Le sexe et moi


Sexualité / Tuesday, January 8th, 2019

S’il y a une chose qui m’interpelle, particulièrement sur Instagram, ce sont les retours que j’ai de l’image que je projette. Je ne sais pas si c’est bien clair ^^’ Entendons-nous, c’est vraiment chouette de converser avec une majeure partie d’entre vous parce que vous me percevez comme ayant une parole très libre (ce qui est vrai), une sexualité assumée (vraie aussi) et que vous vous sentiez en confiance pour venir me parler. C’est le but de mon blog, de mon Insta, de ma présence sur Internet en tant que Madame Captain.

Toutefois je pense qu’il est temps que je déconstruise un peu cette image que je semble projeter : le sexe et moi, ça a été TRES compliqué. Pendant LONGTEMPS. Trop longtemps.

Ce que j’ai évoqué pudiquement dans mon article “32 au test de pureté” je vais t’en parler plus franchement, plus crument. Sans le filtre du 32 donc.

J’ai subi des attouchements gamine. Donc toute la phase où une fillette explore et découvre son corps, je ne l’ai pas connue. La masturba-quoi ? Hors de question! C’était pour les personnes déviantes et puis c’est tout ! (résumé de mon adolescence)

Avec mon premier partenaire sexuel qui a été ma première grande histoire d’amour (un peu plus de 3 ans ensemble), les mémoires traumatiques ce sont débloquées. Forcément. Violemment. Au point qu’il m’a carrément posé la question de s’il m’était arrivée “quelque chose” plus jeune et que je suis restée prostrée pendant 4h tant je n’avais pas de réponse et ne voulais surtout pas avoir de réponse.

Avec mon deuxième partenaire sexuel, seconde grande histoire d’amour (enfin je croyais), j’ai pu verbaliser ce que j’avais vécu et découvrir la sexualité plus largement dont la masturbation. Oui, oui, c’est un homme qui m’a fait découvrir la masturbation féminine et ses plaisirs. Pas de bol malheureusement, c’était un prédateur lui aussi (c’est l’ex-malsain auquel je fais référence dans mon article sur mon score au teste de pureté) qui s’est finalement servi de mon passé pour me contraindre moralement à faire des choses que je n’avais pas envie (du genre : la sodomie). Ex-malsain a donc, comme je le disais, lourdement endommagé ma sexualité qui n’était donc déjà pas bien en forme.

Ensuite j’ai eu une phase d’exploration avec de multiples partenaires, sans copains sérieux, durant laquelle, avouons-le, j’ai fait un peu n’importe quoi. C’était n’importe quoi, mais c’est MON n’importe quoi, avec moi aux commandes. Les soirées Erasmus décadentes, faire rompre son voeu de chasteté à un protestant, coucher avec une connaissance quelques heures avant de prendre un avion, puis une autre quelques heures après avoir atterri, faire la compétition à qui fera jouir son plan cul en premier avec ma coloc… du moment que JE décidais, ça m’allait. Au diable la morale!

Et enfin, le Captain. Mon Captain! Avec qui j’ai tout déballé, tout pansé, tout posé, tout guéri 🙏 à travers nos échanges, notre sexualité de couple mais aussi, beaucoup, à travers la parentalité (mais ça, j’y reviendrai plus tard dans l’article). Au début, le Captain et moi c’était quand même pas simple. Je ne voulais pas qu’il me voit nue. Je savais qu’il adorait l’anal, et moi, clairement, grâce à mon ex-malsain, c’est quelque chose dont je ne voulais pas entendre parler, même s’il s’agissait de ses fesses et pas des miennes. J’ai mis du temps à accepter qu’il me fasse un cunnilingus… Bref, ce genre de dommages que je devais autant à mon enfance qu’à mon ex-malsain. Ca a pris beaucoup de temps avec le Captain pour arriver à une sexualité relativement épanouie entre nous.

Et effectivement, la grossesse a été un énorme tournant dans ma/notre sexualité. Ca a tout bousculé !

Déjà parce qu’envisager d’être maman ça voulait dire m’occuper d’un.e enfant.e, de son intimité (les couches, le bain) et la perspective de devoir nettoyer une vulve ou un pénis associé à une paire de fesses plusieurs fois par jour me paniquais complètement. Comment respecter l’intimité d’un être qui ne peut pas poser ses limites luielle-meme ? J’avais trop peur de transmettre à mes enfants le sentiment que leur intimité était source de malaise. Comment veux-tu te construire sainement si ta mère a passé ton enfance à être gênée de te donner le bain ? Ou pire encore, transmettre à mes enfants l’idée que la sexualité c’est malsain ou malaisant. Entre ma fausse-couche et la conception de MiniCaptain, j’ai vu une psychologue spécialisée EMDR pour travailler sur mon enfance et mon ex-malsain. Bien que je n’ai pas l’impression d’y avoir été réceptive, force est de constater que ces séances d’EMDR m’ont quand même aidée puisque je n’ai plus jamais été dérangée à l’idée de m’occuper de mon enfant (ni à l’idée, ni dans les faits une fois MiniCaptain parmi nous).

Et puis il y a eu l’accouchement vécu comme un viol, qui m’a laissé en séquelle principale une grosse dépression post-partum, et notre première fois post accouchement complètement foirée, ce qui nous a conduit vers notre thérapie de couple post baby clash qui nous a beaucoup apporté. Qui nous a tout apporté ? Cette thérapie a clairement été un pivot dans notre couple, et donc dans notre sexualité. Nous avons mis plus de 6 mois avant de reprendre une activité sexuelle sporadique. Et il a fallu plus d’un an pour retrouver une réelle intimité au delà du sexe.

Alors non, le sexe et moi, ça n’a pas été simple depuis le départ. Encore aujourd’hui ce n’est pas toujours simple. Après la fausse-couche ça a été compliqué, comme j’en parlais ici. C’est pour ça que j’ai lancé ce blog. C’est pour ça que je suis présente sur Instagram aussi. C’est pour ça que je relaie des informations qui me paraissent pertinentes sur la sexualité, même si ça se noie un peu au milieu des autres posts sur ma vie de maman, sujet tellement d’actualité avec la grossesse.

Être une femme, être une mère, être en couple, tout ça est un joyeux bordel sans mode d’emploi, sans service client et sans SAV ! Je me devais de faire cet article pour éclaircir que si, à ce jour, je semble à l’aise, ça n’a pas toujours été le cas. La sexualité est quelque chose qui se construit, se répare, se nourrit, s’explore à n’importe quel âge et à n’importe quelle étape de la vie. Rien n’est jamais acquis.

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