasionné encore plus d’angoisse. Mon pauvre mari me voyait tous les jours “diagnostiquer” un nouveau problème à notre bébé, comme le font bien trop de mamans soi-disant bienveillantes sur internet, au prétexte de “sauver” un allaitement comme si c’était le but ultime a réussi à me faire prendre conscience que ça ne faisait que m’angoisser davantage et m’empêchait de savourer les premiers temps de mon bébé. J’en suis maintenant au stade où j’ai pris conscience que ça me faisait plus peur qu’autre chose tout ça, j’ai quitté les groupes Facebook, je tourne 7 fois mes doigts sur le clavier avant de chercher sur Google ce que je prends pour symptômes. Bref j’essaie de reprendre la main, avec mon mari, sur MA ou plutôt NOTRE parentalité qui, parce que nous sommes tous les 3 des individus, est individuelle ! Mais c’est difficile, j’ai vraiment l’impression que c’est comme quitter une secte ! J’ai beau croire vraiment que beaucoup de ce qui m’a été dit est faux ou extrêmement exagéré, j’ai beau vouloir sincèrement penser à moi et aussi à mon mari et pas seulement à mon bébé, j’ai beau être persuadée que le papa a un grand rôle à jouer et que non, ce n’est pas anodin de l’envoyer dormir sur le canapé pendant 18 mois parce que “bébé a besoin de sa maman”, sous entendu “pour lui tout seul”, je suis sans cesse rattrapée par les “sentences” des réseaux sociaux. Quand je commence l’adaptation chez la nounou pour pouvoir chercher un boulot alors que j’aurais les moyens de rester encore un peu en congé parental, quand je décide que je ne veux pas multiplier les examens médicaux pour un bébé souriant, dynamique et qui donc va quand même plutôt bien, quand je décide que je ne veux plus de cododo parce que je ne dors pas assez profondément. Tout ça, ce sont des choses que ma tête veut vraiment mais qui demandent un effort à mon cœur et quand des phrases acérées lues sur internet viennent bousculer ma tête, mon cœur se fendille et se demande si c’est malveillant/maltraitant de vouloir retrouver une chambre et surtout un lit conjugal quand on a un bébé de 6 mois ou de ne pas envisager de sevrage naturel. Alors merci pour ce blog qui me donne un point d’ancrage pour me convaincre que materner, ça se fait à l’instinct, pas en suivant les ayatollahs du net.

    1. Bravo pour ce cheminement. Les mamattolahs du net sont autant victimes que vecteurs de tous les mythes sur le maternage proximal, c’est dramatique le mal que toute cette mouvance est en train de faire à toute une génération de parents et d’enfants. Heureusement, on finit par en sortir 🙏

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.