Belle-maman toxique et culpabilité


Belle-Maman, Billets d'humeur / Monday, January 7th, 2019

Pour celles qui n’ont pas suivi sur Instagram, les fêtes de fin d’année se sont mal passées dans ma belle-famille et ça a été l’incident, l’attaque, la lettre de trop avec belle-maman me concernant. Je l’ai bloquée pour qu’elle ne puisse plus me contacter. Trop c’est trop.

Je pensais la chose résolue.

J’avais analysé (à tort ou à raison) la situation suffisamment pour comprendre qu’elle est en grande souffrance depuis longtemps, mais que ce n’est pas pour autant à nous de subir ni de porter sa/ses souffrance(s), et que nous prenions la bonne décision en nous coupant d’elle et de la toxicité de ses comportements.

Emballé, c’est pesé ! On passe à la suite.

Couper des gens se sa vie ne veut pas dire que vous les détestez. Ca veut simplement dire que vous vous respectez. Tout le monde n’est pas censé rester dans votre vie.

Mon cerveau gauche a analysé la situation, trouvé des explications, pas besoin de traîner plus longtemps sur le sujet ni de donner plus d’espace à celle qui nous a déjà fait tant de mal. Sauf que mon cerveau droit, lui, a eu franchement du mal à accuser le coup et digérer ces ultimes incidents et attaques. J’ai fait une semaine d’insomnie, semaine durant laquelle j’ai perdu 1Kg (en débutant le dernier trimestre de grossesse, quoi de mieux hein ? é_è) et mes contractions ont repris de plus belle alors que mon Mommy Break au bord de la mer les avait (enfin!) faites cesser…

J’ai fait un live d’une heure sur Instagram pour vider mon sac. J’ai reçu énormément de messages de soutien, d’encouragements, et de témoignages de situations similaires. Je ne vous en remercierais jamais assez ! Tous ces échanges m’ont tellement apportés ! Tous vos mots, même juste les “Courage” accompagnés de smileys, m’ont aidée à un point que vous n’imaginez pas !

Suite au live de “décharge” émotionnelle, je me suis dit que j’allais coucher par écrit toutes les mésaventures que j’avais traversé avec ma belle-mère. Ca me ferait du bien et, avec un peu de chance, ça permettrait de continuer de partager sur ses parents et beaux-parents toxiques.

J’ai juste posé des titres en vrac. En un quart d’heure j’en avais déjà plus d’une trentaine. J’ai commencé à écrire. En une heure j’ai écrit donc 5 articles. Posée au coin du feu, j’ai tapé frénétiquement sur mon clavier. Un article fini, j’enchainais sur le suivant, comme une fumeuse qui allume sa prochaine clope avec sa précédente. C’était frénétique, c’était cathartique, c’était presque jubilatoire de sortir enfin tout ça, de reprendre les évènements, de mettre en mots certains épisodes très douloureux, d’autres plus anecdotiques mais qui viennent rajouter leur poids à la charge totale des attaques subies.

La plus grande erreur que j’ai faite dans ma vie et de laisser les gens y rester plus longtemps qu’ils ne le méritaient.

Et puis l’écoeurement.

Le coeur lourd. La tête qui tourne. La nausée. L’incompréhension.

Pourquoi on a subi ça pendant tant d’année ?
Pourquoi on s’est laissé faire ?
Pourquoi on a joué le rôle des parfaites petites victimes ?
Pourquoi, tels des chiens battus, on y est retourné sans cesse en espérant un geste tendre de la main qui ne sait que frapper ?
Pourquoi on a exposé notre fils ?
Pourquoi on lui a même confié notre fils ?
Pourquoi on a cru que le problème c’était nous ? Est-on égocentré à ce point ?
Pourquoi on n’a pas fermé la porte plus tôt ?
Pourquoi, Grands Dieux, POURQUOI a-t-on laissé cette femme nous faire tant de mal et si souvent ?

Qu’est-ce qui ne va pas chez nous ?

La gueule de bois. Celle où tu te dis “Plus jamais. Celle où tu te dis “J’suis vraiment trop conne de m’être infligée ça”. Celle où tu sais que tu vas mettre du temps à récupérer. Tu pourrais blâmer tes potes qui t’ont resservie maintes et maintes fois. Tu pourrais blâmer “une dernière chanson, allé!” qui t’a fait rater le dernier métro. Tu pourrais te trouver toutes les excuses de la terre, mais au final ta gueule de bois tu ne la dois qu’à toi. Voilà comment je me sens par rapport à ma belle-mère aujourd’hui : certes ses souffrances induisent clairement des comportements toxiques (surtout dirigés contre nous) mais nous ne pouvons pas tout mettre sur son dos. Nous avons été des victimes consentantes. Voilà comment je me sens.

Mais gueule de bois c’est la culpabilité de ne pas avoir dit “stop” / “non” / “ça suffit” / “on s’en va” / “tu vas trop loin” / “laisse nous” plus tôt.

Encore une fois mon cerveau gauche fait plus que bien son boulot, j’arrive à expliquer/justifier d’avoir laissé la situation trainer si longtemps :
– ce n’était pas ta décision à prendre mais celle de ton homme
– si tu avais coupé les ponts toi il aurait pu t’en vouloir plus tard
– tu as fait confiance à ton homme qui faisait confiance à sa mère
– tu as longtemps espéré et travaillé activement à une amélioration des relations
– c’est aussi ce qui fait sa toxicité : regagner sans cesse votre confiance pour, aussitôt acquise, pouvoir vous attaquer à nouveau
– tu as tendu l’autre joue
– tu as cru à toutes ses phases où elle se contenait
– la remise en question permanente fait partie de tes qualités, mais aussi tes défauts ; la plupart du temps ça t’aide, mais là ça t’a desservi
– tu as compris ce qu’elle traversait à certains moments, tu as ressenti certaines de ses souffrances, ça t’a empêché de te protéger

Encore une fois, mon cerveau droit a beaucoup plus de mal à processer tout ça. Après les sentiments de colère, frustration et injustice, après l’euphorie engendrée par la libération de la parole, après la catharsis du recensement et du début de rédaction de tout ce qu’elle nous a fait traverser, je suis un peu submergée par la culpabilité.

Pardonne toi de ne pas avoir su ce que tu ne pouvais pas savoir avant de l’avoir appris.

Je SAIS que ça passera. Je suis en capacité de COMPRENDRE que c’est aussi le propre des personnes toxiques d’enfermer leurs victimes dans un schéma. Mais ce que je RESSENS est encore très lourd et compliqué à digérer.

J’ai cessé de rédiger les articles, je n’ai pas le courage de continuer pour le moment.
Je ne sais même pas si je publierais finalement ceux déjà rédigés.
Je me sens tellement coupable que c’est finalement dur d’exposer tout ça.

2 Replies to “Belle-maman toxique et culpabilité”

  1. Ecrire, partager, crier son ressenti c’est pas interdit. Ici tu n’as pas a être coupable de vouloir faire sortir tout ça. Et si tu ne souhaite pas partager publiquement ses mésaventures, tu peux juste les écrire sur un bout de papier et puis le jeter, le brûler pour te libérer de ça. Ça peut paraître bête mais c’est symbolique et ça aide vraiment à passer à autre chose.
    Son passé, ses actes, ses paroles ça lui appartient et toi/lui/vous avez fait ce que vous pouviez à ce moment-là. Il a fallu prendre en compte plein de paramètres. Il n’est pas toujours évident de dire ses vérités à une personne. Surtout ne sachant pas comment celle-ci va réagir et répondre. Et puis là il y a les enjeux familiaux. Comme tu le dis, c’était avant tout à ton homme de prendre cette décision car c’est sa maman et il aurait pu te reprocher de l’avoir éloigné d’elle.
    J’espère pour elle qu’elle arrivera à avancer, à se remettre en question pour aller mieux.
    Et je te souhaite bon courage,
    Bise

    1. Merci pour tes mots. C’est également tout ce qu’on souhaite : qu’elle avance et aille mieux. Le but de couper les ponts ce n’est pas de la punir ni de la faire souffrir mais de nous protéger de ses comportements toxiques. J’ai écrit plein de chose dans mon carnet pour quand je serai Belle-Mère et Grand-Mère et j’ai décidé de distiller ici certaines anecdotes en fonction des échanges que j’ai sur Instagram et qui me rappellent les méfaits de ma belle-mère. Je suis au final assez contente, car ça suscite des échanges et au moins celles qui ont une BM comme la mienne ou pire savent qu’elles ne sont pas seules 🙂

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