Le retour à la pénétration après bébé


Sexualité / Thursday, January 23rd, 2020

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DISCLAIMER 1
Vous êtes ici sur le blog d’une femme cis blanche hétéro qui parle de son expérience en couple exclusif avec un homme cis blanc hétéro. Autant j’essaie au maximum d’être une alliée et d’être inclusive quand j’écris, autant ici, sur ce blog, ce journal personnel publique, je parle de ma vie comme elle est. Alors il se peut que mes écrits ne soient pas 100% safe pour les communautés LGBT+

DISCLAIMER 2
Je ne suis qu’une femme, mère, blogueuse, qui parle de son expérience personnelle. Je n’ai pas la prétention d’avoir une expertise sur le sujet de la sexualité. Ne suspends pas ton esprit critique en lisant cet article. Prends en compte les tenants et les aboutissants de ta réalité quand tu lis mes conseils.

Bonne lecture

Préambule

Avant toutes choses, je voudrais poser ici une chose en laquelle je crois fermement : personne ne doit de sexe à personne. Vraiment. J’insiste. Avoir peur que la personne qui partage ta vie s’en aille à cause d’une absence de sexe, par exemple, et se forcer en conséquent, c’est finalement du sexe obtenu par contrainte pour ta moitié. Penses-y (à plus forte raison si tu es ladite moitié)

Je te renvoie à la très bonne chronique de Maïa Mazaurette dans le Monde (comme quoi elle écrit aussi parfois des choses pertinentes) parue récemment sur la soit disant “”misère sexuelle”” dont je retiens ces paroles : “plus nous légitimons ce faux besoin, plus les “miséreux” se sentent autorisés à le faire peser sur l’ensemble de la société […] Bien sûr qu’être assailli de désir est embêtant. Mais reporter la responsabilité sur le monde entier l’est encore plus. Et franchement, être assailliE du désir des autres est non seulement embêtant mais potentiellement dangereux”. Et je cloturerai ce préambule en ajoutant que faire reposer l’entièreté de son épanouissement sexuel sur une personne, c’est problématique #mercilepatriarcat

Rentrons dans le vif du sujet

En partageant mon expérience, je m’adresse ici aux futures et jeunes mamans dont le corps change ou a changé. Dans un monde où les femmes subissent les diktats et le sexisme depuis si longtemps qu’elles ont intégré que l’automutilation était nécessaire pour plaire, voir son corps changer peut être autant un choc qu’une révélation. Prendre du poids, des seins, des hanches, voir son ventre grossir, sa peau changer, perdre le controle de ses mictions, de son sommeil, de son appétit, de ses envies… bref, de son corps, c’est déboussolant. Sans parler du grand oubli (tabou?) des changements corporels dans le monde bien lisse de la maternité : la vulve. Si tu ne l’as pas remarqué, je te le dis, la vulve peut changer pendant la grossesse! Elle change de couleur. Elle devient plus foncée, voir même violacée. Elle est aussi plus enflée à cause, semblerait-il, du volume sanguin qui augmente d’une part avec la grossesse, et de l’afflux sanguin soudainement important vers l’utérus. Ce changement vulvaire et vaginal peut être extrêmement douloureux comme tout à fait plaisant, selon les femmes. Il n’en reste pas moins que c’est un énième changement corporel, et pas des moindres, avec lequel composer.

Et après des mois de ces changements subis, l’accouchement. Je ne vais pas te mentir, un accouchement, ce n’est pas une partie de Scrabble. Mes accouchements m’ont tous les deux marquées à vie, pour des raisons bien différentes. Mon premier accouchement est empreint de violences obstétricales d’une banalité déconcertante mais qui m’ont fait le même effet qu’un viol. Mon second accouchement, que j’ai beaucoup mieux bien vécu que le premier, m’a pourtant laissée avec le sentiment que plus jamais mon corps ne fonctionnerait comme avant. Bref, l’accouchement, plus qu’un rite de passage, est, à minima, traumatique pour le corps, même quand tout se passe à merveille (et je ne parle même pas des naissances difficiles et en urgence, mais mes pensées vont vers toutes ces mamans là).

Au delà du traumatisme physique qu’une grossesse et un accouchement peuvent doncreprésenter, il y a le (les?) trauma(s) d’ordre psychologique qui peuvent ressortir. Parfois de manière inattendue. Souvent de manière violente. Toujours de manière à ce qu’on se sente au plus bas dans cette période charnière de nos vies de femmes devenues mères. Et donc, après tout ce chaos que l’on peut vivre, il “faut” penser au sexe.

Maintenant que j’ai bien conforté les copines childfree dans leur choix et ai fait peur à toutes les futures mamans qui me suivent ^^’ je vais poser ici ce que j’aurais aimé trouver après la naissance de mon aîné (afin de nous éviter, au Captain et à moi, la désagréable expérience d’un retour à la sexualité tout aussi bien vécu que le premier accouchement) et ce qui nous a finalement permis de vivre un retour à la sexualité serein.

Se laisser le temps

La toute première chose, qui semble évidente (et pourtant), c’est de prendre son temps. Vraiment. J’insiste. Faire des plans de type “week end en amoureux” après la naissance de bébé, ça met la pression, consciemment ou pas, d’être prête à reprendre une certaines intimité à une date précise. Prendre son temps, ça veut dire aussi exprimer à sa moitié son non désir et, si on le peut, reconnaître le sien : “Je sais que tu as envie de moi. Je n’en ai pas envie mais je t’aime” parfois ça suffit pour que l’autre se sente toujours considéré et proche de nous. Ici, ça a vraiment été des mots magiques pour bien vivre le désir de mon homme après la naissance de BébéSourire, là où son désir me mettait une pression folle après la naissance de MiniCaptain.

La différence majeure entre mes deux expériences diamétralement opposées au sein de notre couple, est que, cette fois ci, j’avais pleinement conscience que mon homme ne souffrait pas de l’attente. En effet, si tu ne le sais pas encore, mon homme est sexblogger. Et si à l’époque de la naissance de MiniCaptain j’avais déja connaissance de sa petite collection de sextoys (qui me semblait conséquente à l’époque AH-AH !) je portais encore en moi (et malgré mon militantisme féministe naissant) la charge de son épanouissement sexuel alors même qu’il se suffisait à lui-même depuis des années ! Mais, que voulez-vous ? certaines injonctions s’ancrent plus durement que d’autres, surtout après les années passées avec mon ex pervers. Entre la naissance de notre aîné et de notre second, mon homme a donc lancé son blog et j’ai continué mon cheminement sur la voie du féminisme qui a déconstruit et réparé bien des choses. J’ai intégré que ce n’était pas sur mes épaules que reposait le poids de son épanouissement sexuel, tout comme ne devait pas reposer sur ses épaules à lui le poids du mien. J’ai redéfini les notions de proximité et d’intimité. Et je savais que mon homme avait largement de quoi patienter en attendant que j’ai à nouveau envie de faire l’amour avec pénétration.

Forte de ces connaissance et assurances nouvelles, j’ai pris le temps de me laisser revenir à la sexualité. Sans pression. Et dans ce processus, j’ai décidé de prendre le temps de m’occuper de mon périnée en faisant la rééducation. Je ne l’avais pas faite après la naissance de MiniCaptain car je n’en avais pas ressenti le besoin d’une part et, d’autre part, suite à l’accouchement très mal vécu, je ne souhaitais plus qu’on me touche. Mais après avoir vécu l’intense et magnifique expérience de l’enfantement à domicile pour BébéSourire, et avoir vécu ce choc de croire que mon corps ne reviendrait jamais à la normale, j’ai eu besoin de faire cette rééducation. Principalement à des fins pédagogiques puisqu’au niveau technique je n’avais pas de problèmes. Je voulais apprendre, comprendre, ressentir, expérimenter… bref mieux connaitre toute cette partie de mon anatomie. C’est vraiment empowering de connaitre son corps à ce point et d’être accompagnée d’une experte sur le sujet pour prendre la pleine maitrise de tous ces muscles.

Se réapproprier son corps

C’est forte de cette absence de pression et de cette découverte approfondie de mon périnée que ma libido est revenue. Mais libido retrouvée ne veut pas dire pour autant qu’il était sage d’aller me jeter au cou de ma moitié. Après avoir traversé mycoses et infections urinaires #mercileshormones j’ai pu prendre le temps de me redécouvrir.

J’ai évoqué les changements du corps avec la grossesse en introduction de cet article, mais il y en a aussi évidemment en post partum. Le post-partum immédiat connait la montée de lait, les lochies, les tranchées… Et puis il y a le reste une fois les suites de couches derrière. Ici, je garde amoureusement 10Kgs et une jolie petite brioche qui va avec, mes seins de mamallaitante ne sont plus du tout érogènes (alors que bon, en temps normal, c’est une zone incontournable de mon plaisir), j’ai passé une période de courbatures musculaires importantes le temps que mon corps s’habitue à porter bébé hors utérus et perde les 10 autres kilos, et il m’a fallu quelques semaines (mois peut être) pour arrêter de faire des crises d’hémorroïdes à répétition #glamourbonjour

C’est donc munie de ce corps en mutation et de ma libido stellaire revenue en catimini que j’ai pris du temps pour me redécouvrir. Oh non, je n’ai pas directement sauté sur la case “masturbation”! J’ai dabord suivi mes envies en sautant directement sur mon mari au bout de quelques semaines. Puis il y a eu une très longue pauses (je parle de bien quelques mois). Durant cette pause, j’ai réapprivoisé mon corps. En parallèle de la rééducation, j’ai pris le temps de regarder mon sexe. Oui, oui. C’est un exercice que je conseille à toutes les femmes, mères ou pas. Globalement on vit dans une société où tout le monde sait taguer une verge et sa paire de testicules sur le front d’un pote bourré en soirée, dans le coin d’une page d’un cahier ou même sur les routes du Tour de France, par contre, représenter une vulve, c’est moins spontané ! Pardon. Je digresse. J’en étais à observer sa vulve. Avant grossesse, pendant grossesse, après grossesse… Je n’avais pas pris le temps de me regarder depuis les essais bébé. Et bien j’ai été franchement surprise de l’avant grossesse et du post-partum de quelques semaines! C’est fascinant de voir à quel point le corps est une mécanique bien pensée, en constante évolution. Et c’est après ce petit exercice d’observation que j’ai passé le cap de la masturbation.

Retour à la sexualité à deux ?

Mon crédo pourrait se résumer par “Sexualité bien ordonnée commence par soi-même”. Et j’avoue qu’avoir un mari sexblogger a pour le coup ses avantages, notamment qu’il s’y connaisse vraiment bien en toys divers et variés et que j’ai pu discuté en long en large et en travers de ce dont j’avais envie/besoin.

Même si dans cet article je parle de pénétration, j’ai commencé doucement par de la stimulation externe (initialement j’avais écrit “stimulation clitoridienne” mais, comme on le sait maintenant, tout est stimulation clitoridienne 😉 ) avec mon petit chouchou, le Satisfyer Pro Traveler et, un peu plus tard, le Zumio. Concernant la pénétration, il faut savoir que, de base, je n’aime pas tout ce qui est sexto phallique. Mais vraiment pas. Je trouve de manière générale la sexualité trop phallocentrée (et hétéronormée, mais c’est un autre débat) dans toute sa représentation et le business autour de la sexualité. Donc autant te dire que je n’allais pas spontanément aller me chercher un gode ni un vibromasseur mais j’avais pourtant envie de redécouvrir les sensations de la stimulation interne, autre qu’avec mes doigts. Je me suis donc naturellement tournée vers mon Womanizer préféré (je ne suis pas fan du nom de la marque, mais leur toys sont performants), j’ai nommé : le Womanizer Inside Out. Je trouve la partie dédiée à la stimulation interne suffisamment fine pour ne pas être impressionnante tout en restant performante. Et la partie dédiée à la stimulation externe reste performante à toutes les cadences. Ce toys précis est associé pour moi au conseil de Madame X, à savoir : “Tu le mets en marche et tu le laisses faire pendant que tu te laves les cheveux”. C’est donc ce que j’ai fait.

J’avoue que c’est pour moi le moment propice, déjà en général car j’ai tendance à transformer mon shampooing hebdomadaire en véritable moment détente à la limite du spa, et à fortiori en post-partum quand on confie bébé à papa pour avoir un moment à soi. C’est un véritable moment détente et le fait de procéder à son shampooing en parallèle d’avoir activé son Womanizer permet de ne pas focaliser entièrement dessus et de laisser le temps au corps de ressentir les choses sans chercher à les analyser, sans avoir la pression “que ça marche”. Autant je trouve très agréable de faire l’amour en pleine conscience, autant en phase d’exploration post-partum j’ai apprécié ne pas focaliser tous mes sens là dessus. To each her own. C’est vraiment très personnel. Tu fais comme TU le sens, QUAND tu le sens, SI tu te le sens. No pressure.

Et la bonne surprise de cette redécouverte post partum, c’est que j’ai pu tester le Womanizer Duo, qui est la version évoluée du Inside Out. Pour faire simple, le Duo est nettement plus abouti en terme de commandes et de profilage. Les commandes sont mieux pensées pour une navigation tactiles : on a moins besoin de se concentrer pour retrouver le bon bouton quand on veut moduler la cadence de l’une ou l’autre des stimulations. Et le profilage de la partie dédiée à la stimulation interne est plus physionomique et, par conséquent, comporte un petit bulbe plus gros que le Inside Out. Dés que mon Captain aura rédigé le test, je vous le mettrai en lien.

Pas de recette miracle

Pour conclure ce très long article (sorry not sorry ^^’) il est important de garder à l’esprit qu’en matière de sexe, il n’y a pas de normes, que ça soit de fréquence, de durée, d’intensité, de pratiques… Et encore moins concernant le retour à la sexualité en post-partum !
Après MiniCaptain, nous avons tenté de refaire l’amour avec pénétration à 1 mois et ça a été la catastrophe! Il nous a fallu attendre 9 mois pour retenter quelque chose et plus d’un an pour retrouver une intimité fluide et spontanée.
A l’inverse, 15 jours après la naissance de BébéSourire, j’avais de nouveau envie de mon homme et nous avons conséquemment refait l’amour avec pénétration au bout d’un mois à peine et ce fut parfait, ce qui ne m’a pas empêchée par la suite d’avoir malgré tout besoin de me retrouver, moi toute seule.

Tu auras noté que je parle de “faire l’amour avec pénétration”. Pourquoi ? Parce que la pénétration n’est pas la seule manière de faire l’amour ! Quand je te parlais plus tôt du fait que les représentations de la sexualité dans notre société sont globalement phallocentrées, la pénétration fait partie de ses représentations! On peut faire l’amour de plein de façon différente. Jouir et (se faire) pénétrer (n’importe quel orifice) ne sont pas une pélerinage obligatoire à tous les rapports! Il n’y a pas de normes pour faire l’amour, même si je sais que c’est dur à déconstruire.

En revanche, s’il n’y a pas de normes pour faire l’amour, il y a une règle absolue, LA règle absolue : le consentement. Alors attention à la zone grise qui abouti souvent à un “oui” qui veut dire que tu n’as pas vraiment envie mais que tu te forces (pour diverses raisons) en te disant que l’appétit vient en mangeant. No way. Le consentement doit suivre l’envie et le désir, pas les précéder.

Je terminerai mon article là dessus : si tu n’as pas envie de reprendre une vie sexuelle, sache que tu en as parfaitement le droit. Oui, après avoir passé des semaines à écrire sur le retour à la pénétration après un enfant, je conclus par ça. Tout à fait. Ta moitié n’a pas à faire peser le poids de son épanouissement sexuel sur toi. Tu ne dois rien à personne. Alors la priorité, c’est de t’écouter toi.

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