BébéSourire est né à la maison et je te raconte TOUT


#MakingABaby / Monday, April 8th, 2019

Si tu me suis depuis un moment, tu le sais, le choix de l’AAD (accouchement assisté à domicile) n’était pas un coup de tête et encore moins un caprice. C’était un projet ancré en moi depuis longtemps. Projet que j’ai l’immense bonheur d’avoir réalisé et que je relate ici.

La grossesse

Petit résumé de la grossesse : j’ai été arrêtée très tôt, vers 4 mois et demi de grossesse, car j’ai un utérus contractile qui était fortement incompatible avec le 2h20 de trajet quotidien que je devais faire pour aller enseigner dans le département d’à côté. J’ai donc beaucoup contracté tout au long de cette grossesse à raison d’une vingtaine de contractions par jours (en moyenne). S’est rajouté à sa la déscolarisation de MiniCaptain sur la période Toussaint-Noël, puis la position en siège de BébéSourire jusque tard dans la grossesse et puis un travail qui a commencé quelques jours avant l’accouchement.

Stade 1
Le travail

La phase de latence

Le travail a commencé mardi 19 mars. Contractions régulières dés midi, je perds une belle partie du bouchon muqueux et j’ai un peu de sang dans les pertes qui suivent, signe que le col travaille. J’ai fait rentré mon homme du boulot, j’ai fait venir mon père qui habite à deux heures de route (dont la mission était d’occuper le grand) et j’ai appelé ma SF de garde. Tout le monde est arrivé. J’étais persuadée que le travail commençait. Ma SF m’a observée une bonne heure et m’a dit que oui, le travail avait commencé, mais que c’était encore la phase de latence.

“Essaie de t’occuper, de ne pas y penser. Parce qu’autant t’accouche dans la nuit, autant t’accouche dans 5 jours.”

J’étais tellement déçue parce que j’y avais vraiment cru ! Et vexée aussi de m’être trompée. Le lendemain, mercredi, avec mon père (quitte à ce qu’il soit là et qu’il reste, autant en profiter) j’ai été hyperactive : courses, bricolage, jardinage, travaux de décoration dans la maison… Je ne me suis pas ménagée. Nous avons pu enchaîner avec notre séance photo de grossesse finalement. Séance qui s’est merveilleusement bien passée avec notre photographe adorée qui avait déjà immortalisé la grossesse de MiniCaptain. Une journée intense en activités physiques, riches en émotions, mais à part une grande fatigue et des épisodes de contractions régulières, il ne s’est pas passé grand chose de plus.

Jeudi matin avec mon Captain, nous tentons un câlin pour activer les choses. Comme j’en ai déjà parlé ici, le pregnancy sex c’est vraiment extraordinaire ! Mais malgré un orgasme cosmique (je crois que je m’en souviendrais sincèrement toute ma vie), rien ne se met en route. Même pas de contractions post-orgasme qui, d’habitude, sont quasi instantanées. Pourtant dans la journée, j’aurais des épisodes de contractions, mais rien ne bouge.

Vendredi, pas le moral. Je veux bien “ne pas y penser” mais c’est dur quand j’enchaine des épisodes de contractions régulières qui me font espérer que le travail commence. D’ailleurs la journée de vendredi commence ainsi, avec un bel épisode de contractions dés 3h30 du matin. Mon Captain décide de rester, en se disant que sa présence rassurante m’aidera peut être à passer en phase active. Je culpabilise un peu… Il dira quoi lundi s’il doit retourner au boulot parce que c’était encore une fausse alerte ?

Le fait est que je perds vendredi dans la matinée ce qui semble être la fin du bouchon muqueux et je change 5 fois de culottes en 2h… Je finis chez nos sages-femmes pour faire un monitoring et contrôler mes pertes. Il s’avère que BébéSourire se porte comme un charme et que j’ai fissuré la poche des eaux. Les sages-femmes me laissent 24h avant de démarrer l’antibiothérapie et 48h avant un transfert en maternité pour faire naître BébéSourire s’il ne se décide pas.

On rentre chez nous vendredi soir sachant que, quoiqu’il arrive, BébéSourire sera parmi nous au plus tard dimanche. Ma SF nous avait conseillé de profiter de notre soirée : massage, restaurant, promenade en amoureux… Mais c’était sans compter sur les contractions qui se font fortes. J’opte seulement pour un massage de mon homme, qui se transformera en massage à 4 mains car MiniCaptain voudra aussi me masser, comme il l’a fait à chaque fois que je me mettais de l’huile sur le ventre. Je lui annonce qu’au plus tard dimanche, son frère sera né. Cette nouvelle nous réjouit. Quelque soit la manière dont il nait (à la maison d’ici dimanche, ou en césarienne à l’hôpital dimanche), j’aurais mon fils dans mes bras dans 48h! On annonce la nouvelle à mon père qui s’apprêtait à rentrer chez lui pour le week end retrouver sa nouvelle chérie. Il reste pour gérer MiniCaptain puisque nous avons la certitude que ce week end Bebe Sourire naitra.

La phase active et la phase de transition

Je ne saurais dire combien de temps elles ont duré respectivement, mais ensemble elles ont duré moins de 3h. Oui, ça a été TRES rapide.

On se couche tard vendredi soir. Je contracte beaucoup. MiniCaptain est très agité, il ne veut pas aller dormir. On essaie de regarder l’épisode de la semaine de Star Trek sur Netflix, mais MiniCaptain ne cesse de faire irruption dans le salon. On finit par l’endormir avec nous et le transférer dans sa chambre. Et on s’endort aussi en suivant, un peu avant minuit donc. Je dors mal à cause de quelques contractions. Je n’ose pas trop bouger.

A 2h20, j’ose me tourner sur le côté et je suis réveillée en sursaut par un “poc!” que je ne reconnais que trop bien : je viens de rompre franchement la poche des eaux. Je me lève d’un bond et je créé une flaque par terre. Premier réflexe, j’allume ma lumière pour contrôler la couleur du liquide (translucide tout va bien, teinté vert ou marron direction la maternité en urgences). Il est translucide, ouf. Je respire. Enfin juste le temps qu’une grosse contraction arrive et vienne agrandir la flaque. J’attrape une serviette de bain à proximité et je la pose à mes pieds. Pas de doute, la phase active a commencé! Je ne perds pas de temps, j’annonce au Captain désormais réveillé que c’est pour cette nuit et nous appelons notre SF de garde.

MiniCaptain est né 4h après la rupture de la poche des eaux. BébéSourire est un deuxième bébé, ça fait déjà 4 jours que je suis en phase de latence. Aucun doute que ça ira vite (et fort). Entre les contractions, en attendant l’arrivée de notre SF, nous faisons notre lit comme les sages-femmes nous l’ont indiqué lors des cours de préparations à l’accouchement : un drap propre, une bâche plastique (bâche de peintre) et un vieux draps par dessus (ça permet d’accoucher et ensuite de virer le draps sale tout en ayant le lit de fait en dessous de la bâche sans avoir à trop bouger maman et bébé après la naissance, tu vois l’idée?). Une fois le lit fini, je contracte de plus en plus fort. J’ai besoin de mon Captain. Je plonge mes yeux dans les siens à chaque vague. Je respire. J’essaie de bouger mais parfois je bloque. J’ai BESOIN de son regard pour ne pas sombrer. Ça fait mal. Ca va crescendo. J’ai des petits épisodes de stress entre les contractions. Mais tant qu’il est là, je me sens capable de traverser ça.

Entre deux contractions, je lui dis d’aller allumer les lumières extérieures et de déverrouiller la porte d’entrée pour ne pas avoir à me laisser quand la SF arrivera. A chaque fois qu’il quitte la pièce, j’ai franchement l’impression que je ne vais jamais m’en sortir. Je suis perdue, désorientée et terrifiée sans lui auprès de moi. Notre SF arrive sur ce qui semble être la fin de la phase active. Elle écoute le coeur de BébéSourire qui reste imperturbable malgré les contractions : il a le même rythme qu’au monitoring de la veille.

Les contractions arrivent de plus en plus fortes. Je commence à faire non de la tête. A dire non. Je suis soutenue par mon homme qui me répète que je gère, que le prends le rythme des vagues comme une reine, que je vais le faire, que je suis en train de le faire, qu’il est fier de moi, que je maîtrise, que je vais y arriver. Ma SF me félicite aussi à chaque contraction, m’encourage, me masse le dos. Mais moi je commence sérieusement à me demander pourquoi j’ai voulu accoucher chez moi à l’ère de la péridurale. Je me vois mourir dans ma chambre, comme une conne. Je me maudis. Je pleure. Je ne cris plus des O des A et des OUIIIIII, mais des “nononononononononon” et je perds ma respiration. Entre deux contractions je déclare “J [ma SF] je suis désolée mais je vais pas y arriver, je crois que je veux aller à la maternité”.

Je me sens honteuse, et dépassée, et j’ai mal, et je ne veux pas mourir (bref, t’as reconnu la phase de désespérance, la fameuse!). Je ne gère plus du tout. Je bloque à chaque contraction parce que j’ai l’impression que je vais vomir. Et je ne veux pas vomir. J’ai grandi avec une soeur hémétophobe, j’ai appris à bloquer les vomis. Et je bloque chaque contractions de la même manière. C’est douloureux. Et je perds pieds chaque fois un peu plus. Et ma fabuleuse SF me répond très calmement, en me regardant droit dans les yeux et en me caressant délicatement le bras : “Y a toujours un plan B, aucun problème.”
Rien que le fait qu’elle me dise que oui, aller à la maternité était toujours une option, me libère mentalement. C’est CLAIREMENT l’élément qui m’a aidé à surmonté la phase de désespérance. Accompagnée par ma SF je reprends le contrôle de mon souffle pendant les contractions, je recommence les vocalises en OUIIII sur les contractions, je parle à mon fils entre les contractions, je lui dis que je l’attends, que j’ai mal mais que je suis heureuse qu’il arrive, que je l’aime tellement, que j’ai hâte de le tenir contre moi… Et quelques minutes plus tard, la phase de désespérance et la phase de transition étaient finies. Pouf! Comme ça d’un coup!

Même pas besoin de vérifier (je n’ai eu aucun TV de la grossesse ni de l’accouchement) je l’ai senti. Tellement puissamment. D’un coup, j’ai été soulagée. Plus de douleurs. Plus de contractions. Plus de sentiment que je n’y arriverai pas, que j’allais y rester. J’étais dans l’oeil du cyclone. Le calme absolu au milieu de la tempête. Une quiétude et un bonheur sans nom m’ont prise d’assaut. J’étais tellement surprise que j’ai regardé ma SF avec l’air ébahi et soulagé. Tellement improbable qu’elle a éclaté de rire en me disant qu’on ne lui avait jamais encore fait! Elle me félicite. Elle me dit que c’est pour très bientôt.

Stade 2
La descente et la naissance

La descente se fait rapidement. J’ai tout juste le temps de boire une gorgée d’eau et de me mettre debout que je sens mon fils descendre dans le canal de naissance (oui parce qu’à ce stade de dilatation et d’étirement des tissus, on n’appelle plus ça un vagin, mais un canal de naissance ^^’) et appuyer sur mon périnée. Et ce cerveau que je n’arrive pas à débrancher cogite à fond.

Il ne faut absolument que je pousse volontairement. Si je pousse trop fort, ma cicatrice d’épisiotomie risque de se déchirer, je le sais. Et je ne veux pas me déchirer. Ca me terrifie. J’ai un trop mauvais souvenir de la suture pour MiniCaptain. Je ne veux pas revivre ça. Je me répète en boucle “Laisse faire ton corps”. Je visualise mes cartes mantras. Quoiqu’il arrive, je ne pousse pas.

Je suis debout. Face à mon homme. J’ai mentalement révisé tout ce qui allait se passer : attendre les contractions, ne pas pousser, le ring of fire, laisser bébé descendre et remonter si nécessaire pour travailler le périnée, accepter la douleur du “ring of fire”, laisser faire le réflexe d’éjection, ne jamais au grand jamais pousser, surmonter la brulure du ring of fire.

La première contraction arrive. Elle n’est absolument pas douloureuse, c’en est déstabilisant, mais ô combien puissante ! Mon corps ne va jamais tenir ! Et avec la puissance de cette contraction, j’ai envie de vomir. Je me suis mentalement préparée à laisser faire mon corps, alors je laisse faire, persuadée que je vais vomir mes deux gorgées d’eau sur mon homme. Rien ne se passe! J’ai des spasmes “comme si” en même temps que mes contractions, mais ces spasmes aident à la puissance des contractions. Rien ne remonte, tout descend. Bébé Sourire descend sur mon périnée. Ca chauffe. Ca brule. Je le sens, il est là.

Ma SF a préparé une bassine d’eau chaude, un gant. Elle m’a mis une alèse entre les pieds par terre. Alèse sur laquelle je vois bien des petits bouts de selles tomber au fur et à mesure que BébéSourire descend. Bouts qu’elle ramasse discrètement pour jeter. Bizarrement, je m’en moque totalement : mon fils appuie sur ma vessie et mon rectum. J’ai déjà vidé ma vessie sur une alèse n’ayant pas eu la force d’aller jusqu’aux WC durant une contraction, c’est pas maintenant qu’il arrive à la sortie que je vais trouver l’énergie d’aller évacuer mes selles, c’est physiquement impossible. Je me suis préparée à laisser faire mon corps, alors c’est ce que je fais.

Je suis debout. En appui sur le Captain. A chaque contraction je rugis. Je me dis que je vais réveiller MiniCaptain qui dort dans la chambre d’en face de l’autre côté du couloir mais je ne peux me retenir. Ce sont des cris de puissance. J’en ai besoin. Je sens sa tête qui arrive. Je sens le brasier du fameux ring of fire. Ma SF me masse le bas du dos, appuie sur mon coccyx à chaque contractions, m’applique un gant chaud sur le périnée. Autant de gestes qui me soulagent et m’aident à ne pas pousser. C’est mon obsession. Ne pas pousser. Ne pas déchirer. Ne pas pousser. Ne surtout surtout surtout pas pousser. La tête couronne. Mon Captain est à genoux. Je suis en appuie sur ses épaules. Il pleure. Je tends fébrilement une main tremblante pour sentir. Mes lèvres sont écartées, tout me brûle de l’anus jusqu’au méat urinaire mais je sens les cheveux et le crâne fripé au milieu des fontanelles de mon fils. Une autre contraction. Sa tête avance jusqu’au oreilles. Ça brule encore plus. Je suis sûre que je suis en train de me déchirer de partout. J’ai envie de pousser pour en finir mais je me retiens. J’attends que mon corps enchaine avec une contraction. Ce qui arrive . Sa tête sort. Ça y est. Il est là. Il pivote pour sortir ses épaules. Je rugis comme jamais je n’aurais cru une humaine capable de le faire, son corps glisse hors de moi. Soulagement instantané. Je ne ressens plus rien. Mon corps tremble. Je suis sous le choc. Il est là.Il est né. Il respire. Il ne crie pas, ne pleure pas, mais j’entends sa voix. Ma SF le tient. Le temps est suspendu. Je ne sens plus mon corps. Je ne vois que mon fils dans la pénombre de notre chambre, éclairé par la frontale de notre sage-femme. Elle me demande si je peux le prendre. Je lui réponds que non, pas tout de suite. Tout mon corps tremble. Le Captain pleure. Je ne sais par quel miracle ou sorcellerie je me retrouve avec lui dan.s Elle l’enveloppe dans des serviettes, on lui met son bonnet. On regarde l’heure en même temps.

BébéSourire, il est 5h27 et tu viens de naître au monde de la manière la plus douce qui soit pour toi : dans le respect de notre rythme à tous les deux. Tu es d’ailleurs si serein et si calme. Tu ne pleures pas mais tu te manifestes gentiment.

Stade 3
La délivrance

Impossible de m’allonger correctement sur le lit. J’étais endolorie par l’effort que mon corps venait de fournir. Il a fallu que le Captain et notre SF me soulèvent, m’aident à pivoter, pour me basculer un peu en arrière sur une montage d’oreiller. Mon corps n’arrivait simplement pas à relâcher la tension. J’avais donc les fesses au bord du lit, le dos basculé sur une montagne d’oreillers et les jambes repliées, les pieds qui tenaient tant bien que mal sur le bord. J’ai tellement mal aux jambes que je les ai étendues sur les épaules de mon Captain, accroupi devant moi (lui mettant au passage du sang partout, car oui, j’avais les jambes ensanglantées, la naissance c’est le chaos). J’ai mon BébéSourire dans les bras. Je le serre doucement contre moi, sans relâche. Le cordon nous gène un peu. Ma SF m’explique qu’aux prochaines contractions que je ressens, je peux pousser pour le placenta. Mais je suis bien incapable de sentir des contractions. J’ai le bassin endolori, les jambes tétanisées, mon bébé cherche le sein…

Ma SF revient. Elle me propose de tester le tabouret de naissance pour l’expulsion du placenta. J’accepte. Comme j’ai eu besoin d’aide pour me basculer en arrière sur le lit, j’ai besoin d’aide pour me relever. Même si le tabouret de naissance est directement devant moi, je n’ai qu’à placer mes pieds devant pour m’y assoir. Même ça j’ai du mal. Captain et notre SF m’aident, m’assoient sur le tabouret, la bassine en dessous. Je saigne, quelque chose sort, c’est désagréable. Ce n’est qu’un caillot. Je veux en avoir fini avec cette délivrance pour pouvoir me concentrer sur mon fils. J’essaie de pousser quand je pense avoir une contraction mais rien ne se passe.

C’est à ce moment là que la porte de la chambre s’ouvre. Il doit être dans les environs de 6h du matin. MiniCaptain vient de se réveiller et, comme tous les matins, il nous rejoint. Il ouvre la porte, et le temps s’arrête pour moi. Je vois mon désormais grand s’interroger brièvement sur le chaos ambiant, me chercher du regard, s’avancer vers moi une fois qu’il m’a repérée et son visage s’illumine soudain à la vision du petit être humain que je tiens dans mes bras. Il cale sa tête contre mon épaule, appelle son frère par son prénom, et lui caresse la tête tendrement.

A partir de là, je ne me rappelle plus vraiment comment se sont déroulée les choses. Je sais que mon placenta a fini par sortir et que le mot “délivrance” a pris absolument tout son sens. Il s’était bien détaché mais était bloqué par le col qui avait déjà commencé à se refermer. Ma SF nous a montré le placenta dans toute son étendu. C’était fascinant de voir la poche de vie qui s’était créée pour que mon fils puisse y grandir. Il a arrêté de battre. Elle le clampe et me tend les ciseaux. J’attendais ce moment avec tellement d’impatience ! Depuis le départ j’avais pris la décision que ce serai moi qui couperait le cordon. Je ne voulais pas que mon Captain se retrouve dans cette position freudienne bancale de “tiers séparateur”. Mon bébé, ma grossesse, mon corps, mon accouchement : mon acte de couper le cordon.

Une fois le cordon clampé et coupé, plus de soucis pour bien positionner BébéSourire au sein. Il tète comme un champion. Je suis tellement sereine. Je crois que je suis simplement en débardeur d’allaitement, j’ai été allongée au fond du lit, je peux étendre mes jambes ensanglantées. MiniCaptain est allé réveiller son papy. Enfin “réveiller” est un bien grand mot : mon père a été réveillé par mon dernier cri de guerrière et les premiers “cris” de naissance de son petit fils. Car oui, mon père était chez nous quand j’ai accouché. Si tu as suivi, il est arrivé mardi lors de la fausse alerte et n’est pas reparti après (bon depuis il est parti, il est retourné chez lui le lundi suivant ; ca a été l’équivalent de notre “retour de maternité”). Mon père mené par MiniCaptain apparait dans l’encadrement de la chambre. Ma super SF me couvre l’entrejambe ensanglantée avec une alèse, me dit qu’elle nous laisse profiter de ce moment entre nous et s’éclipse.

Mon père est ému. J’ai envie de pleurer mais mon corps ne répond pas, trop submergé. Je lui présente son petit fils, je présente son grand-père à mon fils. Combien de grands-parents peuvent savourer la joie d’avoir entendu leur petit-enfant pousser leur premier cri ? Combien de jeunes parents peuvent partager le bonheur d’une naissance instantanément avec leur parent ? Je ne sais plus très bien ce que nous nous sommes dits. Il faut savoir que j’ai été longtemps en froid avec mon père, très longtemps ; que la vie nous a réuni au décès de ma grand-mère et que depuis mon père est mon rock. Je ne sais plus les mots que nous avons échangé, mais j’ai gravé pour toujours dans mon coeur les émotions qui ont envahi la chambre.

Stade 4
Rétablissement

Je crois que c’est LE post qui a fait le plus réagir sur mon Instagram (en dehors de mon récit d’accouchement) : le post sur le post-partum ! J’étais en plein descente d’hormones, j’avais un hématome tellement important que je ne sentais plus certaines zones de mon anatomie (vulve et anus pour ne pas les nommer) et j’avais surtout l’impression que jamais de ma vie ça ne reviendrait à la normale (spoiler alert : tout est revenu comme avant). Et puis il s’est passé un truc bizarre : je comparais sans cesse avec mon emménagement chez nous à l’époque où MiniCaptain est né en me disant “Mais quand même, j’étais pas abîmée ce point”.

SAUF QUE

Quand je suis sortie de la maternité pour MC, les travaux de l’appartement n’étaient pas fini et le déménagement pas fait. Donc je suis allée 3 jours chez ma mère. Ce qui fait que nous nous sommes retrouvés chez nous en tant que famille pour la première fois quand MC avait déjà une semaine. Et le fait d’avoir accouché à la maison me faisait comparer avec le retour à la maison pour MC alors qu’il fallait que je compare avec le séjour à la maternité et le séjour chez ma mère. Tu vois ce que je veux dire ? J’ai réalisé ça quand mon père est reparti le lundi qui a suivi la naissance de BébéSourire. C’était notre événement “retour de maternité” à nous. Finie l’aide précieuse de Papy, on se retrouvait juste entre nous.
C’est là que j’ai réalisé qu’en fait, j’étais grave en forme comparé à l’après naissance de MiniCaptain ! Même carrément plus avancée! A J+3 de l’accouchement pour BébéSourire j’en étais finalement comme à J+12 après l’accouchement de MiniCaptain. D’avoir pris conscience de ça m’a remonté le moral d’un coup !

A ce jour [J+16] je suis TOTALEMENT remise de l’accouchement !

Je vous laisse avec la video du live Instagram au cours duquel j’ai répondu à vos questions. Mes réponses sont également sur Instagram dans ma story permanente sur l’AAD.

One Reply to “BébéSourire est né à la maison et je te raconte TOUT”

  1. Quel récit ! Entre stupéfaction, admiration, fou rire et « oh la la j’aurais pas pu » , je te trouve tellement incroyable ! Et ce qui l’est encore plus, c’est que des millions de femmes à travers le monde et les époques ont vécu cela. Bravo et toutes mes félicitations ❤️

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.