Aliénation des mères 2.0, adieu.


Parentalité / Saturday, December 14th, 2019

Version audio ici

Edit : Je précise que je ne parle pas ici de dérives des Réseaux Sociaux mais de dérives dogmatiques dont les Réseaux Sociaux ne sont qu’un écho parmis tant d’autres.

Réflexions

Mon contexte

Je pense que la première chose à exposer pour poser le contexte, c’est le manque de confiance en ma capacité à être une bonne mère avant même d’être enceinte… C’est dramatique dit comme ça , mais je pense que c’est le lit de toutes les dérives qui ont suivi… Comme je l’ai déjà dit ici je pense, j’ai à peu près tout lu sur le sujet. Je suis rentrée dans la mouvance NVEO via un groupe Facebook sur la parentalité. J’ai assisté à la naissance de l’association STOP VEO et à l’essor de l’OVEO, inconnu à l’époque. J’ai dévoré la bibliographie entière de Filliozat. J’ai même fini par lire des études neurologiques (sur des rats). Bref. Je n’ai pas juste été une maman en manque de confiance quant à sa capacité à être une bonne maman. Pire que ça : j’ai été une maman zèbre en plein doutes. Et mes rayures m’ont portée très loin dans cette utopie parentale, dans ce dogme sectaire.

Car oui, honnêtement, je pense qu’on peut parler de dogme sectaire à ce point. La récente polémique suite au poste de @samueletgaspard en est un symptôme flagrant : d’un côté on loue @gardetesconseils mais de l’autre on applaudit le parent shaming en place publique et sur les réseaux sociaux. Et tu veux savoir le pire dans tout ça ? C’est que j’ai été un jour ce parent prêt à applaudir le parent shaming quand ça allait dans “le bon sens”. Bordel! Quelle conne j’étais! La parentalité soit disant bienveillante est d’une violence inouïe pour les parents. Elle a largement contribué à ma dépression post partum après la naissance MiniCaptain mais je me voilais tellement la face que je persistais malgré tout sur ce chemin toxique.

A la manière d’une secte, cette idéologie éducative m’a coupée de la réalité de ma vie. J’en étais venue à penser que ne pas allaiter et travailler étaient les premières violences qu’un enfant subit. Oui, oui. Moi avec mon certain féminisme de l’époque, j’en étais venue à me dire que pour être une bonne mère, il fallait renoncer à travailler. J’ai été complètement déconnectée de la réalité, de ma propre réalité. Tout ce qui comptait, c’était de mettre en pratique les concepts prônés par cette mouvance éducative.

Et parce que personne jamais ne m’a dit : “Fais toi confiance, tu seras une bonne mère” j’ai cherché à calmer les doutes, j’ai cherché comment entre être une et j’ai trouvé ce mouvement. Je ne vais pas blâmer mes fautes de mère sur les autres, je te rassure. Mais le fait est que, depuis toujours, je n’ai jamais été rassurée sur la maternité. Et cette petite brèche en moi, agrandie entre autre par belle-maman, les réseaux sociaux l’ont transformée en Grand Canyon. Comme les futures mamans qui achètent même ce dont elles n’auront jamais besoin pour être sûres que leur bébé ne manque de rien, j’ai plongé corps et âme dans ce qui a été toxique non seulement pour moi, mais aussi pour mon couple et surtout pour mon enfant.

L’emprise du doute

Entendons nous bien : à ce jour je n’éprouve plus de culpabilité maternelle ni même de culpabilité d’avoir adopté ce que je pensais être la meilleure façon d’être parent. Mais cette culpabilité maternelle qu’on a toutes traversée à un moment, je l’ai portée pendant des années. Hell! Elle m’a même définie. Je n’étais que culpabilité. Une attitude très constructive alimentée par toute la mouvance de cette éducation d’un genre nouveau.

Dans un monde où l’on vous dit que donner un surnom affectueux à son bébé et le soigner lorsqu’il est malade sont des violences, la jeune mère peu sûre d’elle que j’étais ne voyait plus que des VEO (Violences Éducatives Ordinaires) à toutes les sauces. Les journées s’enchainaient et tous mes gestes rentraient dans une certaines définition des VEO : je choisissais les menus des repas, VEO ; je le lavais, VEO ; je le berçais pour qu’il s’endorme quand il était fatigué, VEO… Et bien oui, VEO parce qu’adultisme puisque j’essayais de faire rentrer mon enfant dans ma vie compliquée d’adulte sans prendre en compte qui il était réellement, bien sur! Oui, oui. C’est le type de discours qu’on entend du côté “bienveillant”. J’ai même lu des mamans mettre en place des frigos pour leurs enfants de 2 ans “pourqu’il puisse s’autoréguler et apprendre à gérer” applaudies par toute cette communauté. Et toi tu te retrouves face à l’assiette smiley de ton fils de 18 mois en train de te demander si c’est VEO ou pas de décider du contenu des repas après qu’on t’ait reprise parce que faire un smiley avec de la nourriture pour l’inciter à manger, c’est de la manipulation. Oui, je sais, ça semble ridicule présenté comme ça. Mais dans le contexte d’un manque de confiance en sa capacité à être un bon parent, ce genre de raisonnement s’infiltre jusqu’à la couenne à t’en faire perdre tout bon sens.

Parce que les advocateurices (<– écriture inclusive) de l’ultra bienveillance jouent très bien sur ce manque de confiance, sur cette culpabilité parentale. Pire même : on t’assène que si tu te sens coupable, ce n’est pas de leur faute, mais de la tienne. Ben oui, voyons! “Ta culpabilité c’est la preuve que quelque chose ne va pas, que tu n’es pas en adéquation avec tes valeurs” Et ça, mesdames et messieurs, c’est une rhétorique d’oppresseurs. Certes, à la base la culpabilité est utile comme mécanisme d’auto régulation dans les interactions sociales, mais c’est aussi une émotion très forte qui peut être générée, attisée et instrumentalisée. La première fois que j’ai entendu cet argument de la culpabilité endogène, c’était au sujet des mères qui donnent le biberon vs. les mères qui allaitent. Évidemment, je me suis rangée du côté qui m’arrangeait (celui des allaitantes qui ne font “qu’informer, si tu te sens coupable ça vient de toi”) bien que cet argument me faisait grandement tiquer. Et en creusant plus loin cette question de la culpabilité endogène qui ne peut soit disant pas être provoquée par de simples arguments “factuels”, j’ai buté : quid de la culpabilité ressenties par des victimes (d’agressions, de pervers narcissiques, de manipulateurs, de parents toxiques…) ? Vous voyez de quoi je parle ? Vous commencez à comprendre pourquoi il est important d’impacter les parents pour qu’ils continuent d’acheter livres, formations et autres coachings ?

Burn out parental

N’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : je ne suis pas pour le droit de correction, encore moins la fessée, l’humiliation, la peur… Un enfant est une personne. je suis entièrement d’accord. Et, personnellement, quand une personne va trop loin, je lui mets un stop. Je n’essaie pas dans un premier temps de comprendre, d’expliquer, d’entrer en empathie, encore moins de subir. Non. Quand ça va trop loin pour moi, je stoppe. Plus ou moins fermement. Avec plus ou mois de véhémence. Mais je respecte mes propres limites (et encore, ça m’a pris du temps parce que “le patriarcat”, mais ce n’est pas l’objet de l’article). Ça parait assez censé exposé ainsi mais faites la même chose avec un enfant et vous vous ferez accuser d’adultisme, au mieux, de violence, au pire. Parce que tu te dois, en tant que parent “bienveillant”, de tout subir de ton enfant, parce que l’adulte capable de gérer ses émotions c’est toi, et si t’en n’es pas capable, pauvre enfant ! La forme dit “bienveillance éducative”, le fond dit “tu l’as voulu, tu l’assumes, c’est pas à lui de te subir”. Aliénation des parents 2.0, bonjour.

Donc tu prends sur toi, tu te contiens, tu paies des livres, des formations, des coachings pour être encore mieux armée en tant que parent et pourtant ça ne va pas mieux. Ça empire. Jusqu’au jour où tu craques. Tu cries. Tu pleures. Tu es convaincue que ton enfant est marqué au fer rouge à vie par cette explosion au grand jour de ton burn-out parental. Et la spirale de culpabilité peut recommencer. Pourquoi suis-je une si mauvaise mère ? Pourquoi ça n’a pas marché ? La réponse est pourtant d’une évidence déconcertante : nous, parents et enfants, sommes une somme d’individualités qui ne pouvons toutes fonctionner sur un même mode. Cette mouvance éducative nie purement et simplement l’individualité des parents comme des enfants en plus d’occulter tout ou partie du monde dans lequel on vit et des réalités sociales, culturelles et économiques des parents (qu’on se le dise, l’IEF c’est un truc de privilégiés qui n’ont même pas conscience d’avoir des privilèges).

Concrètement

C’est donc emprisonnée dans cette utopie qu’il n’y a qu’une seule manière d’être un bon parent que j’ai porté en mon foyer toutes ces dérives sectaires.

Exemple de toxicité de cette idéologie

Vous avez été extrêmement nombreuses à me demander sur Instagram des exemples concrets de comportements bienveillants qui ont nui à MiniCaptain et participé à l’apparition de ses troubles anxieux. Je vais essayer d’évoquer certaines situations mais je voudrais quand même attirer l’attention sur un fait majeur : la dérive que cette mouvance éducative représente ne se résume pas en une liste de DOs et DONTs, elle est globale. Ce n’est pas en évitant les situations qui, ici, ont été nocives que vous éviterez pour autant d’insécuriser vos enfants. Ton enfant n’est pas le mien. Tu n’es pas moi. Pars de toi et tes enfants si tu as des doutes, pas de quelqu’un d’autre.

“Accueillir et accompagner les émotions de l’enfant”


Mon grand a un canal d’expression principal pour toutes ses émotions : la colère. La colère et la violence physique qu’elle peut entrainer. En grandissant et depuis qu’on sort de cette mouvance, l’expression des émotions se nuance, fort heureusement. Mais pendant des années, ce n’était que colère et violences. D’abord violences contre lui (il se frappait la tête au sol à s’en faire des hématomes) puis contre nous (coups, morsures, crachats, jets d’objets). A l’époque, j’étais sur un forum de mamans toulousaines et j’ai cherché des recommandations de pédopsychiatre “bienveillante” pour le coup, puisque j’étais à fond dans le dogme qui antagonise globalement le corps médical. Un nom est ressorti souvent, appelons là Anna la psy. Nous sommes donc allées voir Anna la psy, en exercice depuis 10 ans qui dispensait même des formations à certaines collectivités à en croire ses propres dires que je n’ai pas eu la présence d’esprit de vérifier. Je vous la fais courte : il fallait que nous le laissions faire, il finirait par s’autoréguler. Elle même, nous a-t-elle confié, a passé 5 ans à se faire frapper, griffer, insulter, etc par son enfant. Elle avait même renoncé à en faire un deuxème “parce que c’est quand même beaucoup à encaisser” (LOL). Mais comme elle avait été recommandée par le forum, et qu’elle était dans le dogme, nous l’avons écoutée. Il s’en prenait à lui. Il s’en prenait à nous. Sous validation d’une professionnelle, elle aussi dans le dogme. Ainsi faisant, nous sommes passés à côté des négligences dont il était victime à la crèche. Et la violence a continué et escaladé. Pour les moindres frustrations, il explosait.

Seulement voilà, notre MiniCaptain, submergé par ses émotions, aurait eu besoin qu’on les stoppe pour lui, qu’on mette fin à ses tempêtes dévastatrices qui l’emportaient malgré lui, tel le naufragé au milieu de l’océan. L’immaturité de son cerveau fait qu’il ne pouvait pas gérer ses émotions, certes MAIS pour être rassuré dans ces tempêtes, il aurait eu besoin qu’un adulte le contienne, le protège, l’empêche de (se) faire mal. Donc “accueillir les émotions de l’enfant” mes ovaires! Les dernières tempêtes émotionnelles, il les a passées dans les bras de son père (ceinturé, soyons clairs), assuré que nous serons toujours là pour le protéger des tsunamis qui le traversent, rassuré de trouver un phare inébranlable dans la tourmente de ses émotions. Laisse moi te dire que la première fois, toute encore endoctrinée que j’étais, j’en ai pleuré dans le cabinet de la psy qui nous a encouragé à la faire (toute lucide et non endoctriné qu’elle était, elle a bien compris). Il a passé 2h à hurler et se débattre dans les bras de son père et a fini par s’y endormir d’épuisement. Et pourtant, ce jour là, quelque chose dans leur relation père-fils s’est réparé, s’est consolidé. Ce jour là, il a su que oui, vraiment, son père serait TOUJOURS là pour lui QUOIQU’IL ARRIVE et qu’il ne serait plus jamais naufragé dans ses tempêtes balayés au gré des courants sans personne pour lui venir en aide.

MiniCaptain avait besoin qu’on jugule pour lui les tempêtes, qu’on lui serve de refuge, qu’on le protège, qu’on se protège. C’était terrifiant pour lui d’être ainsi emporté par ses émotions et de n’avoir personne pour l’en sauver.

“Un enfant connait ses besoins”

Un autre grand principe de cette mouvance éducative dogmatique, c’est que l’enfant SAIT. Il ne faut pas l’inviter à manger une cuillère supplémentaire, il sait mieux que ses parents qu’il n’a plus faim. Il ne faut pas le mettre au lit s’il ne veut pas, même s’il est épuisé, il sait mieux que ses parents quand il sera prêt à dormir. Il ne faut pas lui changer une couche pleine s’il refuse, il sait mieux que ses parents si ça le gène ou pas. Il ne faut pas lui mettre un bonnet s’il fait froid, il sait mieux que ses parents s’il a froid ou pas. Et s’il ne sait pas ? Tant mieux ! Ca lui permet d’expérimenter ! Et en attendant, que fait le parent ? Il s’accommode. Il est invité à anticiper et suivre. “Prends le bonnet avec toi, quand elle aura froid elle te le réclamera, tu l’auras. Et puis si son otite repart, ça sera l’occasion de lui expliquer que c’est la conséquence naturelle de s’exposer au froid sans bonnet”. Promis, je ne caricature rien. Tout ça je l’ai entendu, vu, lu. Cette fameuse conséquence naturelle qui est censée faire comprendre la vie à nos enfants! J’ai pris l’exemple du bonnet qui doit certainement te faire sourire tant il rentre naturellement dans la charge mentale maternelle, mais ces petites accommodations sous couvert de bienveillance s’accroissent avec l’âge de ton bébé et mènent à de l’hyperaccomodation. En clair : tu finis par organiser l’ensemble de la vie de famille en fonction de ton enfant. Tu ne vis plus que par et pour lui.

Mais en quoi est-ce insécurisant, me demanderas-tu certainement. Et bien, en organisant ton quotidien exclusivement autour de ton enfant, tu fais peser sur lui le poids de l’épanouissement de tout le monde. Imagine le potentiel anxiogène, en tant qu’adulte avec un cerveau mature, si la personne que tu aimes par dessus tout organisait toujours tout en fonction de toi, au détriment de son propre épanouissement, de son bonheur voire même de sa santé. Imagine que, pour toi, cette personne que tu aimes plus que tout en arrive au burn-out. Comment te sentirais-tu ? Maintenant, imagine ce qui pèse sur les épaules d’enfants dont le cerveau est immature et en cours de construction. Tu comprends un peu mieux le caractère toxique que peut revêtir cette éducation pour certains enfants ?

Quand les choses ont changé

Chez nous, il a fallu vraiment beaucoup de temps et de réflexion pour mettre le doigt sur tout ça et entamer une déconstruction. Je passe volontairement sous silence l’impact que ça peut avoir sur un couple. Nous on a tenu mais j’en connais qui ont fini par se séparer. Ce qui nous a sauvé c’est la scolarité compliquée de MiniCaptain couplée à l’arrivée de BébéSourire. Cette combinaison détonnante a défoncé la porte de la déconstruction et a forcé le processus. J’ai déconstruit cet endoctrinement par la force des choses. Et je sors de cette doctrine un peu comme on se réveille d’un rêve : au début on ne fait pas bien la distinction entre rêve et réveil, quelques secondes plus tard on comprend à la fois qu’on est en train de rêver et de se réveiller, on commence à relever les incohérences du rêves et à éprouver les sensations physique du réveil, puis on finit par quitter le rêve en se disant que, quand même, il était un peu chelou ce rêve. Voilà. J’en suis là. C’est quand même chelou d’avoir dérivé si loin dans une idéologie de parentalité qu’on a fini par provoquer chez son enfant tout l’inverse de ce qu’on souhaitait pour lui. C’est chelou d’avoir été autant déconnectée de la réalité. C’est chelou cet impact qu’ont les réseaux sociaux à démultiplier le biais de confirmation

C’est donc la grossesse et la venue au monde de BébéSourire qui m’ont permis de vraiment prendre mes distances avec cette mouvance éducative. Je n’étais plus 100% disponible pour mon grand et je ne voulais pas faire de BébéSourire un second MiniCaptain, violent et insécurisé (toute encore marquée que j’étais par l’idée que l’éducation fait tout tant la négation de l’individualité est forte dans ce courant de pensée). Je me suis décentrée de mon premier fils pour le bien être de tous, le sien en premier.

Ça ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Le processus de réflexion a été long (je dirais même qu’il est encore en cours) et il m’a fallu l’intervention quasi divine d’une personne de confiance pour finir de me réveiller complètement. Maintenant vous vous demandez sûrement si j’ai du coup recours à des VEO pour élever mes enfants. Tout dépend du point de vue qui me lit. Pour le commun des parents : loin s’en faut! Pour les parents endoctrinés : appelez les services sociaux!

Ce qui a changé

Je ne laisse plus jamais seul MiniCaptain dans ses tempêtes émotionnelles. Je ne laisse plus le temps aux tempêtes d’arriver. Dés qu’il commence à montrer des signes de violences ou d’agressivité, je le mets dans sa chambre. Je lui ai présenté les choses une seule fois, lui disant qu’il avait le droit d’éprouver toutes les émotions qu’il connait mais que dorénavant je m’opposerai calmement à toute violence. Je lui ai dit “Mon coeur, tu n’es plus seul. Nous serons toujours là pour te sortir des tempêtes de ton coeur” et il m’a serrée si fort que j’ai su que c’était la bonne chose à faire. Je lui ai présenté ma solution de le mettre dans sa chambre et il l’a acceptée “Comme ça je pourrais jouer ou lire en attendant que la colère parte”. Il sait qu’il a le droit d’être en colère. Il sait que la colère n’a pas le droit d’amener la violence.

J’ai arrêté de le regarder dériver au gré de ses émotions qui le submergent. J’ai arrêté de lancer des bouées de sauvetage aussi inutiles qu’inefficaces (coussin de la colère, bouteilles de retour au calme, couleur des émotions, etc). Je sors directement en mer avec mon zodiac, je l’y hisse dessus de force et je le ramène sur le bord du littoral qu’il le veuille ou non. Avoir des émotions oui. Avoir un comportement violent, non. Je ne confisque pas. Je ne menace pas. Je ne punis pas. Je le prends et je le mène dans sa chambre, où la colère peut exploser tout en étant contenue. Je le sécurise. Il fait l’expérience, à l’échelle familiale et entouré d’amour, de ce que son comportement produit en milieu extra- familial : l’isolement (sans amour pour le coup). A l’école c’était compliqué. Au judo il passait le plus clair de son temps exclu du groupe. Et il en souffrait ! Et cette souffrance générait encore plus de tristesse qui s’exprimait par encore plus de colère qui engendrait encore plus de violence. Et ce n’est pas lui, avec toute l’immaturité neurologique d’un enfant de 5 ans, qui allait comprendre et mettre un terme à ce cercle vicieux qui l’amenait à un début de phobie scolaire et à toujours plus d’isolement. Rompre ce cercle vicieux, c’est le rôle des parents. Bien veiller à ce que son enfant puisse s’épanouir au contacte de l’Autre, c’est le rôle des parents.

Et maintenant

“Être parent” redéfini

Et tu sais quoi ? Je me sens enfin légitime en tant que mère. Au bout de 5 ans! Je n’ai pas honte de le dire. Je n’ai pas honte de mon parcours. Je suis fière de là où j’en suis aujourd’hui et j’assume l’errance éducative que j’ai traversée. J’ai compris une chose essentielle : être un bon parent, ce n’est pas suivre les meilleurs des principes, c’est être le parent dont l’enfant à besoin. Pour reprendre une métaphore forte faite par la psychologue qui nous a suivi durant la déscolarisation de MiniCaptain l’an dernier : l’éducation c’est comme l’emmaillotage, certains nourrissons pourront s’endormir en simple body, d’autres auront besoin de la contenance ferme et sécurisante de l’emmaillotage. Ca ne dépend pas du parent, ça relève de l’inné de l’enfant, de son caractère, de son individualité. C’est à nous, parent, d’observer notre enfant pour comprendre s’il a besoin ou non d’un “emmaillotage éducatif”. Ici, MiniCaptain a un très fort besoin de ce dernier.

MiniCaptain

Et il va bien. Bien mieux qu’avant ! Les troubles anxieux diminuent chaque semaine un peu plus. Il verbalise enfin ses émotions et ses pulsions (“Je suis en colère, j’ai envie de taper”) et trouve spontanément des solutions ou, et là grosse nouveauté, nous demande de l’aide pour extérioriser sainement ce qui avant l’aurait submergé et emporté. A l’école les relations s’apaisent, il arrive à mieux se concentrer, il ne se bat plus. Au judo, il s’intègre de plus en plus. Il dort enfin toute la nuit, arrive à s’endormir seul de plus en plus souvent, il progresse concernant son énurésie nocturne, se ronge de moins en moins les ongles… Bref, on a enfin trouvé notre juste fonctionnement de parents pour offrir à notre aîné ce que nous voulions pour lui depuis le départ : une enfance sereine.

L’article touche à sa fin, courage lecteurice qui a tenu jusqu’ici.

Si je devais conclure

Même si j’ai essayé de bien choisir mes mots, je ne suis pas à l’abris d’avoir mal formulé certaines choses et encore moins d’être interprétée à l’opposé de ce que j’ai voulu exprimer (de là à être reprise par des vendeurses de coachings, il n’y a qu’un pas #mefiance). Clairement, la maman endoctrinée que j’étais hurlerait face à un tel article de blog et n’hésiterait pas à faire du mom shaming pour justifier de s’entêter, alors je vous préviens : je vais censurer les commentaires pour que tous les parents auprès desquels cet article fait écho puissent échanger dans les commentaires, sans jugement, sans culpabilisation.

Et à toi, l’advocateurice que l’éducation NVEO/bienveillante/sans violence/en conscience/nomme le comme tu veux, tu sais que je parle de toi qui a certainement quelque chose à vendre, je t’inviterais bien à venir une semaine dans mes chaussures mais, à quoi bon ? Je sais déjà que tout ce que tu revendiques et vends ne marche pas pour mon foyer et que, comme l’homéopathe qui rejette la faute de l’inefficacité du traitement sur son patient qui utilise du dentrifice à la menthe, tu rejetteras sur moi la faute de l’inefficacité de tes méthodes. Autant nous épargner de perdre une semaine.

Je conclurai en te parlant à toi, parent perdu dans toutes ces injonctions “”bienveillantes””, de l’association REACT (Réagir aux Enfants et Adolescents Tyranniques) qui vient en aide aux parents qui ont trop dérivé. J’ai connu cette association via une maman rencontrée au cours d’un atelier de parentalité positive. Elle a TOUT fait. Même des formations avec Filliozat en personne. Elle en était au point de songer renoncer à ses droits parentaux tellement elle était noyée. Et cette association l’a sauvée, elle et son enfant. Et en lisant le livre de la méthode qu’ils appliquent, j’ai dangereusement reconnu le chemin que nous prenions avec l’éducation bienveillante et je serai à jamais reconnaissante d’avoir réussi à prendre conscience et déconstruire tout ça.

Aliénation des mères 2.0, adieu.

69 Replies to “Aliénation des mères 2.0, adieu.”

  1. Quel article,
    J’ai la “chance” d’avoir, avant de devenir mère, appris ce qui me convenait à moi ou non grâce à mon handicap à écouter mon ressenti. Et c’est ce que j’essaie d’appliquer dans ma maternité, écouter mon enfant oui, mais m’écouter moi aussi. Quand il en va de la sécurité que ce soit celle de l’enfant ou celle du parent, car oui la parentalité nous renvoi à nos propre insécurité et c’est la que ça devient dangereux, c’est quand on y est confronté que la dérive et le fait de vouloir se conformer à un dogme arrive.
    Merci de cet article qui en effet en fera réagir plus d’un qui crirait au bûcher, mais je suis complètement d’accord avec ce que tu y avances.

    1. Merci de ce retour. Effectivement, apprendre à s’écouter c’est tout un apprentissage. Et l’insécurité est mère de toutes les dérives. J’espère que mon expérience pour être utile à d’autres pour éviter les dérives !

  2. Je le retrouve tellement dans toute la partie insécurité, vouloir être une bonne mère (oserais je dire une mère parfaite).
    Cette volonté de perfection et mes angoisses naturelle m’ont également conduite sur la voie de la DPP. Je ne sais plus écouter mes propres besoins.
    Je me débat encore avec les injonctions de parentalité bienveillante, ma puce est encore toute petite et je ne sais pas ce dont elle a besoin.
    Mais j’ai accepté que je fais des erreurs et que ce n’était pas si grave. C’est déjà ça.

    1. Merci pour ton commentaire. Si je peux me permettre : ton bébé à besoin de toi, aussi imparfaite sois-tu 🙏
      Fais toi confiance. L’humanité a survécu jusqu’ici sans l’éducation nveo, tu n’as pas besoin d’injonctions nouvelles pour t’en sortir. Tu as la ressource en toi 😘

  3. Merci pour ton article !
    Ton analyse est tellement claire et résonne tellement en la maman zèbre que je suis.
    Cela va beaucoup m’aider dans mes propres réflexions !
    Encore merci 😊

      1. Je découvre ton blog par le biais de PRGR et je ne suis on ne peut plus d’accord avec toi : faisons nous confiance en tant que parent !
        Je crois volontiers qu’il est aisé de se laisser embarquer dans cette mouvance en toute bonne fois (j’ai moi même une amie proche qui prend cette voie là avec sa fille unique, ce qui ne manque pas de m’inquiéter par ailleurs).
        L’éducation est un vaste et passionnant sujet, au sujet duquel le bon sens devrait être à la base de tout me semble-t-il.
        En tout cas, c’est chouette de sentir l’apaisement et le bonheur retrouvé chez toi !

        1. Merci beaucoup ! C’est tout à fait ce qu’il se passe en ce moment dans ma vie : l’apaisement ! Comme je l’avais pressenti, mon article est un chouilla instrumentalisé sur Instagram mais bon, c’est la loi des RS, tant pis ! Moi dans mon foyer j’ai retrouvé la sérénité que toute famille devrait connaître et ça fait du bien.
          Jusqu’au prochain challenge éducatif qu’on rencontrera ! 😉

  4. Merci beaucoup pour ce partage. Bien plus honnête (et difficile j’imagine) de montrer son chemin parcouru plutôt que de venir de donner des leçons aux autres…
    Je pense toujours que la personne qui ose montrer sa vulnérabilité, mérite d’être entendue et écoutée.
    Je suis très contente d’être venue lire ton article. Il m’ouvre les yeux, et me conforte dans certaines idées.
    Merci merci merci 🙏🏽

    1. Merci 🙏
      J’ai pourtant été cette mère donneuse de leçons, mais je ne l’étais au final que pour mieux essayer de me rassurer sur ce que j’essayais de faire et qui ne marchait pas…
      Et oui, il a été difficile à écrire cet article 😅 J’aurais mis un mois et demi à arriver à formuler et articuler les choses à peut près correctement

  5. J’ai retenu une chose de tout ce que j’ai entendu depuis que je suis maman : “on fait ce qu’on peut avec les moyens que nous avons à notre disposition. Un jour à la fois et on y arrivera.” Je ne garde que ce qui me/lui fait du bien.
    Merci pour cet article.

  6. Je ne suis pas encore maman, je n’ai pas grand chose à dire. Juste, je suis heureuse que ça commence à aller mieux chez toi.

    Je pense toujours que les extrêmes sont mauvais. Et de ce que je comprends, j’ai l’impression que ce dogme de « parentalité bienveillante » est carrément extrême vu ce que tu as pu donner comme exemples, comme avec le bonnet. J’ai l’impression que c’est tellement extrême… comme si ce qui comptait le plus était de suivre cette ligne directrice coûte que coûte. Genre, si le petit souffre le martyre a cause d’une otite prochaine fois il pensera à son bonnet, ça m’a choqué.

    Je ne comprends pas comment on peut concevoir que l’enfant puisse souffrir à ce point « pour que ça lui serve de leçon ». Je n’y vois aucune bienveillance. Tout ça pour éviter la bataille du « mets ton bonnet », je trouve que c’est carrément abusé. J’en ai même chialé. (Merci ma trop grande émotivité…)

    Donc j’espère pour toi et ta famille que tout ira pour le mieux, et de mieux en mieux au fur et à mesure du temps. Tu es une personne que j’apprécie beaucoup, je vous souhaite d’être le plus heureux possibles, de vous écouter, et de pas vous prendre la tête.

    Merci pour cet article. Dès que ça sera mon tour, je ne veux pas tomber dans ce piège de ce qui est pour moi finalement le contraire de la bienveillance. Après, je ne peux pas savoir à l’avance comment ça se passera. Mais ce qui est sûr, c’est que je ne veux pas tomber dans ces exemples extrêmes du bonnet.

    Bisous à tous les 4! 💕

    1. Tu seras une bonne maman, j’en suis sûre ! Merci pour ton commentaire 💖💖💖 Je te souhaite que tes soucis de sa te se règlent vite pour que tu puisses passer du côté maman de la barrière

      1. Merci pour ce partage et cet article que je trouve très bien écrit ! J’ai moi aussi failli tomber dans cet extrême de la parentalité bienveillante et positive à l’extrême… où nettoyer le nez de son petit est une VEO, tout comme lui tenir fermement la main pour ne pas se faire renverser… je me suis posée bcp de questions, avec du recul j’ai eu l’impression d’étouffer et de perdre pieds même… mais une amie, maman également, avec qui je partageais mes questionnements m’a très vite arrêtée et conseillée de laisser les RS / comptes qui me faisaient du mal pour me reconcentrer sur la vraie vie. Et ça m’a fait tellement de bien ! Depuis j’ai trouvé ton compte, celui de PRGR et d’autres encore qui font tellement plus écho à la vraie vie qu’ils font du bien !
        Comme toi je me sens mnt bcp plus légitime dans mon rôle de maman et j’arrive même à ignorer les commentaires de la vraie vie 🙂
        Courage à toi dans la suite d’éducation et d’accompagnement de tes petits ! Et courage à tous les parents, ce n’est pas chose aisée que d’aider des petits humains à devenir des grands humains !

        1. Merci 🙏
          Au delà des réseaux sociaux, j’ai même donné tous mes livres de parentalité à la médiathèque (en y cachant un petit mot dedans 😇)

  7. Ton article me parle beaucoup. J’avais d’ailleurs rédigé un article de la même veine sur les dérives du maternage proximal. Il me paraît primordial d’avoir des zones de gris entre le blanc et le noir, de relativiser en somme. La blogosphère parentale, celle qu’on entend et lit sur le web, est la plupart du temps représentée par une minorité d’hysteriques dogmatiques. C’est inquiétant.

    1. Après tous les témoignages que j’ai reçu aujourd’hui, j’en viens à me ranger à ton avis. Y a clairement une majorité silencieuse en souffrance face à ces dogmes portés par une minorité bruyante et tape à l’oeil.

  8. Je découvre votre article grâce à PRGR, et merci beaucoup !
    Je pourrais souscrire à quasiment tout, même si je n’ai pas votre cheminement. Je ne savais pas que la mouvance “éducation bienveillante” allait si loin. Quand je vous lis, j’ai tout à fait l’impression de voir une mère bienveillante et sans violence, comme je m’efforce de l’être, avec un succès mitigé mais sans me décourager.
    J’ajouterai un point : il ne faut pas oublier qu’on devient parent avec ce qu’on a reçu, avec ses propres casseroles bien souvent. Et on ne peut pas faire du passé table rase ou se prendre pour le super héros qui va évidemment réussir à ne commettre aucune des erreurs de ses parents (c’était un peu comme ça que je me positionnais au début). Une fois qu’on a compris ça on peut faire preuve de plus de bienveillance pour soi-même, ce qui est à mon avis le socle d’une éducation bienveillante.
    J’ai juste une petite nuance sur la culpabilité : je crois vraiment qu’elle vient de nous-mêmes. Pas forcément parce qu’on fait quelque chose de mal, mais parce qu’au fond de soi on n’est pas assuré dans ses choix et qu’on reçoit les discours des autres comme des accusations. Et bien sûr certaines personnes (genre les vendeurs de coachings en tout genre) jouent à fond sur cette faille. Mais on voit parfois, sur les réseaux sociaux, des personnes réagir très vivement à des témoignages d’allaitement (je parle bien de témoignages), et accuser celle qui témoigne de les culpabiliser. Dans ces cas, oui, la culpabilité vient d’elles : tu n’es pas à l’aise avec ton choix, ça ne veut pas dire qu’il est mauvais.
    Bien sûr il y a un énorme boulot à faire pour aider les parents (surtout les mères) à ne pas culpabiliser, mais au fond ce travail, c’est d’abord et surtout à chacune de le faire : ça consiste essentiellement à apprendre à dire f*ck. Et quand même, aussi, à savoir discerner si la raison pour laquelle je culpabilise est une erreur que j’ai faite (dans ce cas je peux réparer) ou un injonction que je m’impose.
    En tout cas merci pour ces mots qui font du bien à beaucoup ! Et je garde précieusement ce que vous écrivez sur la façon dont vous avez aidé votre fils, ça pourra m’aider moi aussi pour accueillir les émotions de mon presque-5-ans qui souvent le submergent.

      1. Merci merci merci pour cet article ! Comme dit plus haut il est nécessaire d’avoir des zones de gris plutôt que tout noir ou tout blanc. Personnellement enceinte je n’avais aucun doute, puis ma fille est arrivée et soudain je faisais une montagne du moindre truc. Je n’ai jamais passé autant de temps à poser des questions à Google ! (heureusement pendant mes études j’ai eu un cours qui m’a appris qu’il était important de doublement vérifier ses sources, sinon je crois que je me serais irrémédiablement perdue)
        Encore aujourd’hui à la moindre crise de pleurs alors qu’on est coincés dans la voiture sur l’autoroute ou quand son arrière-grand-père (qui fume comme un pompier) vient lui faire des gouzi-gouzi, je ne peux pas empêcher une arrière-pensée de débarquer en fond qui dit “Ça y est elle va être marquée à vie et c’est ta faute !”
        Et puis j’apprends la patience. Avec elle et avec moi-même (et avec les autres : même s’il pue la cigarette c’est normal que son arrière-papy ait envie de venir la voir sourire :))
        Je pense que ce qui m’a sauvée c’est d’être têtue comme une mule, j’étais persuadée que tout irait bien et j’ai refusé d’écouter ceux qui me disaient que j’allais changer d’avis une fois que j’y serais !
        Un jour, un pas à la fois.
        Que tout aille bien pour ta petite famille 🙂

        1. Merci pour ton commentaire 🙏 Oui, être têtue ça peut aider. Dans mon cas ça m’a surtout fait persévérer trop longtemps que un très mauvais chemin 😅😅😅

  9. Tu connais mon avis sur le sujet… Je partage totalement ton analyse, seuls les parents savent ce qui est bon pour leurs enfants et il est très hasardeux de se mêler de cela. Comme tu le dis justement, le contexte social, familial, économique, culturel, joue à fond dans les mécanismes éducatifs. On ne peut pas tout changer d’un coup (et est-ce souhaitable, d’ailleurs ?)
    Je pense que ces dérives des nveo concerne une minorité de parents, mais qu’elle est très visible de par le jeu des algorithmes qui les mettent en avant, d’autant plus que ce sont souvent des personnes rompues à l’utilisation optimale des réseaux sociaux : un artefact du web, en quelque sorte.
    Quant à dire que tout ce mouvement excessif serait justifié par le nombre d’enfants tués sous les coups de leurs parents (je ne nie pas le fait, soyons clair), je trouve ça totalement crétin et simplet car les parents vraiment maltraitants et violents ne traînent pas sur Insta à la recherche de conseils éducatifs. Ils s’en tapent totalement. En revanche, les enfants issus de parents violents, cherchant un soutien pour sortir d’un schéma familial éducatif néfaste, peuvent être victimes de ce genre de courants car portés à culpabiliser à fond par leur enfance, et effrayés à l’idée de reproduire la maltraitance qu’ils ont subie.

    1. “crétin et simplet”
      Oui. Tout à fait. Et en sortant ma tête de là, je m’en rends compte. Tout ça apparait comme une évidence désormais. Mais ça aura pris 5 ans à le comprendre, le temps de plonger, d’échouer à répétitions et d’ouvrir enfin les yeux.
      Vivement un véritable volonté politique pour mettre en place un réseau d’aide aux parents et une véritable prise en charge de la petite enfance autre que crèche/école

  10. Merci pour ce témoignage, j’ai tout lu attentivement. Bravo à vous pour avoir su réagir et sortir de cet engrenage infernal.
    J’ai eu beaucoup à penser sur l’éducation positive depuis que je suis devenue mère (ma fille a 18 mois), et encore plus depuis la semaine dernière, avec le fameux clash qui ne confirme qu’une fois de plus que l’éducation dite “positive” est, dans les dérives présentées par certains comptes sur les réseaux sociaux, toxique.
    Toxique parce qu’elle se présente comme scientifique, mais n’en a que l’apparence (les théories sur lesquelles elles se fonde sont en effet soit issues d’expériences menées sur des animaux, soit extrapolées à partir d’exemple extrêmes – cas de la thanatose observée sur… des bébés souffrant de très graves négligences et extrapolée tous les enfants – soit obsolètes comme la théorie des cerveau qui a été invalidée à plusieurs reprises). Parce qu’elle est fondée sur une rhétorique “face je gagne, pile tu perds”. Votre enfant va bien ? C’est parce que vous avez bien appliqué les méthodes, en aucun cas grâce à vous ou à lui. Votre enfant ne va pas bien ? C’est de votre faute, mauvaise mère, même si vous avez tout suivi à la lettre il y a forcément une chose que vous n’avez pas assez bien faite. Toxique parce qu’elle conduit à se couper de l’élémentaire bon sens qui consiste à observer l’enfant, et agir en conséquence. Toxique parce qu’elle vous enseigne que si votre enfant semble bien en apparence (calme, souriant, bon appétit, bon sommeil), il peut être en profondeur ruiné à jamais par un terrible geste VEO tel que lui donner un surnom ou lui essuyer la bouche et que vous ne le saurez jamais. Vous êtes une menace en permanence pour l’enfant.
    C’est vraiment l’opposé de la bienveillance, la vraie, qui consiste surtout à ne pas partir du principe que la personne a une intention malveillante. Ca n’empêche pas de donner des cartons, jaunes d’abord, puis rouges.
    Ici, ma fille commence à exprimer physiquement ses frustrations, et cela se traduit par des colères, surtout le soir chez la nounou. Comme j’aime bien essayer plusieurs choses, j’ai d’abord essayé des techniques données par l’éducation positive, à la Filliozat, qui consistaient justement à la prendre dans les bras et la contenir physiquement. Gros échec, elle pleurait encore plus. Par contre, si je la laisse se rouler par terre 2 minutes, elle finit par oublier sa colère, je la fais rire et ça va. Elle représente pour autant un certain challenge éducatif (ma fille est une enfant vive, curieuse, qui aime expérimenter mais qui n’écoute pas les consignes élémentaires que je mets en place pour sa sécurité, très impulsive, qui dort très peu) et je me doute bien que le plus compliqué est à venir. Mais j’ai la chance d’avoir eu suffisamment d’enfants et d’éducateurs autour de moi pour comprendre très vite que certains promoteurs de l’éducation positive étaient avant tout des escrocs qui surfent sur l’anxiété parentale pour mieux vendre leurs méthodes toxiques.

    1. Merci infiniment d’avoir partagé ton expérience ici et avec nous 🙏
      “Votre enfant va bien ? C’est parce que vous avez bien appliqué les méthodes, en aucun cas grâce à vous ou à lui. Votre enfant ne va pas bien ? C’est de votre faute, mauvaise mère, même si vous avez tout suivi à la lettre il y a forcément une chose que vous n’avez pas assez bien faite” c’est exactement ça. Ou pas bien compris. Ou laissée trop influencée. Ou pas assez forte face aux réseaux sociaux. Ou…
      Je suis vraiment profondément heureuse que mon post permette de libérer la parole et de réaliser que non, on n’est pas seule en fait à constater que c’est nocif.

  11. Comme ça fait du bien de lire ça ! Avec Pgrg vous avez réussi à mettre en mots ce doute qui me taraudait face à cette éducation positive qui me semblait pourtant être LE modèle à suivre coûte que coûte si je voulais éviter des années de psy à mes enfants. Peut-être que cette éducation bienveillante et respectueuse de l’intégrité de l’enfant est effectivement ce qu’il y a de mieux et de plus « naturel » dans le sens en phase avec mère nature. Sauf que, qu’on le veuille ou non, nous n’avons plus grand chose à voir avec notre vraie nature d’etre humain libre (que peut-être quelques papous experimentent encore de nos jours? Et encore, ils ont sûrement des règles sociales à la con qu’ils s’imposent eux aussi). Bref, nous vivons tous des vies remplies de contraintes qui chahutent notre vraie nature. Mon métabolisme voudrait dormir tous les matins jusqu’à 10h par exemple mais bon hein… Bref, nier tout cela c’est effectivement incensé et oui, c’est sûrement bien dommage ce rythme de vie à la con, ça serait chouette si collectivement on arrivait à alléger certaines de ces casseroles sociales qu’on se traîne tous mais en attendant, adultes et enfants sommes obligés de nous faire violence pour continuer à vivre intégrés et relativement sereins dans cette société dont nous devons connaître et suivre les codes. Heureusement que je suis assez solide pour que mes nombreux doutes ne pourrissent pas mon estime de moi en tant que mère mais effectivement, je comprends tellement à quelle point cette doctrine peut fragiliser les familles…
    Bref, merci de prendre du recul et de so bien l’exprimer!

    1. Merci pour ton commentaire 🙏 Effectivement, les Papous aussi ont leur propres codes sociaux ! Cet appel à la nature constant pour le maternage est aussi toxique car, lui aussi, ne prend pas amen compte la singularité des personnes. Ma filleule est sur le spectre autistique et elle n’a jamais supporté le contact physique prolongé (cododo, portage). Sa maman l’a suivie, mais à l’époque elle se serait faite probablement shamer d’avoir passer sa fille dans un lit dans une chambre à part et de la mettre dans une nacelle au lieu de la porter.

    1. Merci pour ce commentaire ! Je prends conscience qu’effectivement cet article aide et prend son envol au delà de ce que j’avais imaginé en écrivant. J’ai été ce parent perdu et ça fait du bien d’avoir enfin trouver sa voie/voix

  12. Merci pour cet article! J’aurais pu être cette mère qui bascule dans une extrême et j’ai finalement eu des jumeaux de petit poids, dont un enfant avec une fente labiale. L’allaitement a été court et compliqué, j’en ai culpabilisé, puis j’ai lu les études scientifiques sur le sujet (des vraies, pas le site de la Leche League hein) et je me suis rendue compte de la supercherie. Je crois que ça m’a aidée à mettre les choses en perspective. De là, je me suis rendue compte que Filliozat, bien qu’elle ait des conseils parfois intéressants, ne présente qu’une approche de l’éducation parmi d’autres (et ne choisit d’appuyer ses textes que sur certaines études en ignorant toute une partie de la recherche). Bref, certains comptes insta m’insupportent (sans parler des commentaires absolument abominables sous les posts de comptes tel que garde tes conseils). C’est difficile parfois de faire la part des choses et de résister aux discours culpabilisants (et merci de préciser que la culpabilité peut bien sûr être induite).

    1. Merci pour ce retour 🙏🙏🙏 J’imagine la force qu’il a du te falloir pour traverser tout ça. Bravo 💪
      Ça me paraissait essentiel d’évoquer cette culpabilité induite (souvent à des fins commerciales) parce que cet argument de la culpabilité endogène est rentré de suite en conflit avec mon féminisme bien que je m’y sois ralliée dans un premier temps 😣

      1. Oui, j’avais trouvé ça très hypocrite dans le cas de l’allaitement. Je ne trouvais pas d’information fiable sur les laits premier âge car les producteurs ont interdiction d’en faire la publicité (comme les cigarettes, une victoire de certains lobbys lactivistes au niveau européen). Et en parallèle je voyais les publications instagram vendant des accessoires d’allaitement, les services de consultantes en lactaction, etc. Je n’ai rien contre bien sûr (et je suis évidemment pour que toutes les femmes qui le souhaitent puissent allaiter partout, ouvertement, sans jugement). Mais j’aurais aimé qu’on dise qu’on a le droit de laisser tomber, que parfois c’est trop dur, et que parfois, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour le bébé (je pense par exemple aux femmes qui s’épuisent). Et finalement, c’est la même logique que celle des discours autour de l’éducation bienveillante: ça ne suffit pas d’être “pour”, il faut creuser plus loin et voir comment on l’applique, ce qu’on applique, et avec quelles conséquences globales sur l’enfant et la famille.

        1. J’ai lu votre article jusqu’au bout. Il m’a interpellée. Ce n’est peut-être pas un hasard…mes enfants ont 4ans et demi et 2 ans. J’ai dû vivre un brun out pendant plusieurs années. J’ai peu confiance en moi et n’ai pas vécu dans une famille heureuse. Mon conjoint étant à son compte je me sentais seule, coupable, incapable de gérer mes emotions et tout le reste avec une vie sociale limitée sans compter mes 18kgs de grossesse restant. Je voulais être une bonne mere. J’ai repris le travail Ya quelques mois et perdu quelques kgs. Je commence à revivre, à rire avec des collègues …Merci pour votre article. Je pense qu’ il faut que je prennes du recul sur tout ce qu’ on voit/lit aujourd’hui. Ça m’aidera à déculpabiliser. Dèsque j’aurai du temps je lirai votre blog. Belle route à vous!cdlt

          1. Merci pour ce partage d’expérience 🙏 La seule chose que je conseille c’est de se couper de toutes les sources qui entretiennent la culpabilité (livres, comptes Instagram, groupes/pages Facebook, personnes…) car sur du long terme elles attaquent notre confiance en notre capacité à être de bons parents. Bravo pour la reprise du cours de votre vie et bon courage pour finir de sortir complètement de ce burn out parental 🙏

  13. Merci !
    Pour ma part, j’ai un petit loulou fort énergique de 4 ans tout juste. Je l’ai eu seule (volontairement), je l’élève avec mon amoureux depuis un an et ça se passe bien (on fait bien ce qu’on peut et on se débrouille pas mal, je trouve). Avant même sa naissance, j’ai lu tout Fillozat, j’ai écumé les sites de parentalité positive, etc. Sauf que mon fils a une énergie hors du commun, qu’il est très moteur depuis tout petit et que j’ai littéralement passé ses deux premières années à l’empêcher de se tuer en escaladant tout et n’importe quoi. Il a dormi par tranche de 2 ou 3h pendant 18 mois (j’ai cru crever) et ça n’a pris fin qu’avec l’intervention d’une psy qui m’a donné des billes. A l’époque j’étais trop épuisée pour analyser ce qu’elle m’avait demandé de faire (honnêtement, elle m’aurait dit de boire du vomi et de marcher sur des braises, je pense que j’aurais tenté le coup). Aujourd’hui, je sais qu’elle m’a simplement aidée à poser un cadre plus petit et à me préserver davantage. Rien de fou : au réveil de 5h du matin, je lui donnais un biberon pour pouvoir retourner dormir et elle m’a juste dit d’arrêter de lui donner quoi que ce soit à boire dans sa chambre. Il s’est réveillé toutes les heures la première nuit (toutes les heures au lieu de toutes les 2/3h, donc) et a dormi 6h d’affilée la seconde.
    J’ai eu la chance d’être entourée de copines mamans et féministes, qui n’ont jamais caché leurs difficultés, qui m’ont raconté leurs pires moments, leurs ratages et rattrapages. Ce que tu fais aussi très bien dans cet article.
    Je trouve ça chouette, la parentalité positive, mais ça ne veut pas dire aucun cadre ni que l’enfant doit être le pivot de la vie de ses parents. Parce qu’en effet, quand il y a plusieurs enfants, comment on fait ? On le joue à chifoumi ?
    On fait ce qu’on peut… en bien veillant sur nos enfants et en essayant d’être épanouis dans nos vies.
    PS : je mouche mon fils et je lui donne plein de surnoms, dénoncez-moi à l’ASE 😉

    1. Je m’en vais de ce pas appeler l’ASE 🤣🤣🤣
      Blague à part, merci pour ce partage d’expérience qui aidera plein de mamans, j’en suis certaine 😛

  14. Super article, merci! Je m’y retrouve assez bien! Ayant aussi réajusté mon cap de maman, je me (re)trouve au final plus libre, plus cohérente, à la fois plus souple et plus exigeante et surtout plus confiante et moins hésitante. Je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, avec cette confiance (re)trouvée je relis volontiers ma bibliothèque «bienveillante» et j’y vois directement ce qui nous convient et surtt jusqu’à quel degré (la question des limites personnelles de chacun, papa y compris). 🙂

    1. Merci pour ce témoignage 🙏🙏🙏 Je pense que c’est une des premières choses qu’on devrait dure aux parents : aies confiance en toi !
      Moi aussi je suis plus confiante maintenant. En revanche je me suis débarrassée de toute ma bibliothèque, j’en ai fini avec les dealeuses de bienveillance 😅😅😅

  15. J’aurai pu écrire chacune de vos lignes…

    Les parents en difficultés sont les parents qui restent dans le silence… par honte, par sentiment d’échec profond dans toute la bienveillance qu’ils ont désespérément essayé de mettre en place à leur détriment, au détriment de leur vie professionnelle, de leur vie de couple, de leur vie tout simplement…
    Cela fait bien longtemps que j’ai fui tous ces groupes facebook d’éducation bienveillante où il n’y a de la place que pour le parfait…et la culpabilité… et pourtant bienveillante, je le suis… mais aujourd’hui je le suis également envers moi même et ca c’est la base !
    Je suis une maman en plein souffrance qui accompagne un enfant tyrannique en pleine souffrance, sauf que le mien à 13 ans… notre vie à basculée il y a 1 an, notre vie est un enfer quotidien…
    L’aide à l’enfance, c’est nous les parents qui les avons appelés et qui avons osés sortir de notre silence, de notre échec, de notre enfer…
    Je souhaite à tous les merveilleux parents en plein désarroi de “tomber” sur votre page pour qu’ils puissent lire les larmes pleins les yeux: qu’ils ne sont pas seuls !

    1. Merci pour ce commentaire et ce témoignage 🙏🙏🙏 Effectivement on a tendance à s’emmurer dans le silence, d’autant plus qu’on a souvent du affronter tout notre entourage pour défendre ce chemin éducatif qui finalement échoue.
      Bon courage pour la suite. En espérant qu’une relation sereine puisse se rétablir avec votre fils 🙏🤞 Si vous ne les avez pas déjà contactés, prenez contact avec l’association REACT qui pourra peut être vous aider. Courage.

  16. Juste merci pour ton article 🙏🏼
    Tellement clair, parlant et juste ! Ça va beaucoup m’aider, merci 💕
    Belle journée et bonne année 🎈

  17. Ça fait tellement du bien ce genre d’article, tellement delculpabilisant… j’ai envie de le faire lire à beaucoup de mes ami(e)s ! et surtout qui rappelle que nous sommes nous aussi humains, en tant que parents. Et que nous avons nos failles, et que c’est normal. Et que tant que nous ferons au mieux, et surtout avec beaucoup d’amour et de la communication, eh ben je pense qu’on réussira en tant que parent et en tant qu’etre Humain !
    Encore merci pour cette sincérité.

  18. Un grand MERCI pour ton article, qui tombe à pic car je suis en plein dans la phase “descendante” actuellement. 😉 Il m’a permis d’enlever un nouveau poids sur ma balance de la culpabilité, qui était déjà bien pleine avant d’avoir mon fils et qui n’a fait que se charger de plus en plus depuis sa naissance il y a 3 et 1/2. Car après des années de culpabilité à me dire que je faisais mal, maintenant je culpabilise (mais je me soigne) car j’enterre quelques principes acquis par le biais de la parentalité bienveillante. Ça n’en finit jamais. 🙂
    Je reste convaincue par certains principes (pas de violence physique type gifle, fessée par exemple), mais parce qu’ils résonnent vraiment pour moi, qu’ils sont adaptés à mon fils et que je ne me sens pas contrainte en les appliquant.

    Mais comme pour toi, et comme pour d’autres parents qui ont témoigné en commentaires, du point de vue des “puristes”, les services sociaux devraient déjà être à ma porte !
    Par exemple, sur la gestion du coucher le soir. Mon fils est très dynamique toute la journée et s’endort tard le soir depuis tout petit (22h/22h30 en moyenne, maisil dort très bien la nuit ensuite). Depuis qu’il est assez grand pour comprendre, il reste rarement dans sa chambre à jouer ou lire même si on essaye de lui dire qu’après 21h, on a envie d’un peu de calme avec mon conjoint. Les soirs compliqués, où notre fils est tellement épuisé qu’il se débat pour ne pas dormir, nous sommes parfois obligés avec mon conjoint de le maintenir dans son lit jusqu’à ce qu’il “décharge”, comme les nouveau-nés, et qu’il s’endorme d’un coup. Non pas par épuisement, mais plutôt par apaisement.
    J’ai pleuré de nombreuses fois pendant et après ce type d’épisode (ça m’arrive encore), mais comme tu l’expliques très bien, notamment avec la métaphore de l’emmaillotage que je trouve géniale, les enfants ont tous des besoins différents et ne pas appliquer les techniques de la parentalité bienveillante ne veut pas dire pour autant qu’on est malveillant ! Dans notre cas, on a bien appris à distinguer avec les années les soirs où notre enfant ne veut pas dormir et n’en a effectivement pas besoin, et ceux où il en a besoin mais qu’il est trop submergé par ses émotions et/ou sa fatigue pour pouvoir le faire tout seul et sereinement. Donc non, les enfants ne peuvent pas toujours répondre à leurs propres besoins.
    J’ai relu dernièrement le passage sur le sommeil d’un livre de Catherine Gueguen (je n’ai pas encore jeté ma bibliothèque bienveillante 🙂 ), et j’ai vu que j’avais fait du chemin ces derniers mois car je n’ai pas culpabilisé comme d’habitude en lisant tout ce qu’on faisait “mal” d’après ce qui était écrit. J’ai réussi à extraire juste les conseils et explications applicables à mon fils (une infime partie) et à me ficher du reste en me disant que ce n’était pas pour lui / ne correspondait pas à nos principes. Une grande avancée pour moi !

    Je m’arrête là, mais je pourrais encore en dire long sur ce long chemin qui me reste à accomplir et que des articles comme le tien rendent moins chaotique ! Je n’ai pas réussi à laisser l’étape du bonnet encore. 😀
    Merci de nous ouvrir les yeux et bon courage à toi pour la suite !

  19. Bonjour,
    Je pense qu’il y a surtout beaucoup de confusions dans cette « secte de la bienveillance ».
    Je suis persuadée qu être à l écoute, observer, se faire confiance, lui faire confiance et une grosse dose de feeling , c est ça la bienveillance.

  20. Bonjour. Je découvre ton blog et particulièrement cet article grâce à Baptiste Beaulieu. Et simplement MERCI ! Pendant toute ma grossesse, j’ai eu une trouille bleue d’être une mauvaise mère en prenant simplement ce que j’ai reçu et fait le tri dans ce que je veux et ne veux pas pour mon enfant (enfant humiliée que j’ai été). Je suis aussi passée par la case “forums de mamans”, mon Dieu ! Quelle erreur j’ai fait en prenant en compte mes angoisses de femme enceinte combinée à une dépression installée depuis plusieurs années. J’ai énormément culpabilisé, particulièrement sur le fait d’avoir des doutes sur l’allaitement (au final, bébé n’a pas voulu prendre le sein pour la tétée d’accueil, du coup je ne me suis pas formalisée, un bibi en peau à peau donné par papa (qui a kiffé) après 13h de travail, une nuit blanche et un accouchement pour maman somnolente sur un lit à 1,50m du sol).
    Depuis ce que j’aime dire aux futurs parents autour de moi se rapproche de ce que tu écris, faites ce que vous pouvez, ayez confiance en vous et quand le doute vous submerge, confiez-vous aux personnes en qui vous avez pleinement confiance. Effectivement les livres ne prennent pas en compte les casseroles de tout un chacun.
    Alors merci encore et au plaisir de te lire.

    1. Merci Fanny ! De m’avoir lue, d’avoir commenté, d’avoir partagé ton expérience… Que j’aurais aimé qu’on me dise ce que tu dis aux futurs parents autour de toi !

  21. Bonjour,
    J’ai trouvé ton article très intéressant. Ce que j’en retiens c’est qu’il n’y a pas de règle absolue et que toute personne qui estime avoir LE savoir se trompe forcément. Et finalement c’est pareil pour tout, que ce soit l’éducation, le couple, les relations de hiérarchie, les relations familiales etc. Ce qui me surprend c’est que tu dises rejeter l’éducation bienveillante alors que ce que tu racontes de ta relation avec tes enfants me paraît tout à fait suivre ces grands principes. Ton article me fait réfléchir car je me demande à partir de quand des idées ou des avis se ressentent ou s’imposent comme des dogmes ou comme des idées sectaires. Étant moi-même plutôt dans la mouvance allaitement-cododo-bienveillance j’ai à cœur d’arriver à exprimer ma vision sans imposer. Bref, merci pour la réflexion 🙂

  22. Superbe article ! Merci pour ce partage d’expérience d’apprentissage à la parentalité .
    Je suis passée par là également. J’ai fait parti de cette majoritée silencieuse en souffrance, terrifiée à l’idée de commettre un “education faux-pas” et se faire shammer par les puristes . Vivre dans la culpabilité incessante et la peur de mal faire ça détruit les liens, la confiance en soi et en autrui , ça rajoute du poids à la charge mental et j’en suis persuadée au final c’est contre productif. il n’y a pas de règles… toutes croyances si elles sont érigées comme véritées absolues deviennent des dogmes et finissent par dériver de leur but initiales.

    1. Merci pour ton partage d’expérience ! Y a vraiment de ça, le momshaming par d’autres mères (en plus!) tant et si bien qu’on en vient à se taire et taire ses difficultés …

      1. Oui mais si c’est le mom shaming le problème c’est compréhensible.. mais tous ceux qui “adhère” a la parentalité positive ne sont pas comme ça… C’est dommage de ne pas différencier les deux… Par rapport au féminisme ça me fait quand même beaucoup pensé au rapport homme femme, les hommes qui disent ne plus oser aborder une femme avec spontanéité dans la rue etc….. (Je te remercie si tu peux m’éclairer sur ce qui fait que le “combat” pour l’équité du statut des enfants est moins légitime que celui des femmes 🙏.. c’est vraiment une volonté de comprendre de ma part… Merci)

        1. Rien à voir avec le féminisme et les hommes qui se plaignent. Je ne suis pas en train de dire “On ne peut plus rien faire avec nos enfants”. Le débat n’est absolument pas là et si tu veux l’amener sur ce terrain c’est que tu passes à côté de mes propos complètement. A quel moment ai-je dit que le “combat” pour l’équité du statut des enfants est moins légitime que celui des femmes ???

          1. Oui je confirme c’est exactement ça je te lis et je suis d’accord avec bcp de choses mais quand on en arrive a la parentalité positive j’ai l’impression de passer a côté car je ne comprends pas…. Je relis plusieurs fois… Et je ne comprends tjs pas… Je comprends le procès a la culpabilisation mais pas a la parentalité positive (alors que quand je te lis pour moi tu es complètement dedans)… Pour moi l’extrémisme culpabilisant il pourrait aussi être reproché au féminisme (attention moi je suis pour ces deux mvts…) ..

  23. Quel bien cela fait de lire ces lignes…Je suis maman de deux enfants de deux ans et demi et trois mois. Qu’est ce que j’ai pu poser comme questions à Google pour ma fille aînée, m’abonner à des comptes Instagram, acheter des bouquins… et prendre tout ça comme un dogme oui! Avoir mille discussions avec le papa (et la je me rends encore plus compte de sa patience…)
    Avec la naissance de mon deuxième, je prends conscience que j’étais en train de me mettre des ornières, de m’enfoncer dans un truc dans lequel je ne me sentais pas bien : je me suis dit plusieurs fois : il faut que j’arrête avec tous ces trucs de parentalite positive, ça me prend la tête, ça me complique la vie, ça fait ch*** en fait.
    Il y a eu une plusieurs éléments déclencheurs !
    Je me suis rendue compte de ça le jour ou j’ai dit à ma fille de ranger sa chambre sur un ton qui n’acceptait la négociation. J’ai culpabilisé pendant deux heures après, me disant que j’avais utilisé une VEO pour qu’elle range sa chambre, que c’était terrible, que ça allait la traumatiser. Vraiment. Et la j’ai pris du recul.

    Pour mon fils aussi… il dormait dans un petit couffin qui est devenu trop petit… on avait le choix entre le lit au sol Montessori-tropbien-autonomie mais en fait nous on est plus à l’aise avec un lit à barreaux, à notre hauteur. On a pris la décision en s’écoutant, sans Google à plein tubes, là ou pour ma fille j’aurais mis 3 jrs de navigation effrénée sur des blogs de parentalite pour trouver LA meilleure solution.

    J’ai eu la chance de grandir dans une famille aimante et soutenante, j’ai eu une enfance douce et heureuse, et on me demandait de ranger ma chambre et d’aller me coucher à des horaires reguliers😅 mon autre chance c’est mon partenaire de vie. Lui il Google pas, il fait en fonction de lui/nous et des petits. Et puis ça marche très bien.

    Bref, je suis en train de cheminer, de sortir de tout cet espèce de marasme culpabilisant et ça fait du bien de lire que je ne suis pas la seule à mettre fourvoyer et à décider finalement d’écouter mon bon sens, les besoins de mes enfants ET les miens et d’improviser tous les jours parce que c’est ce que tous les parents du monde font en fait !

    Alors vraiment merci pour cet article. Ça fait du bien de voir de l’honnêteté sur le web. Et Bravo aussi, d’avoir le courage de parler de ça, le courage d’en sortir !

    1. Merci pour ton témoignage ! Vraiment 🙏 Ça fait un bien dit de lire d’autres mamans qui ont le courage de partager leur expérience et de témoigner qu’elles en reviennent parce qu’au final c’est délétère. Merci

  24. Bonjour Madame Captain
    Merci pour cet article, j’ai eu l’impression en l’écoutant que vous aviez pu formuler clairement ce qu’en j’ai ressenti douloureusement pendant de nombreux mois… merci!!

  25. J’ai tellement pleuré en lisant ton article…
    Maman d’une MiniPrincesse de 4ans et demi avec une forte blessure d’abandon et des colères d’une violence extrême envers elle même et aussi envers nous (son Beau-père et moi). Je suis enceinte de MicroPrincesse numéro 2, a me replonger dans les livres d’éducation «bienveillante» a me convaincre que j’ai forcément fait quelque chose de mal avec MiniPrincesse et que tout son mal-être vient forcément d’une erreur alors je cherchais laquelle dans ces livres!
    Mais heureusement pour moi je suis bien entourée et une amie Lumière m’a envoyé ton article et je pleure de joie de m’être écouté, d’avoir craqué et de nous avoir mis a l’abri ma Mini,Micro et moi même en partant de cette maison trop petite pour y être en confinement. Ici on respire, on pleure, on dort et cet article m’apaise tellement! MERCI BEAUCOUP de dénoncer toute cette douleur créée au nom de la «bienveillance».

    1. L’émotion en lisant tes mots ! Comme je le répète souvent sur mon compte Instagram : désabonne toi de tout ce qui met à mal ta parentalité (se débarrasser des livres ça marche aussi !)
      Et surtout, retrouver confiance en soi : la parentalité se vit avant toutes choses, tu es une bonne maman, tes mini et micro ont de la chance de t’avoir 🙏

  26. Bonjour et surtout merci! J’ai des frissons tellement je me retrouve encore dans cet article. C’est en te lisant que je la ressens, cette fichue bienveillance. ❤️❤️

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