Être une maman HPI hypersensible – Un exemple comme un autre des mauvais côtés


Billets d'humeur / Saturday, December 8th, 2018

Je préviens, ça va être un article fleuve, brouillon, bouillonnant d’emotions noires. Je ne sais même pas si je le publierais. J’ai juste besoin de vider ma tête et mon cœur. Je ne relirai d’ailleurs sûrement pas si je décide de publier. Alors d’avance pardon pour les fautes, qu’elles émanent de moi ou de mon auto correct.

À l’heure où j’écris nous sommes dans la voiture. Nous rentrons de chez ma mère chez laquelle nous étions pour faire notre activité du calendrier de l’Avent du jour : faire le sapin chez mamie. 

Mais ça c’est mal fini. J’ai envie de rajouter : comme d’habitude. Il faut savoir que j’ai ce qui s’apparente à une mère toxique. Elle a toujours raison. J’ai toujours tort. Elle appuie où ça fait mal intentionnellement ou pas et je pars en vrille mais, bien entendu, c’est toujours moi qui fait des histoires. Elle a tout vu, tout fait, tout lu. Elle sait tout mieux que tout le monde. Et ma sœur a plus de mérite que moi, qui n’ai eu que de la chance toute ma vie. Chance, le meilleur moyen de nier à quelqu’un.e son succès et ses accomplissements. Tu vois le contexte ?

Plusieurs fois j’ai voulu couper les ponts, je l’ai même fait une fois quand j’étais étudiante. Pendant 7 mois. Et puis je suis revenue vers ma famille parce que, malgré tout, c’est le seul milieu auquel je me sens appartenir. 

J’ai toujours été incapable de m’intégrer socialement. Je n’ai jamais compris pourquoi d’autres s’en sortaient si naturellement. J’ai toujours essayé de m’adapter. J’en ai toujours souffert. Et puis j’ai découvert la notion de faux self en découvrant mon HPI. Et j’ai compris. C’est pas pour autant depuis que j’arrive à mieux m’intégrer socialement. Il n’y a qu’au sein de ma famille complètement dysfonctionnelle que j’ai l’impression d’être à ma place (même si c’est celle du vilain petit canard et que ça me fait souffrir).

Nous étions donc chez ma mère pour faire le sapin, mais comme rien n’est gratuit avec ma mère nous sommes descendus avec les outils car il fallait lui installer des étagères. Tu vois, ma mère est sur le mode victime depuis … toujours ? Elle a de gros problèmes de santé, de dos, et fait tout ce qu’il faut pour se soigner sauf se tourner vers la médecine scientifique, prouvée, éprouvée. Elle est en invalidité, elle n’a que peu d’argent et est victime de la Vie. Donc chaque visite est utilitaire. Lui installer l’étagère, lui monter des choses du garage, lui faire ci, lui faire ça. Je m’y suis faite. Mon Captain s’y est fait. Et je ne sais pas si c’est une bonne chose. Mais au moins mon rôle est clairement défini, je suis utile. C’est aussi rassurant que douloureux.

Donc aujourd’hui, nous y sommes allés pour l’heure du déjeuner. Après le déjeuner MiniCaptain a fait le sapin. Et après, c’était l’heure de poser les étagères. Évidemment. J’avais des contractions de l’heure et demi de route qu’il nous a fallu pour y aller. Le Captain est monté en pression d’un coup par rapport au comportement de MiniCaptain qui s’est comporté comme l’enfant de 4 ans hypersensible qu’il est. Il n’est pas redescendu (le Captain). Il a bouillonné tout l’après midi. J’ai du souvent intervenir pour que les choses n’explosent pas entre Mi’iCaptain et lui. J’ai absorbé toutes ses émotions négatives à la manière d’une infusion.

Plus l’après midi passait plus j’absorbais la contrariété de mon homme. Moins j’arrivais à la gérer. Jusqu’à ce que je m’endorme d’épuisement sur le canapé de ma mère. Merci les contractions pour cette soupape de sécurité.

Je me suis réveillée quelques temps après. C’était l’heure du goûter. Ma mère est allée avec MiniCaptain à la boulangerie chercher une chocolatine #BienvenueDansLeSudOuest J’ai émergé. Nous étions là depuis 12h30. Il était 16h45. La journée commençait à se faire sentir chez MiniCaptain. Le Captain était toujours sous pression, travaillant à poser les étagères dans une atmosphère morose et un silence pesant, lourd de contrariété, de questions, d’incompréhension et de “mais pourquoi mon fils est comme ça ?” religieusement etbdouloureusement passé sous silence. 

Et puis la goutte. Mon MiniCaptain qui commence à s’opposer fortement. Ma mère qui rentre dans une lutte de domination avec lui.

Si. Non. Si! Non! SI! NOOOOOON ! C’est pas toi qui décide. SIIIIIIIIIIII!

Le truc super sain tu vois.

J’arrête ma mère. Lui dit que mon fils n’est pas moi. Que ça sert a rien de jouer au plus têtu avec lui. Que ça le fait monter en pression pour rien.

“Oui mais il faut quand même qu’il comprenne que c’est pas lui qui décide. Toi aussi t’étais comme ça et je te tenais tête. C’est jamais toi qui a gagné”

Ça c’est sûr. J’ai jamais gagné. Et je ne gagnerai jamais avec elle. Je resterai toujours perdante. Du coup j’ai demandé au Captain de remballer ses outils et j’ai annoncé qu’on partait. J’ai expliqué que moi elle m’avait peut être matée gamine mais vu les séquelles émotionnelles que j’avais à 30 ans il était hors de question de faire pareil avec mon fils. Je lui ai expliqué que mon fils n’était pas moi. Et que je ne cherchais pas à le dominer mais à lui apprendre à gérer. Et qu’elle n’avait aucun conseil à me donner. Que quand je lui demandais d’arrêter parce que je sentais mon fils monter en pression, c’était pas pour recevoir des leçons d’éducation de la part de quelqu’un qui m’a émotionnellement handicapée à vie. Qu’elle avait le droit de ne pas comprendre mais qu’elle devait me respecter en tant que mère de mon fils.

“Tu fais toujours des histoires. On a dit oui non que trois fois. Regarde il veut pas partir. C’est toujours pareil avec toi. T’étais pas docile petite et tu l’es toujours pas.”

Voilà les derniers mots échangés avec ma mère avant de partir.

Évidemment, le Captain a docilement rangé ses outils. Mon émotion a supplanté la sienne. Après avoir passé près de 4 h à ressasser sa colère dans la sa barbe, m’irradiant de tout ça au passage, il aura fallu ma colère pour désamorcer la sienne. Ironie du sort, bonsoir. Donnez moi une corde.

Depuis qu’on est parti je revis la scene, évidemment. Côté émotions je suis pas loin d’avoir envie de mourir, ressassant que je n’ai ma place en ce monde ni en tant que fille, ni en tant que mère apparemment. Ne me sentant appartenir à rien de rien. Même pas ma propre famille.

Niveau logique, je sais. J’ai une mère toxique. J’arrive habituellement à avoir une relation saine avec elle en mettant des barrières salvatrices. Mais là la fatigue et la colère du Captain 4 h durant ont eu raison de mes barrières. La sieste qui m’a empêchée d’emplafonner mon homme pour le faire sortir de sa spirale de négativité a courcircuité mes propres mécanismes de protection.

J’ai beau raisonné, j’ai mal. Tellement que j’ai envie de vomir. Car oui, je ne pleure jamais. Enfin très rarement. Pour moi les larmes sont l’arme ultime de la manipulation. Alors je ne pleure pas. J’implose, j’explose, je vomis, je me vide. Mais je ne pleure pas. Pourtant là, si je pouvais me laisser aller à m’effondrer, ça me ferait du bien.

J’en veux à ma mère de n’être que dans un rapport de domination et de maintenir tout le monde autour d’elle dans un triangle de Karpman inextricable.

J’en veux au Captain d’être dans l’incapacité de raisonner face aux comportement de son fils, hypersensible comme sa mère. C’est pourtant pas compliqué de comprendre qu’il a besoin d’être accompagné pour apprendre à gérer et que ses explosions de colère ne sont pas contre nous mais un appel au secours parce qu’il n’a pas encore le cablage nécessaire pour faire autrement! Merde !

J’en veux à MiniCaptain d’avoir pris de sa mère. Être hypersensible , c’est une malédiction.

Mais par dessus tout je m’en veux à moi. De ne pas me protéger  des émotions  de mon homme quand ça ne va pas pour lui, que ça me semble légitime ou pas, il a le droit d’avoir ses émotions.. De ne  pas arriver à apaiser MiniCaptain qui part dans des tsunamis émotionnels  au quart de tour. De ne pas couper les ponts une bonne fois pour toute avec ma mère. De me sentir si fragile dans mon rôle  de mère en ce moment, que cette simple réflexion a suffit à me faire partir en vrille. De ne pas avoir répondu à ma mère calmement “Je ne fais pas d’histoire, je décide de quitter une situation qui m’est toxique et me fait souffrir”.

De ne pas arriver à trouver ma place en ce monde. 

2 Replies to “Être une maman HPI hypersensible – Un exemple comme un autre des mauvais côtés”

  1. Wow. Des bisous, et bon courage, ça me parle tellement ce que tu racontes ! Faut que l’on aille se faire tester ma fille et moi..
    Je suppose que tu le sais déjà mais si jamais : les larmes sont juste une soupape, elles font partie du processus pour aller mieux, alors si tu peux, laisse-toi aller ! Je me doute que si tu dis ça ce n’est probablement pas si facile pour toi… larmes = manipulation Ça m’évoque ce formatage dans l’éducation cette petite veo courante, non acceptation des sentiments négatifs…
    Pas facile. Ça va aller. Le sentiment d’appartenance c’est vrai que c’est important…
    Peut-être prendre plus de distance pendant ta grossesse ? Ma relation avec ma mère a traversé une très grosse crise juste après la naissance de ma première, je lui ai fait lire “les mots sont des fenêtres…” Juste pour qu’elle voit que ce n’est pas moi qui pinaille / joue sur les mots / fait des histoires, ça n’a pas changé sa manière de parler mais je crois qu’avec le temps elle fini par accepter ma manière d’être (ou alors elle se contrôle en ma présence) en tout cas nos relations sont plus apaisées. Désolée d’avoir autant parlé de moi, je voulais juste dire : tu n’es pas seule ne te désespère pas, et courage.
    Bises !

  2. Je me retrouve dans tes mots. J’ai un vécu sensiblement identique. 1000km me sépare des miens et ça a été la meilleure décision aussi douloureuse soit elle.

    Tu as mis les mots où moi je n’arrive pas a faire comprendre a mon homme, que malgré tout c’est ma famille, j’en ai besoin, même si elle me détruit, je n’ai plus que ma mère, et mes frères et sœurs. J’ai déjà perdu mon père et le reste de famille est soit décédé soit sans contact. Alors je n’ai que, et les beaux parents bien que géniaux, ne remplaceront jamais le rôle de ” géniteurs ”

    Je ne peux que te dire que tu as fait au mieux, les hormones de la grossesse n’aidant pas…
    Si tu as besoin, je suis là, ici ou sur insta (Jud Roxane Loomis – au cas où)

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