Le jour où j’ai pensé le tromper


Billets d'humeur / Tuesday, October 1st, 2019

C’est un article difficile à écrire, alors il risque de partir un peu dans tous les sens. D’avance, pardon pour le désordre.

Ma vie amoureuse

Il faut savoir une chose à mon sujet : à partir du moment où j’ai commencé à sortir avec un garçon, je n’ai plus jamais été seule. J’ai commencé avec mon premier amour, qui a duré trois ans. J’ai enchaîné avec mon ex pervers. Ça a duré 3 ans aussi, avec un break au milieu. J’ai eu une période de célibat car je refusais d’être en couple, et j’ai brisé malgré moi quelques coeurs (en plus d’un voeux de chasteté d’un joli protestant) et puis je me suis mise avec Mon Captain. En tout, j’ai eu 11 partenaires sexuels et 15 petits amis. Ma plus grande période de célibat volontaire (période où j’ai donc brisé coeurs et voeux) était de 6 mois.

Maternité et DPP

J’avais évoqué dans mon article sur la garde robe capsule de grossesse que je m’étais perdue enceinte et surtout en post-partum : fringues informes, trop grandes, tout le temps tachées de lait… Sans compter les anciennes fringues dans lesquelles je ne rentrais plus. C’était dur de m’apprecier dans le reflet du miroir.

La dépression post partum ne m’a pas aidée. Je prenais sur moi toute la charge mentale et émotionnelle de notre foyer en devant gérer en plus mon désarroi d’abandonner mon fils à 2 mois et demi pour reprendre le travail contre mon gré sous la pression de mes proches, mon mari en tête. Jusqu’à ma tentative de suicide.

Tout planter et se réinventer

J’ai pris mes distance avec l’enseignement, j’ai monté mon entreprise et au bout de deux ans, ça a commencé à exploser! Je tenais quelque chose de fort. C’était épanouissant, grisant, ennivrant ! Tatouée, crâne rasé d’un côté, coloré de l’autre, je m’étais réinventée et je préférais largement cette vie là. Mon feu sacré brillait comme jamais. J’étais au sommet de l’épanouissement…quand je n’étais pas chez moi.

Mon amour

Pourtant je l’aimais toujours autant mon Captain. C’était pas l’amour le problème. C’était les blessures, les rancoeurs, sa mère, l’appartement où nous vivions, la charge mentale et émotionnelle, le fait que mon homme soit dépressif et que j’avais pris sur moi de tout faire pour l’aider à remonter la pente.

Quand j’ai arrêté l’Education Nationale, au lieu de me soutenir comme il le ferait aujourd’hui il a eu cette phrase qui est gravée en moi au fer rouge “Ok t’arrête l’enseignement mais tu ne fais pas rien” sous entendu tu travailles. Ce qui a donné lieu à ma création d’entreprise alors que tout ce que je voulais c’était prendre le temps d’être mère.

En plus de mon entreprise, donc, j’ai pris sur moi, encore, de pallier à sa dépression (en plus de la mienne). L’appart en bordel lui mettait un coup au moral ? Je suis devenue une fée du logis alors que j’ai une Sainte Horreur de jouer les ménagères. Il perdait le sommeil parce que notre situation financière l’inquiétait ? Je suis devenue une pro de la gestion budgétaire alors que je m’étais jurée de ne jamais me prendre la tête sur le sujet. Je l’ai même laissé partir à l’autre bout du globe pour le mariage de son meilleur ami alors que MiniCaptain n’avait qu’un mois et j’ai fait l’erreur ultime de me forcer à faire l’amour ce qui a fini en pleurs et désarroi.

Bref. Jusqu’à ma TS j’avais tout sacrifié pour lui, pour nous, et ça a fini par me péter à la gueule sans que personne comprenne, et même si ça avait pété, j’ai continué à me sacrifier.

Et il a failli me perdre

La vie entrepreneuriale m’était grisante. Je réussissais quelque chose de merveilleux : être “artiste-patron” comme je disais petite. Et lors d’un déplacement professionnel, j’ai été attirée par un autre homme. Vraiment. L’attirance que tu t’expliques pas mais qui te fait remettre en cause tous tes choix de vie.

Et avec le recul, je me l’explique parfaitement : ça faisait déjà une paire d’années que je sacrifiais tout, mon enfant en premier, pour faire plaisir à mon mari, pour essayer de l’aider à aller mieux et ça n’allait jamais. Évidemment, à l’époque je n’avais pas compris que le seul à pouvoir le sortir de sa dépression, c’était lui-même. Tous les sacrifices épuisants, éprouvants, blessants et surtout, inutiles qui ne réglaient rien et ne faisaient que le rajouter de la charge, m’ont éloignée de lui parce que je lui en voulais de ne pas aller mieux et de me laisser me sacrifier pour lui (chose qu’il ne voyait pas, puisque sa dépression le submergeait déjà).

Bref. Cette attirance que j’ai ressenti lors de ce fameux déplacement, c’était clairement parce que cet homme était l’opposé de mon Captain en terme de charges qu’il portait tout seul, d’envies, de projets, de voyages de vision des choses, même de la parentalité, et que je suffoquais dans mon couple.

L’ectrochoc pour moi…

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que, depuis quelques temps, je m’intéressais aux autres hommes. Dans la rue, lors de mes prestations ou de soirées réseaux, lors de nos propres renouvellements de voeux, inconsciemment, pernicieusement.

Quand je suis en couple, je me fous de qui me passe sous le nez. Quand je suis en couple, envoyez moi Tom Hiddleston, Ryan Gosling ou Griezmann, je m’en contrefous, comme de ma première couche. C’était donc pour moi un signal d’alerte très fort. Je l’aurais effectivement trompé, que je ne me serais pas sentie plus mal.

…et pour lui

Je lui ai parlé. Je lui ai tout dit. J’ai peu de qualités dans ma vie mais la franchise en fait partie. J’ai été transparente.

J’ai tout lâché : le ménage, les finances, la charge émotionnelle, sacrifier notre fils… Tout. J’ai mis mon homme face à son mal-être qui, à l’époque, s’exprimait par une dismorphophobie assez aiguë, et je lui ai demandé une seule chose : soit il s’acceptait comme il était, sois il faisait tout pour être bien avec lui même, mais moi je ne pouvais plus le porter, j’étais arrivée au bout du bout ; et je ne voulais ni le tromper, ni le quitter, mais s’il fallait en arriver là pour que je puisse être à nouveau heureuse, je le ferai.

Je l’ai toujours aimé et je l’aimerai toujours

Tu imagines bien que si j’en suis arrivée à dire de telles choses à mon Amour, c’est que la situation n’était plus tenable. J’avais beau l’aimer, je ne voulais plus endosser tour à tour le rôle de bourreau et le rôle de sauveur, et certainement pas le placer en victime (triangle de Karpmann). Je voulais retrouver l’homme que j’aime et, pour ça, il fallait qu’il trouve une aide extérieure. J’avais beau l’aimer, je n’étais pas armée pour le sortir de sa dépression. Et plus important : ce n’était pas mon rôle.

The aftermath

On s’est parlé autant qu’on pleurait, à coeur ouvert, niveau hémorragique tellement tout est sorti sans filtre et dans la douleur des blessures qui remontaient. Il s’est mis au sport. Il a perdu 20kg. Il a vu un thérapeute. On a revendu notre appartement toulousain choisi par sa mère. On a acheté notre maison à la campagne. On a fait un deuxième bébé après ma fausse couche qui m’a coûté mon entreprise.

À ce jour

Je n’ai plus mon entreprise et ça me manque peu. Je prends enfin le temps d’être maman, à mi chemin entre celle que j’aurais aimé être et la réalité de mes enfants qui me demande parfois de renoncer aux belles idées. J’aime toujours autant mon homme et je suis heureuse que nous ayons traversé cette épreuve qui a testé notre amour et dont nous sommes sortis plus forts, une fois de plus.

Mon mari sort de deux mois et demi d’arrêt de travail pour un nouvel épisode dépressif, que nous avons traversé main dans la main, sans que j’en porte le poids ni que j’endosse la responsabilité de le faire aller mieux. J’étais là pour lui, sans rien sacrifier. On a passé un été à la fois superbe et douloureux. Accepter qu’on ne peut rien faire de plus pour aider sa moitié que juste être présente, c’est dur. S’empêcher d’agir, encore plus. Mais cette fois notre couple n’a pas été mis en péril. Notre famille non plus.

Je pose ça là

Je n’ecris pour qu’on me conseille. Je n’écris pas pour faire le concours du meilleur ou du pire. Je n’écris pas pour asséner des vérités. Je pose ça là humblement pour montrer que personne n’est parfait et que personne n’a de la chance.

Un couple, ça se construit. Et du moment qu’il y a de l’amour, du respect et de la communication, les obstacles se surmontent.

Et surtout, je pose ça là pour montrer que l’absence de sexe c’est vraiment une excuse de crevard pour tromper sa moitié. Quand je vois comment ça m’a retourné rien que d’y penser, faut pas avoir d’âme pour tromper sa femme qui vient de devenir maman parce que “j’ai des besoins tu comprends”

À bon entendeur

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