Et puis j’en ai eu marre – SMAM2018


Billets d'humeur / Thursday, October 18th, 2018

10 mois après la naissance de MiniCaptain, j’en ai eu marre de l’allaitement.

J’ai cherché de l’aide

Je traversais une période où MiniCaptain tétait CONSTAMMENT tout en se préparant à la marche et en sortant des dents. J’en pleurais presque quand il réclamait à téter.

Alors j’ai cherché de l’aide auprès d’une consultante IBCLC, puisque je te rappelle que je m’étais super bien documentée, donc je savais qu’il ne fallait pas aller voir n’importe qui pour ces questions là. Pour faire bref, les consultant.e.s IBCLC sont LES référent.e.s en lactation en France. Y a pas mieux formé.e.s qu’elleux au sujet de l’allaitement. En théorie. Dans mon cas…

J’ai été blâmée. Par la consultante IBCLC. Oui, oui. C’était bien normal que mon fils soit pendu à mon sein toute la journée puisque je le surnommais Tétouillou! Il suffisait simplement que je change son surnom pour qu’il arrête d’être pendu à mon sein! Évidemment, au dessus de ce shaming éhonté, elle a essayé de me vendre des fleurs de Bach, puisqu’elle était aussi conseillère en Fleurs de Bach.

Tu te rappelles dans mon billet d’hier quand je disais que j’aime me documenter sur les choses au maximum pour comprendre la science derrière ce qu’il se passe ? Tu sais ce que c’est les Fleurs de Bach ? Un joli placebo. Que tu paies une fortune bien évidemment. Comme toutes les médecines alternatives dont la science a démontré qu’elles n’avaient strictement aucun effet au delà de l’effet placebo.

Donc non seulement je me faisais culpabiliser, mais en plus on essayait de me vendre un placebo à administrer à mon fils et moi-même pour une somme assez déconcertante pour un placebo ! Quitte à prendre un placebo, je préfère me faire prescrire  de l’homéopathie des billes de sucre , au moins c’est remboursé!

Seule au milieu des miens

Ca a été mon expérience la plus douloureuse de ces 3 années d’allaitement. J’étais désemparée, épuisée par tous les changements dans ma vie que j’avais cristallisés sur l’allaitement, et personne ne pouvait m’aider. De toutes les femmes dans ma vie, j’étais la seule à allaiter aussi longtemps. De toutes les femmes dans ma vie, j’étais la seule autant documentée sur le sujet. De toutes les personnes autour de moi, j’étais la seule à pouvoir m’aider. Mais j’en étais bien incapable, submergée par tout le reste.

Ma mère n’a allaité qu’un mois. Ma belle-mère n’a fait que les tétées d’accueil. Ma belle-soeur à allaiter seulement 4 semaines et considérait déjà ça comme l’allaitement long. Mon autre belle-soeur n’avait pas encore d’enfant. Les seules de mes amies qui avaient allaité s’étaient arrêtées à 6 mois.

Et c’est là que j’ai eu les premiers “conseils” d’arrêter l’allaitement. Moi qui militait pour un allaitement jusqu’au sevrage naturel, mon épuisement donnait raison à tout le monde sur le fait que ça fatigue d’allaiter, et que “Tu vois, on te l’avait dit que c’est pas viable l’allaitement long”.

J’ai failli arrêter

Frustrée, consternée, et noyée dans la culpabilité d’échouer sur quelque chose d’aussi simple, j’ai replongé corps et âme dans certains chapitres de ma bible de l’allaitement.

J’y ai retrouvé des mots-clés que, j’avais beau connaitre, j’aurais eu besoin qu’on me rappelle. Comme le tout simple “pic de croissance”. Oui, quand un enfant fait un pic de croissance (ou plus grand entame une grande phase d’acquisition) il n’est pas rare qu’il soit pendu à ton sein 20/24h.

Et devine quoi ? MiniCaptain était en train d’acquérir la marche en plus de nous prendre 3cm et presque 1Kg! Pas étonnant qu’il était pendu à mon sein constamment du coup, n’est-ce pas ?

J’en ai tellement voulu à cette conseillère IBCLC de m’avoir culpabilisée et rendue responsable de cette situation dans sa vision freudienne des choses ! Figure toi que MiniCaptain a fait son pic de croissance, acquis la marche, que j’ai continué à l’appeler affectueusement Tétouillou et que cette période s’est finie sur un retour à la normale des tétées.

Introspection

Je ne suis pas du genre à demander de l’aide à tout va. Je me fais confiance, je me documente quand je n’ai pas assez de connaissances pour être assurée de ce que je fais, mais il est rare que je me tourne vers une tierce personne pour demander de l’aide.

J’ai donc pris du recul sur tout ça et j’ai cherché à comprendre d’où venait cette errance. Pourquoi je m’étais tant perdue ? Et la réponse tenait en des maux qu’on ne nommaient pas encore à l’époque. Maux résumés en deux mots, très connus aujourd’hui, : charge mentale.

Ayant subi une énorme pression sociale pour reprendre le travail à l’issue de mon congé maternité, j’avais littéralement abandonné mon fils à une étrangère choisie au dernier moment car je n’arrivais pas à me faire à l’idée de reprendre à deux mois et demi alors que je rêvais d’un congé parental pour m’occuper de mon enfant.

C’était également l’année de ma titularisation au sein de l’Education Nationale. J’avais eu une première année de stage compliquée, avec une tutrice qui m’a volontairement fait me planter devant l’inspectrice pour mettre en avant le fait que si elle avait le poste de formatrice il n’y aurait pas autant de lacune dans la formation. Le tout enceinte. Le tout face à une inspectrice qui ne m’a pas cru quand je lui ai dit que ma tutrice rejetait tout ce que l’ESPE validait et me faisait tout refaire à sa façon à chaque fois. J’avais donc une pression monstre durant cette deuxième année de stage qui, couplée au sentiment d’avoir abandonné mon enfant, m’a détruite à petit feu.

J’étais au niveau -100 de la confiance en soi. Avec l’amère sensation que l’Education Nationale m’avait volé la première année de vie de mon enfant, et l’accablante culpabilité que je l’avais laissé faire.

Je tirais mon lait pour le lactarium également, avec une collectrice froide et mal-aimable qui commentait des “C’est tout?” quand elle venait récupérer mon lait.

Estime de soi -100
Culpabilité +1000

La seule chose que je réussissais dans tout ce merdier, c’était mon allaitement. Mon phare dans cet ouragan, c’était nos tétées. Nos moments privilégiés. La certitude que là, je lui donnais le meilleur. Que ça, au moins, je ne pouvais le rater. Je ne voulais qu’une chose : tout arrêter et être avec mon fils. Vivre ma maternité telle que je l’avais souhaitée bien que j’ai laissé les autres/la société/les diktats me voler notre première année. Tout arrêter et oublier le monde autour de moi.

Alors j’ai tout envoyé bouler

3 Replies to “Et puis j’en ai eu marre – SMAM2018”

  1. Eh bien, c’est ce qu’on appelle cumuler… J’en suis désolée pour toi. Je ne sais pas qui est la pire entre la iblc et celle du lactarium. Je donne aussi mon lait, et j’y tiens beaucoup, mais ce n’est pas toujours évident. Justement entre les poussées de croissance, les dents, les vacances où t’es pas chez toi, la canicule où benne tête h24… Mais ma collecttice est cool pour le coup.
    J’ai fait psycho, alors oui je veux bien que les mots aient un impact sur les choses mais de là à te reprocher de l’appeler tetouillon et de trouver “si facilement la solution”. Et dire qu’on promeut à fond ces conseillères sur les réseaux !
    C’est clair que c’est pas toujours facile. Une nuit très récemment j’en ai eu marre de l’allaitement parce que bébé au sein toute la nuit. Et puis le lendemain je me sus dis que ma nuit aurait été bien bien pire sans l’allaitement 😊

    1. Oui j’ai cumulé 😅 C’était une période où la vie m’a poussée dans me retranchements on va dire 🙄
      J’ai donné pendant 9 mois, je ne regrette pas. Après demain je pu lie un article sur mon experience de don justement ✨
      Pour les conseiller.e.s IBCLC c’est comme partout : y a des personnes moins compétentes que d’autres. Ou moins compatibles avec certaines personnalités que d’autre… Ça me semblait important de témoigner de mon experience negative pour rappeler à celles qui lisent de se faire confiance avant tout. 🙏
      Et oui, les nuits sans allaitement sont bien pires ( enfin si je compare mon vécu à celui des parents de ma nièce de 6 mois 😅)

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