Mon accouchement pour MiniCaptain – Cheminer vers l’AAD


#MakingABaby / Friday, September 21st, 2018

Récemment, j’ai fait un live sur Instagram pour parler de ce cheminement vers l’AAD (accouchement à domicile) et raconter mon accouchement pour MiniCaptain par la même occasion. Je reprends ici les grandes lignes de ce live, notamment pour les personnes malentendantes qui auraient voulu pouvoir participer aux discussions, mais aussi pour celles qui aimeraient continuer à réagir. La section commentaires est ouverte 🙂

Disclaimer : je raconte ici mon accouchement, mon ressenti, mon cheminement. Je ne juge pas celles qui accouchent en maternité. Je ne dis pas que la maternité c’est le MÂL absolu. Pour avoir 3 amies qui ont accouché par césa, dont une d’un préma, l’accouchement en maternité est parfois nécessaire et indispensable et sauve des vies. Je ne suis pas anti-médecine. Et je n’émets pas de jugement de valeur sur qui est la plus badass entre la césa, la vb avec péri, sans péri, l’aad ou l’ana (accouchement non assisté).
Je préfère préciser avant même de commencer.

Amour et sororité mesdames

Durant la grossesse

Tombée enceinte de MiniCaptain après avoir découvert que j’étais finalement fertile grâce à une fausse couche sous DIU, je voulais déjà accoucher à domicile. Je ne suis pas anti-médecine, ni anti-science (tout le monde chez nous à ses vaccins à jour, même les non obligatoires) mais j’ai eu malheureusement des expériences très traumatisantes avec des praticien.ne.s étant plus jeune et je ne fais pas confiance à l’humain.e qui pratique la médecine (ou du moins il me faut beaucoup de temps avant d’arriver à être en confiance avec un.e praticien.ne). Au début de la grossesse, je venais tout juste de changer d’obstétricien sur les recommandations de ma meilleure amie. Je venais de changer de clinique également. Et je ne voyais pas pourquoi j’accoucherai dans ce milieu qui ne m’était pas familier, avec un obstétricien que je connaissais à peine et une équipe que je n’aurais de toute manière pas rencontrée avant le jour J. Ca me paraissait (et ça me parait toujours) assez surréaliste cette confiance aveugle qu’on demande (exige) des parturientes de se livrer corps et âme à des inconnu.e.s pour ce qu’il y a de plus intime au monde : donner naissance. Bref.

Mon projet AAD était déjà bien ancré en moi. Je n’avais pas peur. J’étais prête. Mon corps, ce temple qui portait la vie contre toutes attentes, était pret. Je le sentais. Malheureusement, j’ai du composer avec les peurs du Captain. Je pensais à l’époque avoir trouvé un bon compromis “Ok j’accepte d’aller à la maternité mais tu m’aides à avoir un accouchement naturel (=sans peri, sans épisio, sans être allongée sur le dos)“. Compromis dont je suis seule à avoir tenu ma part et que j’ai longtemps regretté, vous allez comprendre pourquoi.

La grossesse s’est bien passée, hormis les contractions dés le 4ème mois. A l’époque, tout le monde me disait que ce n’étaient pas de vraies contractions, que le jour J je verrais ce que sont de vraies contractions. Bullshit les ami.e.s 🙂 Le jour J, j’ai su que c’était le jour J parce que douches chaudes, prises de Spasfon et ballon ne les faisaient pas passer! J’ai donc eu 4 mois et demi pour apprendre à gérer la “douleur” des contractions. Honnêtement ? C’est pas plus dur à gérer que quand t’en chie pour finir ta dernière série de squat. Tu sais, celle que tu t’es rajoutée en plus de la longue série que tu viens de faire ? Celle qui ne dépend que de ton mental parce que tout ton corps te crie d’arrêter tes putains de squats ? Et bien voilà, les contractions c’était pareil pour ma part : au mental avec des positions qui aidaient mon corps. Pendant 4 mois et demi.

L’accouchement

Le travail a commencé vers 20h. Le Captain était dans notre futur appartement en train de faire du crépis. J’ai géré mes contractions solo, dans le confort et la chaleur de notre mini appartement pendant quelques heures avant de lui envoyer vers 23h LE texto : “Prêt à rencontrer ton fils?”. Il est rentré des travaux, lessivé par le rythme journée de boulot + soirée de travaux qu’il enchainait déjà depuis des semaines pour qu’on puisse déménager avant la naissance (raté!).

23h30 Nous dînons ensemble. Oui. Dîner. En contractant. C’était plus que nécessaire. C’était salvateur! Pendant tout le travail à la maison j’ai mangé et bu. Et dormi. Oui, aussi. Entre deux contractions, mon corps plongeait dans un sommeil réparateur (un peu comme les marins qui dorment par tranches de 20 min quand ils sont en mer, tu vois?). Vers minuit moins le quart, mon homme part se coucher. Je ne sais pas quand notre fils va naître mais je veux que son père ait le maximum de repos possible. Je continue de contracter solo dans notre salon, sur notre canapé, sur mon ballon. Je m’endors toujours entre les contractions dont je ne sens quasiment plus la douleur. C’est tellement agréable ce lâcher prise. Je dors et quand mon corps en a besoin, je me réveille et j’agis pour répondre à ses besoins, et je me rendors ensuite. C’était un des moments les plus sereins de toute ma vie.

00h16 très précisément (je m’en souviens si bien parce que la première chose que j’ai vu était l’heure sur le four ^^’)  je me réveille en sursaut. Quelque chose vient d’exploser. A l’intérieur de moi. Imagine un ballon de baudruche qui explose sous l’eau. Tu vois un peu ? Et bien voilà, je viens de rompre ma poche des eaux. Sans aucune équivoque. Pas de doute possible. Je réveille le Captain qui aura donc dormi en tout et pour tout une demi-heure. Il arrive dans le salon en boxer, les yeux à peine ouvert : “C’est bon je suis prêt”.

Et à partir de ce moment là, le moment le plus serein de ma vie s’arrête pour devenir le plus meurtrissant de ma vie.

Arrivée à la maternité

Le trajet en voiture ne dure que 15 minutes. Dieux merci ! C’était déjà assez inconfortable comme ça ! Et c’est le grand bazar à l’arrivée. De nuit, donc, la clinique est fermée et il faut sonner à l’entrée pour que le vigile ouvre. Seulement l’entrée est de l’autre côté du parking. L’entrée des urgences est à mi-chemin. Nous décidons de sonner aux urgences car, rappel des faits, je contractais, ma poche des eaux se vidait, je pouvais difficilement faire 200m de plus à pied.

Evidemment nous sommes refoulés sans ménagement. Seulement voilà : une autre parturiente arrive de l’entrée où le vigile n’est pas là… Nos maris insistent et, contraint par l’ire grandissante de nos hommes, l’accueil nous laisse rentrer et nous nous installons aux urgences en attendant qu’on vienne nous chercher. Je contracte toujours. C’est de plus en plus douloureux. Tous ces pourparlers, l’agressivité du médecin qui nous laisse entrer, la contrariété de devoir attendre dehors en contractant, ne m’aident clairement pas.

Prise en charge

Nadia arrive. Je ne l’ai jamais vu, ne la reverrai jamais. Mais c’est la sage-femme qui va m’accoucher. Elle me demande d’enfiler des chaussons stériles. Me bombarde de questions alors que je suis suivie dans cette clinique, par un obstétricien, depuis le début de la grossesse et qu’ils ont l’intégralité de mon dossier. Elle me posera plein de questions. Trop de questions. Même pendant que je contracte. Même quand je ne peux pas parler. Et comme elle adresse ses questions directement à moi, mon homme, dans l’état d’épuisement qui était le sien, n’aura pas la présence d’esprit de répondre à ma place et d’intervenir pour que je puisse me reconcentrer sur la gestion de mon accouchement.

Je suis contrainte à m’allonger pour le monitoring. Les questions continuent. Les commentaires sur l’intensité de mes contractions vont bon train. Apparemment elles sont “vraiment impressionnantes” et puis elle enchainera avec un “Vous êtes sûre que vous ne voulez pas être soulagée?” proposé plusieurs fois. Entre le harcèlement de questions incessantes, le monito contraint et les incessantes propositions, je finis par accepter “d’être soulagée”. Bye bye mon accouchement sans péridurale… Clairement, j’accepte juste pour une chose : QU’ELLE SE CASSE BORDEL! Qu’elle aille chercher son putain d’anesthésiste et qu’elle me foute la paix, merde! Pardon, je suis vulgaire (et ce n’est que le début).

Dés le moment où elle s’en va, je peux reprendre la gestion de ma douleur. Je peux reprendre en main mon accouchement. Je discute d’ailleurs avec le Captain, en lui disant que je regrette d’avoir cédé à la péridurale juste pour qu’elle s’en aille. Je lui répète que je ne veux pas de péridurale. Hélas, mon Captain, épuisé et stressé, marqué par les commentaires de Nadia sur l’intensité de mes contractions (et bien oui, c’est une sage-femme après tout, si elle elle dit que mes contractions sont impressionnantes, c’est qu’elles doivent vraiment l’être), me convainc que j’ai déjà travaillé comme une lionne et que j’ai bien fait d’accepter la péridurale. Bye bye mon accouchement physiologique…

La SF et l’anesthésiste arrivent, la péridurale est posée rapidement et sans gêne. Elle remplit son office à la perfection : je sens tout mais sans douleurs. Tout le monde s’en va. Je suis toujours sous monito. On nous laissera ainsi 2h jusqu’à ce que je demande à mon homme combien de temps dure une péridurale. Je m’en enquiers parce que je recommence à sentir une toute légère douleur et je sens que ça travaille beaucoup. Mais genre VRAIMENT beaucoup. Je bipe. Une SF inconnue arrive, m’explique que Nadia est occupée. Je lui explique. Elle me dit qu’on va remettre une dose de péridurale. Sans même vérifier l’avancée du travail. Elle injecte.

10 ou 20 minutes plus tard, je me tourne vers mon homme. “Ca pousse là” Il me proposera de regarder, mais je refuserais #team32 La SF une nouvelle fois bipée arrive. Je lui explique que je sens que ça pousse. Et elle aura un discours hyper infantilisant : “Mais Madame Bidule, c’est juste votre premier enfant! Vous êtes arrivée à minuit et demi c’est ça ? Et bien vous ne l’aurez pas dans les bras avec demain vers 10h-midi environ voyons! Bon allé, pour vous rassurer on va regarder ça!”. Elle enfile ses gants pour faire un toucher vaginal et en soulevant mon draps s’exclame : “Oh et bien il est pressé de naître ce bébé! Je le vois!” BAH OUI CONNASSE PUISQUE JE TE DISAIS QUE JE SENTAIS QUE CA POUSSE BON SANG! Encore une fois, je ne le dirais pas, je le penserais juste très fort.

La naissance de Mini Captain

“Je vais chercher Nadia. Surtout ne poussez pas!” Je crois que c’est la chose la plus stupide qu’on puisse dire à une femme qui accouche. Pour reprendre la comparaison (super gore) que j’ai fait sur mon live : essayez de pas pousser en faisant caca et de le laisser sortir tout seul. Bah voilà, c’est pareil!

Donc je m’applique à ne pas pousser, épuisée que je suis car on arrive sur les 4h du matin et donc bêtement docile face à ce “conseil” contre-nature. Nadia arrive au bout de 20 minutes (20 MINUTES !) avec la puéricultrice du service de néo-natologie car celles de l’équipe de nuit étaient toutes occupées. “Bon on va vous sonder” Pardon ? Sonder quoi ? Sonde urinaire? Mais pour quoi faire ? Vider la vessie pour faciliter l’accouchement ? What ? Bon de toute façon, scotchée à ma table avec la péridurale, je vais pas partir maintenant, donc puisqu’on y est et bien allez y. Donc elle me sonde. Mon urine coule. Et coule. Et coule. Et coule. Et je me fais houspiller avec le sourire, mais houspiller quand même “Vous avez bu Mme Bidule depuis que vous êtes arrivée, c’est pas bien”. J’explique que non, je n’ai rien bu, mais qu’il y a 4h je dînais avec mon mari et que pendant tout le travail de 20h jusqu’à minuit j’ai mangé et bu. Je me fera traiter à demi-mot de menteuse, le tout dissimuler par une petite blague qui me fera rire mi-espantée de me faire houspiller et traiter de menteuse, mi-amusée par l’attitude de la Sf. Et, forcément, quand tu ris, mais en accouchant, tes abdos se contractent. Et elle était en train de me sonder. Elle s’est donc faite recouvrir d’urine et a du se changer #KarmaBitch

Tout est en place. Première contraction. 3 poussées. Je suis félicitée pour l’efficacité de mes poussées. En même temps ça fait 20 minutes que j’attends pour pousser, autant dire que là plus rien ne me retiens. Pendant ces premières poussées, elle me travaille le périnée avec une telle force et vigueur (violence?) que je me sens descendre sur la table d’accouchement. Je me surprends même à penser, en plein accouchement donc, en pleine poussée “Mais ça sans péri ça doit faire trop mal! Elle doit faire huler les mamans!”.

Deuxième contraction. Première poussée. Félicitée. Deuxième poussée. Allez y on y presque. Troisième poussée je la vois se saisir des ciseaux et me couper la vulve. J’entends encore le bruit des ciseaux qui coupent ma chair. J’en perds ma poussée. Je huler “NON PAS D’EPISIO” et je me fais à nouveau houspiller. Moins gentiment que la dernière fois. “Ecoutez bébé vit mal les contractions, maintenant de toute façon Mme Bidule c’est fait. Donc à la prochaine poussez!” On a toutes regardé Baby Boom. On sait toutes que “bébé en marre” ça veut dire que le rythme cardiaque baisse durant les contractions. En même temps ça fait 20 minutes que mon fils est coincé dans le canal de naissance et qu’on m’a intimé de ne pas pousser. Si tout le monde avait été en place 20 minutes plus tôt, il n’en aurait pas “”marre”” !

Troisième contraction. Me voilà donc mutilée. Sous péridurale. Loin de l’accouchement dans le respect et en étant actrice de la chose que je souhaitais. Avec la menace implicite que si bébé ne sort pas maintenant il faudra intervenir encore plus. J’ai la rage. Qu’elle me mutile moi c’est une chose, par contre je ne veux pas qu’elle touche à MiniCaptain. J’ai tellement la rage qu’il sort dés la première poussée. D’un coup. Paf! Comme les chocapics!

Délivrance et suture

Pendant que je suis en extase devant mon fils nouveau-né et que se met en place la tétée d’accueil, je vois qu’elle injecte quelque chose dans ma perfusion. Je lui précise que je préfère pousser pour expulser le placenta, que je ne veux pas d’oxytocine. “Mais Mme Bidule ne vous inquiétez pas, c’est juste un produit pour l’expulsion du placenta”. Oui. Donc. De l’oxytocine en fait. Merci de me prendre encore pour une débile. Et d’avoir été pour la troisième fois ce soir à l’encontre de mon plan de naissance. Sans même m’avoir une seule fois demandé de pousser pour la délivrance du placenta, elle m’a injecté le produit d’office. Sans rien me dire. Sachant que l’oxytocine interfère dans l’allaitement (pour les plus curieuse et anglophones je vous invite à taper “oxytocin and breastfeedind” dans google scholar pour trouver des articles sérieux sur le sujet)

MiniCaptain est beau. Je suis partagée entre l’extase de la jeune maman qui a le coup de foudre instantané pour son bébé (c’est pas automatique, et si tu ne l’as pas, tu n’en es pas une moins bonne maman, rassure toi) et la culpabilité inhérente aux victimes de violences. “C’est de ma faute si ça s’est passé comme ça”, “Je n’ai pas su me faire respecter”, “Si j’avais insisté d’avantage”, “Si je ne m’étais pas laissée faire”…. MiniCaptain est pesé, habillé, remis dans mes bras et tout le monde s’en va.

J’ai encore les jambes dans les étriers. Je suis ouverte béante. Et je vois ma vulve mutilée dans le reflet de la lampe chirurgicale de la salle d’accouchement puisqu’en partant chercher l’obstétricien pour me recoudre elle n’a même pas remis le draps sur mes genoux.

L’obstétricien arrivera 2h plus tard, au petit matin, vers 6h30. Evidemment en 2h la péridurale a cessé de faire effet. Il pique. Je sens tout. Je fais un bond sur la table. Il soupire d’exaspération. Se relève. S’en va. Revient. “Je vais vous mettre un spray à la lidocaine pour vous endormir localement”. Il mettra 45 min à me recoudre. Et s’en ira sans un mot alors que je m’effondre en pleurs sur la table d’accouchement en ayant la sensation d’avoir été mutilée et violée le jour de la naissance de mon fils.

Plus jamais!

Quelques jours ou semaines plus tard, je préviens mon Captain que s’il veut un second (et c’est dans nos plans d’avoir un voire d’autres enfants) ce sera en AAD ou MiniCaptain sera fils unique. Je ne veux pas revivre ça une seconde fois.  L’AAD était déjà mon projet pour MiniCaptain. Projet que j’ai compromis par amour de mon mari pour le rassurer sur ses angoisses. Compromis qui m’a coûté deux ans de dépression et des grandes difficultés à prendre ma place de maman auprès de mon fils. Alors non, décidément, plus jamais ça!

Paradoxalement, je ne suis pas fermée à un accouchement en structure hospitalière si besoin. Je ne veux pas mettre la santé de BébéSourire en danger ni la mienne. Je veux juste être respectée. Ce qui semble revenir à demander la lune en 2018 en France. A priori, pas de raison que je ne puisse pas aller jusqu’au bout du projet AAD mais je reste ouverte au lâcher prise nécessaire si on m’annonçait un transfert en maternité.

Je ne leur en veux pas

Je n’en veux pas à mon Captain de ne pas avoir fait barrière au corps médical. Enfin je ne lui en veux plus. Il était épuisé. Stressé. Il n’avait pas pris le temps de réellement se renseigner sur l’AAD car tout son temps libre il le passait dans notre futur appartement à avancer les travaux pour que tout soit prêt pour la naissance. Ca m’a pris du temps, mais je comprends et je ne lui en veux plus aujourd’hui.

Je n’en veux pas à Nadia (même si je l’ai insultée intérieurement plusieurs fois). J’ai conscience que le manque de moyen et la pression en milieu hospitalier sont énormes et pèsent énormément sur les soignants. Et puis Nadia est une SF de maternité, formée surtout aux pathologies et à ce qui pourrait mal se passer, pas vraiment formée à la physiologie et à l’accompagnement des mamans. Elle a appliqué le protocole pour pouvoir répondre présente auprès de toutes les parturientes qu’elle avait en charge cette nuit là. Ce fut traumatisant pour moi. Ca ne m’empêche pas de comprendre ce qu’il se passe de l’autre côté du miroir.

Je n’en veux pas non plus à l’obstétricien de garde qui est arrivé pour me recoudre au petit matin, à la fin de son service, épuisé probablement par les deux césariennes d’urgence en plus des littéralement 15 autres accouchements de cette nuit là. Il n’était pas loquace. Il n’a dit ni bonjour ni au revoir. Mais il a fait un boulot tellement parfait que 4 ans plus tard il faut que je chercher ma cicatrice pendant un temps certain pour la retrouver. Encore une fois, cet homme sombre et renfermé entre mes jambes en train de recoudre mon vagin mutilé m’a traumatisée, mais je comprends sa fatigue et sa lassitude en cette fin de service éprouvant.

Je pense que c’est important de garder à l’esprit ce que vivent les soignants. Ca n’enlève en rien le traumatisme que j’ai ressenti. Mais je sais que la faute ne leur incombe pas directement. Le seul reproche que je ferais, c’est l’attitude de Nadia : le non-respect de mon corps du début à la fin.

BebeSourire naîtra à la maison

Quand j’ai commencé à raconter le traumatisme qu’a été pour moi l’accouchement en lui même (paradoxalement mêlé d’extase d’avoir donné la vie et de rencontrer mon MiniCaptain parfait) le Captain a commencé à prendre conscience de tout ce que j’avais vécu, subi. De l’énorme impact que ça avait eu sur moi et de l’énorme travail de reconstruction que ça me demandait.

Même s’il blague en disant qu’il n’a pas eu le choix quand on lui demande pourquoi l’AAD, il ne veut pas que je revive humiliation et mutilation comme ce fut le cas pour la naissance de MiniCaptain. Il ne veut pas non plus être mis de côté comme ça a été le cas.

Voilà un peu tout ce qui a mené mon Captain a enfin accepté ce chemin de l’AAD. Pour l’instant nous n’avons pas encore commencé les cours d’accouchement (13SA+3 c’est quand même encore vachement tôt hein ^^’) mais on a hâte! Forcément <3

One Reply to “Mon accouchement pour MiniCaptain – Cheminer vers l’AAD”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.