Le jour où elle a gâché les 30 ans de son fils


Belle-Maman / Sunday, January 6th, 2019

Fin 2018 j’ai coupé tout contact avec ma belle-mère. En plus de commencer un carnet à l’intention de mon moi du futur, à relire quand je deviendrai belle-mère (et peut être grand-mère), j’ai décidé de poser ici les anecdotes qui ont pavé le chemin de la discorde entre elle et moi. D’une part dans une optique de catharsis, d’autre part en espérant pouvoir échanger si ce que je relate fait écho à ce que vous pouvez/avez pu vivre.

En prélude de cet article, j’aimerais préciser que j’adore organiser des fêtes et des surprises pour les gens que j’aime. Petite je cachais des Dragibus dans les serviettes de table le soir pour faire plaisir à ma famille et leur faire la surprise. J’ai organisé quelques EVJF et baby shower surprises, j’utilise tous les prétextes possibles pour réunir familles et ami.e.s (diplômes, vacances, départ /retour de l’année d’expatriation, anniversaires, nouveau boulot, démission, concours, Secret Santa, annonce grossesse, découverte sexe du bébé, baby shower… ). Je suis le genre de personne qui aime réunir les gens et leur faire passer un bon moment. Alors tu imagines bien que pour les 30 ans de mon homme, je m’en suis donnée à coeur joie.

Un an avant ses 30 ans, j’ai décidé de lui faire un anniversaire surprise. Et je voulais lui offrir le cadeau dont il rêvait depuis des années : une expérience en immersion d’une semaine à l’étranger avec LA référence dans le domaine. Je voulais aussi lui faire une fête en réunissant tout le monde autour de lui. C’est stupide de faire tout un foin parce que c’est une dizaine, j’en suis consciente. Mais c’est une de mes manières préférées d’exprimer mon amour, que voulez vous !
Seul problème : j’ai le budget pour organiser la fête, mais pas pour financer l’expérience en immersion d’une semaine. Même en sacrifiant la fête, l’expérience coûte super cher.

Je pèse le pour et le contre pendant quelques mois durant lesquels je commence à économiser. A 8 mois du jour J, profitant que mes beaux parents divorcés soient présents tous les deux durant l’été , je me tourne vers eux, en leur demandant avant tout s’ils envisagent de faire quelque chose pour les 30 ans de leur fils (je ne voulais pas débarquer avec mes gros sabots s’ils avaient déjà prévu quelque chose). Ils n’ont rien prévu, me demandent mon avis et je leur expose mon dilemme :
– soit j’organise une grande fête
– soit je finance son rêve à hauteur du tiers de ce que ça coute et je lance une cagnotte pour que chacun.e contribue à hauteur de ses moyens.
A ma plus grande stupeur, mes beaux-parents m’enjoignent à financer la fête et me disent qu’ils prendront en charge l’intégralité du coût de l’expérience. Je leur demande s’ils sont sûr. Plusieurs fois. C’est quand même une grosse somme à 4 chiffres. Je sais qu’ils ont les moyens, mais quand même! Ça me gène! Ils n’ont pas à endosser toute la charge financière du projet, je peux quand même lancer la cagnotte en parallèle. Et je me fais presque gronder d’insister. Je peux leur faire confiance quand même ! Ils financeront le cadeau. Point.

Les mois passent. Je cagnotte pour la fête surprise. Mon homme ne se doute de rien. L’hiver arrive. Je profite que mes beaux-parents soient à nouveau réunis pour les fêtes de fin d’année pour faire le point avec eux. J’ai réservé la salle, le food-truck, la pièce montée de fromage, la sono. Les invitations seront lancées pour la nouvelle année. De mon côté, tout est prêt. Il ne reste que la logistique du jour J que je dois planifier, mais j’ai encore le temps. Je leur demande à nouveau s’ils sont sûrs que je n’ouvre pas de cagnotte. Ce que les gens peuvent mettre pour participer au cadeau sera toujours ça de moins pour eux. Ils me réaffirment, ma belle-mère en tête, que c’est sûr ils financent l’expérience. Ils attendent juste que l’organisateur annonce la prochaine date (et s’il ne l’a toujours pas annoncée le jour de l’anniversaire de leur fils, ils lui donneront juste les fonds pour qu’il puisse se le réserver lui).

Je suis toujours aussi stupéfaite. Et quelque part ravie. Mon homme va pouvoir réaliser son rêve, c’est sûr, là où moi je ne pensais pouvoir qu’amorcer le financement. Au final, ce qui compte, c’est qu’il ait ce qu’il mérite tant! J’en touche deux mots à la ma demi-belle-soeur (la demi-soeur de mon homme quoi) qui me rassure “Ils ont les moyens, ne t’en fait pas. S’ils te l’ont proposé, laisse les faire!”. C’est que je n’ai pas l’habitude. Je viens d’un milieu où un sou est un sou, et on s’est toujours cotisé à plusieurs pour offrir les jolies choses. Ca me fait tout bizarre mais son discours me rassure.

Début d’année, ma belle-soeur (sa soeur donc, pas sa demi-soeur) me demande où ça en est de l’avancée de la fête pour les 30 ans de son frère et s’il y a un cadeau commun, etc. Je décide donc d’envoyer un mail commun à toute ma belle-famille pour récapituler tout ça : la fête, le cadeau, la date, le lieu, les invité.e.s… Mise à part ma belle-mère, personne n’habite près de nous et je me dis que c’est encore le mieux de leur donner tous les détails pour qu’ils puissent s’organiser et que mes belles-soeurs soient rassurées qu’elles n’auront au final que leurs frais de déplacement à gérer et rien d’autre.

Erreur fatale.

Quelques jours après, ma belle mère m’envoie un mail pour m’incendier. Me disant que sa fille lui aurait (oui, le conditionnel, parce que ma belle-mère adore associer des gens à ses vindictes pour se sentir plus légitime, et au final, quand on détricote, il n’en était rien) donc sa fille lui aurait fait la tête parce que le cadeau était beaucoup plus cher que celui qu’elle même a eu pour ses 30 ans quelques années auparavant. Je m’entends donc dire (enfin je me vois donc lire) que c’est de ma faute si finalement ils se retrouvent dans l’incapacité d’offrir son cadeau d’anniversaire à mon homme, leur fils, afin de ne pas faire de différence entre leurs enfants. Donc tant que personne le savait, ça ne dérangeait personne de faire une très grosse différence, mais maintenant plus personne n’assume en somme ? J’encaisse donc à un mois de l’anniversaire que je planifie depuis presque un an, que mon homme n’aura finalement pas de cadeau.

J’accuse le coup. Je trouve ça profondément injuste pour mon homme parce que finalement c’est lui qui pâtira de tout ça. Je m’en veux énormément d’avoir voulu mettre tout le monde au diapason en envoyant ce mail. Je ne comprends pas la soit-disant crise de jalousie de ma belle-soeur. Effectivement les cadeaux ne sont pas les mêmes, mais les envies non plus. Rien n’empêche mes beaux-parents de compenser par ailleurs la différence financière entre les cadeaux si c’est vraiment ce qui pose problème dans l’équation. Et si encore ma belle-mère m’avait confié que ça faisait une sacrée différence avec ce qu’ils avaient mis dans les 30 ans de leur fille, j’aurais su qu’il fallait que je me taise. Mais ne sachant rien de tout ça, je ne pouvais pas deviner. Je ne suis pas du genre à aller chiffrer les cadeaux que s’offrent les membres de ma belle-famille…

Je prends donc quelques semaines à envoyer à ma belle-mère (à sa demande) les liens des expériences similaires à moindre coût qui plairont à mon homme pour qu’elle puisse choisir. Fort heureusement, j’en trouve quelques unes de très sympas. En France. Sur 3 jours au lieu d’une semaine. Avec un formateur moins renommé mais tout aussi chaleureux et compétent.

Nous sommes à 6 jours de son anniversaire. Ma belle-mère a choisi parmi les liens que je lui ai envoyé. Je sais que mon homme sera quand même content et touché. J’ai toujours du mal à digérer le “downgrade” du cadeau. Mais mon homme n’en saura rien. Il ne verra que les gens réunis pour lui et sera content de son cadeau expérience, même si ce n’était pas celui initialement prévu. Pendant que je peaufine les détails pour que tout soit prêt pour le samedi, mon homme est parti promener MiniCaptain et est passé chez sa mère (qui habite à l’époque à deux rues de chez nous). Quand il revient, il me dit tout sourire que c’était une chouette balade et qu’il est ravi parce qu’il a discuté avec sa mère de son cadeau d’anniversaire et qu’elle veut lui offrir un cadeau-expérience qu’il a envie de faire.

Et là je déchante.

Sévèrement.

A 6 jours de son anniversaire elle vient, d’une part, de lui révéler son cadeau, et d’autre part, de s’en attribuer tout le mérite, comme si le reste de la famille n’était pas impliquée. Je pose quelques questions pour savoir si la fête a été évoqué (mais sans en parler moi même pour ne pas révéler la surprise). A priori pas de mots concernant la fête surprise. Je suis soulagée et en même temps furieuse de ce qu’elle a fait. Mon Captain voit bien que je suis contrariée. Je ne veux rien dire mais il insiste, il me connait bien. Donc je lui raconte toute l’histoire que vous venez de lire et je lui fais lire les échanges de mail (en occultant les passages qui concernent la fête surprise). Il est désolé pour moi, dépité que sa mère ait encore fait des siennes, content de son cadeau mais déçu de ne pas avoir pu partager sa joie et sa surprise le jour J avec toute la famille (puisqu’il croit que nous fêterons ça simplement le samedi suivant autour d’un bon gâteau).

Nous digérons ça. Tant pis. C’est fait. Ce qui compte c’est qu’il est content. Le lendemain, je décide d’appeler sa mère pour lui dire que c’était vraiment déplacé ce qu’elle a fait. J’essaie de le prendre sur le ton de l’humour “T’as tenu ta langue 8 mois durant, c’est vraiment dommage d’avoir craqué à 6 jours du jour J ! En plus son père et ses soeurs ont été privés de sa réaction à l’annonce du cadeau, c’est dommage.” Je lui précise que du coup j’ai raconté à mon homme toute l’histoire (donc qu’il est au courant que ce n’était pas le cadeau prévu initialement et que je me suis retrouvée le bec dans l’eau car j’avais déjà engagé tous les frais pour la fête). Elle change de sujet, me parle du petit. Comme si je ne lui avais rien dit. Elle tient un monologue. Imperméable à mon message. Soit. Je lui ai dit ce que j’avais à dire. J’ai été courtoise, polie, j’ai même tenté l’humour pour lui faire passer le message. Je n’insiste pas.

Le lendemain, je reçois un mail (encore et toujours) pour m’incendier (encore et toujours) et me dire que c’était de ma faute (encore et toujours) et qu’elle a encore le droit de discuter avec son fils de son cadeau d’anniversaire.

Elle se prendra une réponse (par mail hein, vu que quand je tente le dialogue je me fais évacuer) lui disant qu’elle pouvait me blâmer si elle le souhaitait, mais qu’en attendant le fait d’avoir révéler son cadeau à son fils à moins d’une semaine de l’anniversaire était extrêmement égoïste, que je comprenais qu’elle vive mal que je lui ai révélé toute l’affaire puisqu’il savait maintenant la vérité sur le déroulé des évènements. Et j’ai conclus en lui disant que pour ma part l’échange avec elle à ce sujet était clos et que je savais désormais que je ne pouvais pas lui faire confiance. J’ai reçu un autre mail, toujours incendiaire, auquel j’ai répondu “Comme dit dans mon précédent mail, le débat est clos me concernant et je sais à quoi m’en tenir avec toi. A samedi”.

Ledit samedi, je prétexte une prestation toute la journée pour justifier mon absence (pour aller chercher la sono, la pièce montée de fromage et mettre la salle en place) auprès de mon homme qui passe donc une journée père-fils. Arrivée l’heure de la fête, tou.te.s les invité.e.s sont là … sauf ma belle-famille ! Devinez où tout le monde se trouve ? Chez ma belle-mère ! J’attends. Dix minutes. Un quart d’heure. Vingt minutes. Une demi-heure. J’envoie un texto à ma demi belle-soeur pour lui dire qu’on les attend : “On n’est pas prêt, ton homme vient de partir”. Ah donc ma belle-mère, sachant que la fête attendait, a retenu son fils chez elle. Bien bien bien… Quarante minutes. Trois quarts d’heure… Je sais du coup que c’est bientôt l’heure du bain et du coucher pour MiniCaptain puisque mon homme vient de partir de chez sa mère, il faut donc que j’intercepte mon homme avant.

J’envoie l’excuse que j’avais préparée pour que mon homme nous rejoigne : “J’ai oublié du matériel à la maison, j’en ai besoin pour la prestation de la soirée. Tu peux me l’apporter de toute urgence stp ?”.

Mon homme arrive. Tout le monde est caché. Il rentre dans la salle. Surprise ! Il pleure. Moi aussi. Il est heureux. Il n’en revient pas (pourtant c’est pas le premier anniversaire surprise que je lui fais hein!). On a même des amis descendus de Belgique pour l’occasion. Le food truck se met en place, commence à servir, la musique est lancée, tout le monde profite. Mon homme est heureux au milieu de tou.te.s ces proches qui l’entoure. Pour ma part, mission accomplie. Il est heureux, là tout de suite. C’est tout ce qui compte.

Ma belle-famille, sous l’égide de ma belle-mère dont ils dépendaient, arrivera avec 1h30 de retard au final. Et évidemment, belle-maman fera la tête toute la soirée.

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