Le narcissisme et la parentalité


Parentalité / Friday, May 1st, 2020

Version audio – 6’27

Evidemment, je vais parler de la parentalité BPR (bienveillante, positive, respectueuse) Tu le sais, le dogme de la parentalité positive / l’accompagnement respectueux / l’éducation consciente, j’en suis sortie en y laissant quelques plumes (des miennes, de mon homme, de mon grand). Et plus je vois des mamans sur les réseaux sociaux défendre becs et ongles le dogmes, plus je m’interroge sur pourquoi toute une génération de parents tient absolument à réussir à ce point à être “”bienveillantes”” au prix parfois de leur propre santé mentale ?

La peur du rejet ?

S’il y a une constante sur les réseaux sociaux qui portent cette mouvance parentale, c’est de dire que les phases d’opposition n’existent pas. Pas de Terrible Two, pas de Fuckin Four, pas même de crise d’adolescence ! Avouez que ça fait rêver quand on vous annonce ça ! Quid de la maturation du cerveau, du développement psycho-affectif et des acquisitions sociales des enfants et ados. Mais non, écoutez, on vous dit que quand on est bienveillant/respectueux avec les enfants, ils ne s’opposent pas. Ne cherchez pas !

Mais pourquoi les phases d’oppositions font tant peur au sein de cette doctrine ? Qu’est qui effraie les parents (et les accompagnantEs à la parentalité sans une seule année en fac de psycho au compteur pour la plupart) quant à ces phases du développement de l’enfant et de l’individu ? L’enfant est une personne comme une autre, nous rabâche-t-on à longueur du dogme décliné sous différente doctrine, mais on lui nie pourtant le droit à s’opposer en niant l’existence de ces périodes d’opposition.

Le parent bienveillant, positif, respectueux (appelons le parent BPR) serait-il trop fragile et sensible pour que son petit (et moins petit) le rejette transitoirement à différent stade de son développement ?

La réussite de l’enfant est-elle vraiment sienne?

C’est quelque chose qui m’horripile de plus en plus sur l’InstaGame maternel : s’attribuer la réussite des enfants. Quoique l’enfant accomplisse, c’est grâce à l’accompagnement respectueux de ses parents. Il mange de la boue ? C’est parce qu’on lui laisse explorer, c’est merveilleux, il est si curieux le chérubin ! Elle marche à 9 mois ? C’est parce que depuis le départ on pratique la motricité libre, on a un lit au sol, une barre de brachiation, sans oublier les sacro-saints chaussons en cuir souple (spolier alert : la bipèdie est dans notre programme génétique). Arrive la diversification et bébé mange de tout sans problème ? C’est grâce à l’allaitement, si si, le goût des aliments passe dans le lait maternel. Et puis on a fait la DME aussi, très important. Junior se fait des camarades de classe à tour de bras ? C’est parce qu’il a une base affective solide : allaitement, maternage, portage, cododo… on a toujours été là pour lui, il sait qu’il peut explorer le monde et revenir à sa base affective quand il veut.

Bref. Tu vois l’idée ? L’enfant est dépossédé de toutes ses évolutions, même innées, au profit de son parent qui semble nourrir son égo grâce au dogme BPR.

Une forme du syndrome de Peter Pan ?

Une autre chose qui m’interroge fortement dans ce dogme divisé en plusieurs mouvances (bien qu’elles essaient chacune de dire qu’elles ne sont pas comme les autres) c’est la place du parent. Chez certaines influenceuses parentalités on observe une forme de syndrome de Peter Pan revendiqué au nom de leur enfant intérieur et de leur âme d’enfant. Le parent respectueux, bienveillant, positif accompagne avant tout. On vous dira qu’il pose un cadre. On clamera que BIEN SÛR qu’il faut un cadre et des limites. Mais en creusant sur comment sont posées les limites, on se rend vite compte qu’en fait, elles sont très floues : ne pas dire non, ne pas exclure, ne pas punir, ne pas regarder l’enfant d’un oeil censeur. Parler. Parler. Parler. Sans tenir compte des capacités cognitives des enfants à comprendre la diatribe verbale parentale…

Le parent bienveillant, positif, respectueux n’est pas supérieur, il est égal. Il est l’égal de son enfant de 6, 12, 18, 20 mois. Il est l’égal de son enfant de 2, 4, 6, 8, 10 ans. Le parent bienveillant, positif, respectueux ne serait donc pas parent en fin de compte, mais revivrait à travers son enfant les différentes périodes de sa propre enfance, à l’exception près que c’est maintenant lui qui assure de mettre un toit sur la tête de tout le monde et de la nourriture dans chaque assiette. Mais hormis ce petit détail, le parent BPR est l’égal de son enfant. Parce qu’être l’adulte qui sait (objectivement mieux qu’un enfant dont le cerveau est immature, comme on nous le rabâche à longueur de dogme) c’est presque honteux. C’est de l’adultisme. Tu ne vas quand même pas empêcher ton bambin de manger de la boue parce que toi, adulte, tu sais que la terre est pleine de germes et que lui l’ignore. Interroge toi sur ce que ça vient déranger en toi de voir ton enfant manger de la boue. Est-ce que toi petit on t’a empêché de manger de la boue ? Et voilà. On en revient au parent et à sa propre enfance. Merci le dogme BPR d’entretenir le narcissime parental!

Je m’interroge

De plus en plus.

Et je n’ai évidemment pas de réponses.

Mais je suis heureuse d’avoir ouvert les yeux et sereine de m’éloigner de tout cet univers où l’enfant est devenu l’œuvre ultime des parents, avec un côté pygmalion “c’est moi qui l’ai fait” extrêmement dérangeant.

24 Replies to “Le narcissisme et la parentalité”

  1. Oups, mon enfant a appris l’alphabet avec Bob le train et pas avec les compétences de super maman Montessori 😬
    Plus sérieusement, j’aime à croire que je suis une maman bienveillante. Dans son vrai sens du terme c’est à dire que je suis pleine de bienveillance envers mon enfant. (Comme bcp de parents). Je me trouve bienveillante quand je lui interdis de manger des bonbons par dizaine avant d’aller dormir, et que malgré sa réponse préférée “si j’ai envie j’ai envie” (Grrr), je lui réponds qu’ici c’est moi la maman et que je sais, parce que j’ai appris, que manger des bonbons avant d’aller dormir c’est pas jojo. Ça n’empêche que je légitime son sentiment d’injustice, parce que c’est vrai que c’est pas juste dans sa petite tête, que je suis méga pas cool comme maman, et que vraiment il me déteste. Je lui explique que c’est parce que je l’aime que j’ai dis non (et les pourquoi du comment) et que c’est pas grave s’il m’en veut. Ici on favorise la communication, il a le droit de s’opposer. Justement mais qu’il le fasse! Il réfléchi, travaille son sens de la répartie et trouve des solutions pour parvenir à ses fins. Fonce mon fils. N’empêche que…. J’ai dis non quand même. Pas de bol. Et même s’il ajoute”mais fais moi confiance maman”, ba la tu vois chaton, tu es sur le point d’essayer de voler avec ton skate board en sautant par la fenêtre… Non je te fais pas confiance 😆 pour autant pas de punition à la maison, enfin pas vraiment. Mais mon ton change quand je ne suis pas contente. Si je suis en colère je ne lui fais pas savoir en mode bisounours. Je sévis le ton. Y a pas de raison, je l’encourage à exprimer sa colère, j’en fais de même. Il doit savoir que son comportement a telle ou telle conséquence sur les autres. Je sais pas, je pense que chacun doit faire comme il peut, veut (sans maltraiter son gosse ça va de soit). Mais je vois pas le mal en gros à communiquer encore et encore et encore. Expliquer encore et encore et encore. C’est ptet mon côté idéaliste. J’ai l’impression qu’il finira pas comprendre à force. Ptet que non. On verra, y a le 2e tte façon pour rectifier le tire 😂
    Bref je pense que je suis BPR Ouais mais envers les parents aussi. Je ne crois pas en LA solution unique et magique. Je pense sincèrement que nos imperfections de parents sont essentielles au développement de nos enfants. J’ai d’ailleurs fais un post la dessus. Je vois pas comment je peux leur apprendre à se respecter et s’accepter eux mêmes si je ne me respecte pas moi même. Mes enfants ont leurs défauts. J’ai les miens. Et c’est pas grave parce que ce qui compte à la fin de la journée, c’est l’amour qu’on se porte.

    1. Le soucis de la communication à outrance avec les enfants c’est que d’une part, ils n’ont pas forcément les compétences pour intégrer tout le discours parental réfléchi et, d’autre part, il y a pas mal d’enfants que ça insécurise fortement que le parent se “justifie”. Les limites sont floues, l’enfant porte en parti la charge de construire sa propre éducation, c’est juste trop pour certains d’entre eux.

    2. Hello !
      Je comprends carrément le coup de gueule surtout quand on sait comment est suivi Mini Captain aujourd’hui et co
      Je suis une ancienne enfant TDA + hypersensible diagnostiquée à l’âge adulte et j’avoue que jme rappelle que la «fermeté» de mes parents m’a parfois fait bcp de mal.
      Comme toi cette manière de faire m’a intrigué et même intéress. J’ai voulu également appliquer tout ça, a cause de mes valises d’enfant incomprise. Mais au final, je me suis assez vite rendue compte que c’était juste de l’utopie de croire que ça allait marcher dans son entièreté, et pourtant ma fille n’a que 16 mois.
      Et EN PLUS je suis une ancienne maitresse, je le savais bien que les limites/cadre c’est super important.

      Le gros problème de ces parents là et surtout sur insta, c’est leur capacité à nous faire imaginer que si on ne parvient pas à faire comme eux (enfin comme ce qu’ils veulent bien nous montrer hein) c’est qu’on est de mauvais parents, voir pire de mauvaises personnes.

      Je pense que tout n’est clairement pas à jetter.
      C’est comme tout en fait, ce qui me semble important c’est de faire sa tambouille avec tout les éléments qui fonctionnent pour sa propre famille et qui n’est délétère pour personne, y compris les parents.

      Il n’y pas une bonne manière d’éduquer un enfant, il ny a que celle qui nous/lui convient au final.

      1. Je te rejoins entièrement sur la tambouille ! Et sur ce que donnent à voir certains parents sur les réseaux sociaux. Je note quand même que s’opère une sorte de colonisation de la parentalité par le dogme BPR ; presque une évangélisation, avec des pionnierEs qui viennent convertir les mécréants, et ensuite les convertis qui veulent à leur tour évangéliser pour prouver qu’ils sont bien convertis. C’est cet aspect là qui est très dérangeant. Des jeunes parents d’enfants à peine bambin qui expliquent aux autres ce qu’est être parents, parce qu’eux mêmes se sont faits mettre la main dessus par des évangélistes en quête d’audience et de clientèle, évangélistes elleux-mêmes sans aucune formation fiable autour des dynamiques familiales, des (psycho-) pathologies éventuelles de l’enfance, des approches cliniques, cognitives, comportementales… Bref, des espèces de prophètes autoproclaméEs. Cette colonisation de la parentalité par l’approche BPR me semble très pervertie

  2. Moi j ai lu beaucoup en étant enceinte. Et ça m’intéressait vraiment car je suis prof en lycée general et professionnel (enfin l’equivalent en belgique). Du coup ça m’intéressait doublement car avec l’éducation positive, on semblait résoudre tous les problèmes des enfants en décrochage. Bon certes mes élèves sont des ados, mais il y avait certainement des choses que je pourrais adapter et transposer. Alors j’en ai retenu une seule chose de vraiment bien c’est qu’il faut varier les méthodes pédagogiques pour maintenir l’élève concentré et motivé. Au début de ma vie de parent, j’étais horrifiée par les grands parents qui faisaient.preuve de VEO envers ma fille, tout le temps, horrifiée par cette crèche où les puéricultrices criaient, ne connaissaient rien à montessori et freinet, waldorf, bienveillance et éducation positive. A la maison on ne punissait pas, on ne criait pas. Ma fille était portée à longueur de journée et à longueur de nuit. Elle ne dormait jamais (sauf à la crèche et pour moi c’était parcequ’elle se mettait en mode sécurité car elle était insecure). Bref la.bonne mère bien tarée. Puis je suis tombée enceinte de ma.deuxieme. qui n.ecoute rien, n’obéit jamais, se marre tout le temps et nous défie continuellement. Je me suis mise a crier de temps en temps. A mettre sur une chaise en expliquant le pourquoi et mettre une minuterie pour déterminer la durée de la punition. Et même si je tente de garder certaines lignes de conduite qui me semblent logiques (genre beaucoup expliquer mais pas me justifier) pour le reste j’ai tout jeté. Même éducation et enfants différents. Et ce que mes filles sont aujourd’hui sont leur propre produit, je ne suis que le substrat, le plus riche possible pour obtenir les plantes les plus belles et les plus fortes possibles. Mais leurs habilités leur sont propres. Libre à elles de les développer à leur rythme. Au mieux je peux m’attribuer 50% de leur patrimoine génétique. 😂😂😂

    1. Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage car j’ai également lu énormément quand j’étais enceinte (ça tombe bien Catherine Guguen sortait son best seller l’année de la naissance de mon aîné, on était en plein sur l’arrivée de la déferlante BPR) et j’avais également la curiosité professionnelle, la gestion de classe étant ma bête noire vue que j’ai une patience très limitée! Tes ressentis sur les interventions des autres, le fait qu’il dorme à la crèche, les dérives sectaires qui mènent à vouloir vivre en autarcie même si ça ne nous correspond pas… J’aurais vraiment pu écrire tes mots, c’est dingue! #mèrebientarée ^^’
      En revanche notre aîné est comme ta seconde, alors autant te dire qu’on a vécu un véritable enfer en persistant dans cette voie. Ca a été très délétère pour lui et c’est en tombant enceinte de mon second, et en imaginant mon tout petit bébé nouveau né au milieu des crises de son grand frère que j’ai commencé à progressivement tout jeter. Ne pas frapper, ne pas humilier, oui. Le reste, bye bye !

      1. Nous la grande est hyper raisonnable. Et du coup ca fonctionnait évidemment. Et effectivement j’ai très mal vécu ma maternité au début car avant je sortais, j’étais jamais chez moi. Et du jour au lendemain j’etais seule avec un bébé. (Et encore heureusement j’ai un conjoint qui gère a fond à la maison et avec ses enfants sinon je me serais flinguée je pense). Et personne n’était assez bien pour que je lui confie mes enfants. Donc on s’enferme véritablement. Maintenant je retrouve un équilibre. Je sors régulièrement en laissant les filles à monsieur (qui lui est ultra casanier), je file les filles à leurs grands parents pour une journée. Quelque fois pour une.nuit quand elles ont marqué leur accord. Et elles le.marque souvent. Elles sont.bien contentes d aller ailleurs. Bref effectivement à part les humiliations et les fessées, le reste a filé à la poubelle. Bon on se refait pas, j’adore proposer des activités éducatives aux filles mais c’est parce que sinon je me fais chier (jouer au papa maman ou dinette tres peu pour moi), et elles sont scolarisées dans une ecole frenet car c est ce qui me correspond le mieux dans les parages mais c est une ecole de l éducation nationnale et donc gratuite et respectant le même programme que les autres ecoles. 😂😝 (on peut pas tout jeter d un coup, peut être un jour j’en reviendrais)

        1. Merci pour ton commentaire. Oui, c’est une épreuve la maternité et l’essentialisation de la femme à son rôle de mère dans le courant BPR me dérange de plus en plus. On dirait un peu les pro-life de la parentalité : l’enfant avant tout et les parents on s’en fout. Nos enfants vont bien si nous allons bien, et ça, les dérives du mouvement BPR le passent à la trappe régulièrement (quoiqu’à force d’écrire des articles, des posts et d’être relayée, beaucoup mettent de l’eau dans leur vin voir changent carrément leur fusil d’épaule, se mettent à parler des parents, du burn out parental, et ça, c’est vraiment génial)

          1. Ouais j’avoue que j’ai du mal avec les instagrammeuses qui changent leur fusil d’épaule. Au final j’ai la sensation qu’elles ne font que suivre le vent histoire de conserver un max d’abonnées. Après, si c’est leur source de revenus, je peux comprendre parcequ’elles ont besoin des abonnées pour payer leur loyer et la bouffe des gamins (souvent bébés d’ailleurs). Et puis parfois, quand elles parlent de burnout parental, je suis même pas certaine qu’elles soient sincères.
            Je préfère de loin aller suivre des petits comptes qui sont pas des pros, qui partagent “leur vie”. Au final c’est tout le système instagram qui est problématique. On cherche de la visibilité parce que c’est devenu une vraie option de carrière et du coup, on vend son image. On doit donc se créer une vitrine. Et comme le mouvement bienveillance, parentalité positive, et tout le toutim est ultra à la mode, elles créent un compte quand elles sont enceintes, et hop, c’est parti. Photo tous les mois, chambre de bébé montessori, promotion allaitement maternel, tindergarden en portage, couleurs pastel et style suédois pour la maison, minimalisme,… 😀 Toutes les mêmes. Et du coup, on perd vraiment des blogs et des comptes qui étaient réellement “inspirants” parce qu’ils racontaient juste leur quotidien, des passionnées de parentalité respectueuse et des pédagogies alternatives (comme minuscule infini par exemple, qui n’est pas du tout dans la vente de son image, elle fait son truc), bref je me perds un peu là ^^. Le pire c’est qu’aujourd’hui, quand on ose lever la voix contre cette injonction à la BPR, on est considéré comme maltraitants. Un peu comme les vegan considèrent qu’on est des monstres dès lors qu’on consomme des produits animaux, sans faire de distinction entre une consommation réfléchie et raisonnée et une ultra consommation. C’est vraiment là qu’on sent le côté sectaire de la chose. Alors que, au fond, évidemment qu’on est bienveillants avec nos enfants, évidemment qu’on les aime, et évidemment qu’on ne leur veut que du bien. On est juste pas d’accord sur les moyens pour y arriver. Est-ce que je veux que mes filles aient peur de moi? Non! Mais est-ce que je veux qu’elles se marrent quand je leur demande de rester assise à table ou que je leur demande d’arrêter de se frapper dessus? Non plus!

          2. J’ai un avis un peu plus modéré sur les instagrammeuses. Je passe que, comme dans la vraie vie, elles évoluent (même si évidemment sur les RS on peut se questionner sur le degré de sincérité, à plus forte raison quand elles ont une entreprise qui dépend des RS). J’ai un usage très modéré des réseaux aussi, je préfère échanger avec les personnes qui me suivent et suivre peu de comptes.
            Et je te rejoins sur le fait que dés qu’on parle de dérives des BPR on se fait taxer de maltraitantes. Pour ma part j’ai eu de nombreuses discussion avec des gens qui me disaient, en résumé “Tu te rends compte qu’à cause de tes articles les parents violents vont le rester?” ce qui relève, à mes yeux, d’un discours manichéen sans nuances.

  3. Je suis entièrement d’accord, je le vois en tant qu auxiliaire de puériculture en crèche. Que ça soit entre professionnels.elles ou avec les parents.
    Et moi aussi j’ai failli tomber dedans, non en fait je suis tombée dedans. Et ça fait 6 mois que ma fille est née, je sors d’une période un peu sombre limite dépressive notamment pcq j’avais raté mon allaitement (ça aussi c’est un dogme.), que je me suis rendue compte que ça me dérangeait, bref que je n aimais pas ça.

    L’œuvre ultime des parents oui. C’est d’époque. Avec la contraception, la grossesse médicalement assistée, l’enfant est devenu l’objet de désir (en opposition à l’enfant d’autrefois qui devait poursuivre l’oeuvre familiale, l’héritier quoi.

    1. Tu vois, je trouve vraiment ça dingue et pernicieux que même des pros de la petite enfance (même des psy!) tombent dans cette mouvance… Pour moi elle a clairement participé à ma DPP et aux années de dépression qui ont suivi après ça (j’en parle dans mon article sur ma DPP justement). L’allaitement aussi c’est vraiment un sujet avec beaucoup de dérives!
      “L’enfant est devenu objet de désir” effectivement. J’ai la chance d’avoir des copines assistantes sociales qui bossent/ont bossé pour l’ASE et la question du “droit à l’enfant” se pose clairement quand tu vois les procédures d’adoption rigoristes et que tu mets en parallèle la mère qui en est à son 4ème enfant placé et qui est enceinte du 5ème…

      1. Bonsoir,
        Tour d’abord merci de m’avoir permis de prendre du recul sur toutes ces mouvances de parentalité respectueuse, bienveillante et Tutti quanti grâce à votre article sur l’aliénation des mères 2.0
        A la naissance de ma fille, je suis tombée par hasard sur Instagram sur toutes ces pages de mamans influenceuses et de fil en aiguille sur des comptes de “professionnel(le)s” et je commençais tout doucement à sombrer du côté obscur, m’empêchant quasi de penser par moi même (ce qui est terrible quand j’y repense…!)
        Ayant été élevée dans une famille où il y régnait une éducation plutôt violente et peu aimante (en tout cas peu ou pas de signes d’affection) j’avais très peur de reproduire ce schéma avec ma fille, puisque j’ai pu constater qu’effectivement, un enfant maltraité, humilié ou négligé pendant son enfance peut en garder des séquelles une fois adulte.
        Malgré tout, à trop vouloir être “parfaite” on s’oublie, on culpabilise à longueur de temps et le pire, on perd en authenticité dans sa relation avec son enfant. Je n’ai pas envie d’être un robot dans la relation avec ma fille; alors oui, je fais et ferai sûrement des choses soi disant peu bienveillante, mais je suis humaine et le ferai sûrement avec toute ma bienveillance à moi.
        La violence physique, verbale et l’humiliation non, le reste,… j’essaye de m’en désintoxiquer 😉
        Bonne soirée

        1. “m’empêchant quasi de penser par moi même” c’est vraiment pour ça que je parle d’endoctrinement dans mes articles sur le sujet. Tu n’es pas la seule, ce n’est pas de ta faute, et c’est vraiment un mouvement dangereux (alors que le message de base (l’enfant est une personne, respectons le) est vraiment capital). Le mieux est l’ennemie du bien. Déjà avoir conscience d’où on vient et de ce qu’on ne veut pas reproduire, c’est énorme. C’est 90% du chemin à mon humble avis. Et pour les 10% restant, il y a déjà tellement de structures d’aide à la parentalité existantes qu’il me parait nécessaire de commencer un nécessaire nettoyage des réseaux sociaux sur le sujet. Comme je le répète depuis quelques temps maintenant : si un compte te fais douter de ta parentalité, désabonne toi ! (sur internet comme dans la vraie vie 😉 )

  4. Bonjour et merci pour votre compte et vos articles ! Ce qui m’a interpellé dans les vidéos ou comptes du courant de parentalité dont vous parlez c’est que le développement des petits d’hommes est présenté comme une mécanique. Il faudrait appliquer telle méthode, telle astuce au bon moment de maturation cognitive, au risque d’enrayer la machine. Comme vous le relevez ce paradigme peut être hautement culpabilisant. Mais surtout les interactions sociales que les petits peuvent avoir sont toujours réduit à la portion congrue du cercle familial restreint. Les parents et bébé. Certains proclament que avant un certain âge les petits ne sont pas matures pour une vie sociale. Avec leurs paires, avec d’autres adultes. Au bout du compte on ne parle rarement du rôle des autres au sens large. Voire on n’accepte pas que d’autres adultes se mêle de l’éducation des petits. Je pense que c’est culturel. Dans notre famille les oncles, tantes, grands-parents participent à l’éducation des enfants. C’est un fonctionnement tacite mais personne ne se sent dépossédé de son rôle de parent quand un adulte dit « non », stop, viens à table, lache les cheveux de ta cousine, ne dessine pas sur la feuille de ton frère… et j’ai l’impression que cela aide à structurer les enfants que de s’entendre dire les mêmes règles par plusieurs adultes. Comme s’ils comprenaient que ce ne sont pas des règles arbitraires mais partagées par une communauté. Et c’est ce qui manque beaucoup dans tous les comptes qui parlent de parentalité : le fait que l’éducation incombe certes aux parents mais que ces petits font parties d’un tout plus large. J’ai autour de moi beaucoup de parents qui se cabrent dès qu’un adulte intervient, comme si tout allait être remis en cause. Comme si ces enfants APPARTENAIENT aux parents. Depuis que je suis moi même parent, ma grand crainte était comme beaucoup de ne pas savoir bien faire mais surtout que ça « ne colle pas » avec mon petit. Je pense que les films les plus angoissants que j’ai pu voir sont « we need to talk about brian » et « rois et reines », des films qui mettent en scène des relations parents-enfants qui n’ont pas prises… pour le reste je savais que je ne serai pas seule face à mon enfant, qu’il y a son père mais aussi ses oncles et tantes, ses grands-parents, des amis proches et plus tard des structures d’accueil, l’école, le centre aéré… je ne me défile pas non plus de mes responsabilités, hein ! Mais je sais que si son père et moi sommes l’alpha de son apprentissage du monde, nous ne sommes pas son oméga. Et ça m’apaise. Ça me rassure de voir mes frères câliner mon petit Côme ça me rassure de les voir dire ferment que non petit, on ne mange pas les fils électriques, on ne va pas dans la (toute petite) cuisine de la grand-mère quand on préparait le repas : c’est dangereux. Et moi qui est participé à l’éducation de mes neveu et nièces je suis heureuse de ma relation qu’on a forgé : eux, moi, et les parents qui m’ont permis de prendre place. Une place de tata, une place d’adulte qui veille sur les enfants tant à leur sécurité qu’à leur bonheur. Je revendique un élargissement du cercle d’adultes qui doivent prendre part à l’éducation des enfants. Je frisonne devant les parents qui pensent « posséder » leur progéniture. Même si je comprends que souvent cela révèle un sentiment d’insécurité (« c’est le
    MIEN, je fais ce que je veux »).
    Pour en revenir au thème de votre article, cette attitude de pygmalion me paraît typique de la société dans laquelle nous sommes (là je mérite le grade de capitaine obvious) qui promeut haut et fort les compétences. Il s’agirait de bien développer les compétences cognitives de nos chérubins. Mais souvent rien sur les compétences sociales (si je devais parler comme eux)…
    Voilà pour mes réflexions peut-être hors sujet…
    Au plaisir de vous lire !

    1. Bonjour Doomky, et merci pour ton commentaire. Je te rejoins à 100% sur l’aspect mécanique du développement de l’enfant et sur le fait que la femme est essentialisée à son rôle de mère jusqu’à en occulter le reste des interactions que peuvent avoir les enfants. On le sait pourtant bien qu’il faut un village pour éduquer un enfant, mais à priori de nos jours, le village est sur instagram à te dire “Tu peux mieux faire!”, à s’adresser à toi parent et à occulter paradoxalement tes enfants (c’est aussi en ça que je parle de narcissisme parental : tout ne tourne qu’autour du parent au final). Je trouve ça très beau la dynamique familiale que tu as connu et que tu sembles toujours avoir. Je pense que la distance géographique (notamment à cause du travail) joue aussi pour beaucoup quant à l’isolement des parents (et en cette période de confinement, ça se ressent bien je trouve ; on est loin des 3 générations qui vivaient sous le même toit à l’époque de nos grands-parents (enfin du moins des miens)). Du coup, en réduisant le développement de l’enfant à ses seuls parents (et souvent même en antagonisant la société) on en oublie effectivement les compétences sociales pourtant essentielles pour se sentir un minimum bien dans ce monde.
      Et ton propos sur “c’est le mien” rejoint ce qu’on disait dans un autre commentaire sur l’enfant en tant qu’objet de désir au final.

    2. Bonjour Doomky,
      Je transmets ce commentaire à mes frères et sœur pour les encourager à prendre part active dans l’éducation de mes enfants ☺️ Merci pour ces mots !!

  5. Merxi encore pour cet article ! Je crois que j en suis vraiment sortie et notamment grâce au live de Lenaig sur mamanvogue. Ca m a fait un bien fou de voir ( de revoir pour ma part, je suis assistante sociale 🤭)que oui il faut des limites et ce qui est cool c’est que je sens que je fais ce qu’il y a de juste pour moi et mes enfants! Je vis ma parentalité bienveillante.

  6. J’ai 2 filles de 7 et 9 ans. Qui me donnent beaucoup de difficulté depuis toujours : elles me parlent mal, elles ne font pas ce que je leur demande, elles se couchent difficilement, travaillent difficilement pendant ce confinement, font le cirque en public… Je passe mes journées à palabrer avec elles sans AUCUN résultat. On n’a le temps de rien faire d’autre que de palabrer sans fin. J’ai mis tout ça sur le dos de “elles sont difficiles”. Mais attention spoiler ! ce sont juste toutes ces conneries de discipline positive qui les ont perverties ! Comment parvenir à ses fins quand un enfant ne coopère pas, s’il n’y a aucune conséquence pour lui ? Sérieusement, je n’ai pas que ça à faire d’écrire des posts its, ou bien de le laisser sortir à moitié à poil dans la rue pcq comme ça il va apprendre qu’il tombe malade (qui sera emmerdé ???).
    Enfin voilà à quoi nous en sommes arrivés, un couple intelligent, laisser des enfants décider de la vie familiale (comme je disais à mon mari hier soir heureusement qu’elles ne veulent pas prendre de la cocaïne !).
    Bref, après deux électrochocs grâce à toi et à prgr, on a radicalement changé de braquet : ce sont nous les adultes et toi qui fait ce qu’on te demande, pour ton bien. On peut décider ensemble, mais une fois que c’est décidé, on fait ce qui a été prévu. Et si tu ne veux pas, va te changer les idées dans ta chambre !
    Je ne jette pas pour autant la “philosophie” positive, j’y ai trouvé des idées et outils intéressants. Mais désormais on va revenir en arrière, pour plus de simplicité et d’efficacité !

    1. J’imagine très bien le discours BPR face à ton commentaire : “Le problème c’est qu’elle attend des résultats de ses enfants, d’une méthode, mais l’éducation des enfants c’est pas ça, d’ailleurs parler d’éducation c’est mal. On ne fait pas un enfant pour l’éduquer. Ces pauvres enfants qui n’ont rien demandé”
      BREF
      Ce que tu décris ça ressemble vraiment à ce que je connais des enfants tyrans et de l’hyperaccomodation des parents. C’est dangereux. Pour tout le monde. Bravo pour avoir repris les choses en main. Pour paraphraser Lenaig, une psychologue dans un live où elle parlait des limites, : les enfants ont besoin qu’on contienne pour eux ce qui déborde d’eux et les submerge pour pouvoir s’élever (Lenaig si tu passes par là et que je paraphrase mal, n’hésite pas à me corriger!). Ici on a arrêté toutes les dérives VEO dans lesquels on retombait progressivement par épuisement et on applique aussi l’exclusion / le time-out. On lui dit : “Tu as le droit d’être en colère mais frapper c’est strictement interdit” On le met dans sa chambre. L’agressivité redescend. Il a des stratégies pour sa colère (seul ou avec nous). Et en 48h il a opéré un revirement ra-di-cal. On découvre un petit garçon apaisé, rassuré, qui a de moins en moins d’angoisses et d’anxiété, qui est de plus en plus curieux et attentif à l’impact de son comportement sur les autres… Bref. Moi non plus je ne jette pas tout au final. Mais j’ai revu mes positions sur ce que certaines considèrent comme une punition et donc une VEO : l’exclusion temporaire pour sanctionner un comportement sociable inacceptable. Et depuis on revit, MiniCaptain le premier. Et on continuera à faire ce qui est bien pour lui : lui mettre des limites.

  7. Tu te doutes que je suis absolument d’accord avec ce que tu dis.
    J’ai eu 3 enfants : l’aînée, enfant “facile”. J’étais jeune mère, un peu rigide, avec le recul je serais plus coulante je pense. Mais elle a maintenant presque 15 ans, joyeuse, épanouie, communicative et confiante avec moi. Je me dis que c’était sans doute pas trop mal.
    9 ans plus tard, mon premier garçon : enfant facile, j’ai davantage appliqué les préceptes de l’éducation positive. Aucun souci, c’est un enfant confiant, qui va vers les autres, sociable, sympa, curieux.
    21 mois plus tard : notre dernier, le fameux Lapin. Dès le début, vraiment dès le début… il a été un bébé contestataire. Pourtant, il a eu plus que les autres : plus de portage, plus de cododo, plus de bras pour le câliner, plus de congé maternité. Et avec lui, toutes les recettes d’éducation positive pour gérer les conflits font chou blanc. Il s’en tape royalement, fait des colères phénoménales, jette des objets dans sa chambre, tape des pieds comme un fou sur le sol, les murs… Comme tu le dis, palabrer sans fin avec ce type d’enfant ne sert à rien. Bien sûr, je peux me torturer sans fin à me dire qu’il exprime un mal-être, bla bla bla, qu’il a besoin de davantage etc… mais franchement, je crois que c’est des conneries. C’est juste sa personnalité : il est explosif, ultra-volontaire, et ses démonstrations d’affection sont aussi fortes que ses démonstrations de colère.
    Hier, il a fait une colère car il voulait encore manger un chocolat après plusieurs autres, et j’ai dit stop (en expliquant pourquoi, évidemment). Il a commencé à hurler et à me frapper. J’ai appliqué la méthode de Lénaig, exclusion immédiate dans sa chambre. 5 minutes plus tard, 1/ il ne hurlait plus, 2/ il était couché tranquillement dans son lit avec sa tétine. Il s’était réassuré tout seul.
    A entendre certains PBR, mettre un enfant dans sa chambre serait équivalent à l’enfermer dans un placard obscur, poussiéreux et rempli d’araignées. Mais d’où vient cette croyance SANS AUCUN fondement scientifique ? Quand je suis vraiment énervée et en colère, la chose qui m’exaspère le plus, c’est qu’on se colle à moi pour faire partir ma colère plus vite. J’ai besoin de m’isoler. Pourquoi l’enfant n’aurait-il pas le droit ? Pourquoi ne pas lui apprendre qu’il a la possibilité, TOUT SEUL, de faire redescendre la pression ? Je crois que c’est le TOUT SEUL (= SANS MOI) qui angoisse le parent PBR.
    A côté de cela j’ai aussi un beau-fils, avec qui cela a été difficile, conflictuel, voire froid au début, à qui j’ai imposé des règles car il en manquait, très clairement. On a fait avec mon mari, beaucoup de compromis pour l’éducation de nos deux grands. J’observe qu’à 14 ans, il est maintenant un ado de plus en plus ouvert, respectueux des autres, coopératif.
    Alors je suis loin d’être parfaite, infaillible, omnisciente. mais franchement, je pense que les préceptes éducatifs, surtout ceux qui mènent à parlementer, justifier, s’excuser sans fin comme si tout était traumatisant, il faut savoir s’asseoir dessus.

    1. “A entendre certains PBR, mettre un enfant dans sa chambre serait équivalent à l’enfermer dans un placard obscur, poussiéreux et rempli d’araignées. Mais d’où vient cette croyance SANS AUCUN fondement scientifique ? ” Elle vient du fait qu’à force de voir des gens les répéter en boucle, tout le monde finit par y croire amha ^^ Evidemment, je te rejoins sur le DROIT de l’enfant à être SEUL ! Envahir son enfant quand il est submergé par ses émotions en verbalisant, en essayant d’être avec lui, proche de lui, en empathie avec lui, c’est si contre-intuitif…
      Je crois vraiment que le parent BPR a peur. De l’opposition. Du rejet. Du retrait d’amour (qu’il enjoint les autres parents à ne jamais pratiquer (comme si un parent aimant pouvait un jour cesser d’aimer)). Mais surtout de l’adulte que va devenir son enfant et des reproches éventuels qu’il aura à lui faire.

  8. Hyper intéressant comme éclairage, et je trouve que c’est une analyse qui fait pleinement sens! Merci de partager ce cheminement en toute bienveillance (sans ironie aucune 😉

    1. De rien 🙏
      (et tant que le mot “bienveillance” n’est pas associé à “parentalité” dans le but de convaincre les autres de faire différemment, ça me va 😉 )

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