Laisser les réseaux


Billets d'humeur / Sunday, June 14th, 2020

Et si je laissais les réseaux sociaux, qui me lirait ? J’écris pour moi, c’est vrai. Pour la mère à la dérive que j’étais, pour être un phare dans sa tempête, pour lui dire qu’elle va s’en sortir. Et j’ai pu constater que dans l’océan qui a failli engloutir la mère que j’étais, il y en a d’autres, des mères à la dérive que le phare que je suis devenue pour moi-même aide.

Alors quand on sait qu’on aide, on a envie de briller toujours plus fort pour aider encore plus. Jusqu’à peut être briller trop fort et finir par en aveugler certaines ?

Récemment j’ai cumulé plusieurs mauvaises expériences sur les réseaux sociaux.

Le plus récent en date c’est de me faire accuser d’avoir balancé une_maman_tire_allaitante à l’ASE suite à une story antivax qu’elle avait faite. Cette story que des abonnées m’ont relayée m’a énervée, comme tout contenu antivax. Et comme l’ASE l’informait d’une enquête 48h après que je me sois énervée, c’était forcément moi. Tellement impossible que l’ASE intervienne en 48h que j’me suis dit que c’était pas grave si elle voulait me mettre ça sur le dos, les gens censés lui dirait bien que c’est impossible. Puis là j’me suis retrouvée bloquée par des gens que je suivais, qui me suivaient et avec qui on avait énormément échangé. Comme par exemple camille.lolohelpeuse avec laquelle j’ai échangé sur l’allaitement, ses fausses couches, sa grossesse, ses angoisses. J’pensais pas que ça m’atteindrait, mais en fait si. Expérimenter la cancel culture pour un crime que je n’ai pas commis, c’est violent en plus d’être injuste.

Quelques temps avant ça, je me suis retrouvée sur un groupe de parentalité pour parler de mon article qui y avait été partagé, répondre à des commentaires. La violence des propos avant que j’arrive sur le groupe, c’était une première chose. J’imagine que les commentateurices ne s’attendaient pas à ce que je vienne sur le groupe. Et puis les débats qui en sont suivis, c’était éprouvant. Je voyais ces mamans en plein errance dogmatique, toucher du doigt les limites mais s’entre-maintenir pourtant dans le dogme. On a même accusé mes articles de faire rechuter des mamans dans des VEO (aka s’énerver, je vous rassure, nullement de la vraie violence physique ou psychologique). Du coup je suis revenue à mes principes d’éviter les groupes parentalité et j’ai indiqué que mes mp sur insta étaient toujours ouverts.

Avant ça encore, il y a eu l’échange lunaire suite à cet article avec une proche de nos anciens amis qui m’a accusée de victim blaming, qui s’est faite porte parole d’eux en m’attaquant alors même que je pensais le dialogue toujours ouvert entre eux et nous. C’était incroyable. Elle a même réussi à me faire douter de moi en disant que je ne répondais jamais à ses mp pour justifier son attaque alors j’ai passé toute une soirée à relire tous nos échanges en mp pour constater que UNE FOIS elle m’a demandé si ma story répondait à son message, ce à quoi j’avais répondu qu’il répondait à plusieurs messages sont le sien juste avant d’entamer un échange avec elle pour clarifier certaines choses. Donc non, elle ne m’attaquait pas en commentaires parce que je ne réponds pas en mp. Mais il a quand même fallu que je m’en assure tant elle m’a fait douter.

Et puis il y les agents doubles des coachs/accompagnantes/mentors en parentalité que j’ai dénoncé, debunké, démasqué. Je sais qu’iels sont là, à screener certains postses, certaines stories pour alimenter un dossier de plainte fictif car même quand j’emploie le mot “dangereuse” je peux le prouver donc il n’y a jamais eu diffamation. Alors je m’en amuse, très honnêtement, parce qu’en coulisses il se passe des choses bien plus sérieuses. Mais ça vient se rajouter au reste.

Et puis il y a tous ces comptes féministes et sexo qui me filent honnêtement des complexes militants. Je n’ai pas à rougir de mon parcours féministe. Et je sais que comparaison n’est pas raison. Mais j’me sens pourtant bien nulle avec mon petit momblog qui parle aussi sexualité. J’aimerais faire plus. Mais ca ne serait pas moi. Mais j’aimerais.

Et enfin, il y a eu les ondes du pavé dans la mare. L’article a fait du bruit. Tant mieux. J’ai été très peu citée pourtant, ce qui m’a légitimement frustrée, mais essentiel était que le discours change et il a commencé a changé. Génial. Puis en quelques jours, je suis devenue Voldemort. On voulait m’interviewer pour des podcasts, un documentaire. Et puis ces mêmes personnes me bloquent et font référence à moi en story comme “l’autre personne dont j’ai partagé l’article” toutes rattrapées par le dogme qu’elles ont été. C’est pas grave, le ton a changé pour certaines dealeuses de bienveillance. C’est l’essentiel.

Mais tout ça me fatigue. La géographie des reseaux sociaux en terme de parentalite est un repère de loups au milieu des pâturages, loups a l’affût de vendre tout et n’importe quoi aux brebis égarées et hébétée par la fatigue parentale. La cheffe de meute étant une sexagénaire qui fait son argent sur le dos de la culpabilité parentale.

J’ai encore envie que les mères au bord du naufrage dans l’océan d’informations et de doutes qui a failli l’engloutir puissent voir la lumière du phare que j’ai construit. Mais je suis fatiguée des réseaux ce soir. Et sans les réseaux, cet amplificateur, qui me lirait ?

6 Replies to “Laisser les réseaux”

  1. Nous, qui recevons tes articles dans notre boîte mail 😄
    Mais c’est vachement plus sympa de pouvoir discuter en MP directement 😅
    Et puis comme tu dis, tu n obliges personne à te suivre ou te lire alors… Je sais que c’est difficile de lâcher prise.
    En privé peut être ?
    Good luck, tes articles font réagir et c’est tant mieux. Moi j’aime bien être bousculée 😄

  2. Les réseaux sociaux, arme à double tranchant… Cela offre une audience formidable, mais cela réveille aussi la jalousie. S’en passer, quand on blogue, est vraiment difficile je crois, voire suicidaire. Bien sûr que l’on écrit pour soi, mais évidemment que l’on écrit pour les autres. Sinon on tient un petit journal intime papier 🙂 Et je trouve bon d’oser confronter son écrit au regard des autres, cela est une occasion de grandir si l’on en use avec intelligence. Bref, continue à écrire ! Il faut des personnes comme toi sur l’Instasphère toute lisse 🙂

  3. Je suis passée à côté de cet article! Je m’abonne de suite! Tes articles et ta story auront fait réagir, c’est le signe que tu as visé juste. Certain.e.s ne se remettront de toute façon pas en question, mais on peut espérer que ça en fasse évoluer tout de même. Plein de pensées pour résister aux loups… prend soin de toi, de ta famille, c’est le principal

  4. Hello, je me disais que ça faisait longtemps que je ne t’avais pas vu sur mon Instagram. J’ai fait un pause rS en vacances alors je me suis dit que j’avais peut être raté quelque chose quand je n’ai plus trouvé ton compte …. donc je suis venue ici. Je me trompe peut être mais j’imagine que la fatigue de tous ces démêlés insta a fait que tu as fermé ton compte. Dans tout les cas, merci d’être encore ici. Il ya plein de mamans qui ont encore besoin de ta lumière phare – et j’ai encore plein d’article en retard à lire ici 😅 Je vais m’abonner à la newsletter pour ne pas perdre une miette 🙂
    J’espère que vous passez un bel été (malgré la chaleur – j’aime pas la canicule non plus!!!)
    Prenez soin de vous.

    1. Merci pour ce commentaire 🙏
      Oui j’ai désactivé mon compte un temps parce que m’embourber dans une guerre des tranchées de la parentalité c’était vraiment pas mon but et ça devenait pesant.

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