Aider son enfant à construire une sexualité saine


Parentalité / Friday, January 18th, 2019

Comment fait-on ?

Clairement, si tu as lu mon dernier article, tu sais que je n’ai pas la réponse !

Ça ne m’empêche pas de me la poser.

Avant-propos

Et là je sais que certain.e.s vont s’empresser de juger : “Non mais il a 4 ans son gosse et elle parle de sexualité lol ! Elle a un problème dans sa tête celle là!” Et pourtant, la sexualité ce n’est pas un sujet réservé à la puberté! On ne se réveille pas un beau matin à 11, 12, 13 ou 14 ans en se disant “Tiens, et si j’explorais ma sexualité?”. Ça se construit tout au long de la vie. Et ça commence dés le plus jeune âge par la découverte sensorielle du monde et par appréhender des concepts tels que le consentement et le respect des limites quand nos enfants nous demandent d’arrêter les chatouilles, par exemple, ou quand ils refusent qu’on les savonne dans le bain, ou encore ne jamais les forcer à faire la bise… bref, tu vois le tableau.

J’ai longtemps hésité avant de poster cet article. Parce qu’en général quand les termes d’enfant et de sexualité sont associés, c’est souvent pour des choses lugubres et inhumaines. Mais en même temps, si on ne parle jamais que de pédophilie et d’inceste quand on parle de la construction de la sexualité dés l’enfance, comment avancer sainement ? Là encore, je ne crois pas qu’entretenir un tabou soit sain, mais je préfère baliser avec cette longue introduction pour qu’on ne se méprenne pas sur mes intentions. Comme d’habitude, je te parle de ce que je vis et de mon point de vue totalement subjectif (bref, c’est juste un blog)

Découverte “active”

Mini Captain est dans une phase très active d’exploration de son corps. En clair : il se touche fréquemment et frénétiquement le pénis dès qu’il est en situation de détente (lecture d’histoires, bain, endormissement, etc). Nous passons notre temps à répéter “Laisse ton pénis” ou encore “Lâche ton zizi” et on essaie de lui expliquer qu’il n’y a rien de mal à ce qu’il fait, mais que ce n’est pas à faire en présence d’autres personnes, que se découvrir doit rester un moment privilégié entre lui et lui seul #VisMaVieDeParents Donc la question se pose : comment lui laisser un cadre d’exploration de son corps sans pour autant rendre cette exploration tabou ou sale ou malaisante ?

Quand il était plus petit, dans la découverte anatomique, on lui expliquait en nommant les choses. Quand il tirait sur son prépuce pour se décalotter et qu’il nous disait “T’as vu?” d’un air interrogateur (genre “c’est normal ce truc, dis?”), on lui disait “Oui, c’est ton gland. Toutes les personnes avec un pénis ont un gland tu sais?”. Ou encore quand il disait “Oh! C’est quoi les boules là !” toujours avec ce même ton mi-surpris, mi-inquiet, on nommait, encore et toujours : “Oui, ce sont tes testicules. La plupart des personnes avec un pénis en ont deux, comme toi. Mais parfois on peut en avoir qu’une seule, ou pas du tout.”

Et cette partie découverte, c’était la partie facile, je trouve. C’était souvent au bain, c’était de la découverte, de la curiosité, des interrogations qui se résumaient à “C’est normal?” et “Comment sommes nous fait?”. Il suffisait d’y répondre simplement, de manière décomplexée. On en profitait pour renforcer le côté “C’est à toi. C’est interdit aux autres d’y toucher. Même papa et maman doivent te demander l’autorisation” (ce que nous avons toujours fait pour le bain et le change, parce que l’apprentissage du consentement, notion tellement essentielle dans la vie, pas que dans la sexualité, ça commence jeune).

Découverte du plaisir ?

Là j’ai l’impression, peut être à tort, qu’il découvre une certaine forme de plaisir, dans des situations que nous paraissent inappropriées à cette découverte (comme le matin au réveil, alors qu’il s’est glissé dans notre lit, ce qui le vaut de commencer les journées avec “Lâche ton zizi s’il te plaît, ou va dans ton lit” 😅🤣) En même temps je dis ça, mais je n’y connais rien à la construction de la sexualité vu mon histoire. Je n’ai jamais eu de phase d’exploration enfant, mais après avoir échangé avec pas mal d’entre vous, je me rends compte que c’est plutôt la majorité des enfants qui explorent leur corps enfants et découvrent que ça peut être très agréable.

Je ne veux pas non plus projeter sur lui des choses faussées par ma vision d’adulte (et là y a tout mon HPI qui s’affole en mode : “It’s google time ! Lâche ton article et va trouver des livres sérieux sur le sujet. Lis. Documente toi. Ne reste pas dans l’ignorance!” Et crois moi, c’est ce que je vais faire!). En même temps je trouve ça important de poser là les interrogations vierges de toutes recherches et lectures, car je ne suis certainement pas la seule maman à me poser ce genre d’interrogations. Laisser son enfant explorer, tout en posant un cadre sécuritaire et respectueux, qui ne condamne en rien la découverte mais qui puisse aussi le protéger dans son exploration, ça me parait assez essentiel non ?

Ma plus grande crainte

Comme je l’avais évoqué sur Instagram, ma plus grande peur, ce n’est pas qu’il arrive quelque chose à mon enfant (je pense que cette peur est inhérente à la parentalité et donc commune à tous les parents).

Non.

Ma plus grande peur c’est que mon fils (mes fils) deviennent des agresseurs. Ils sont tous les deux mâles, blancs, pour peu qu’ils soient cisgenre (c’est à dire qu’ils s’identifient en tant qu’hommes) et hétérosexuels, ils seront au sommet de la pyramide des privilèges ( je te renvoie à cette vidéo “What is privilege?” en anglais pour avoir une meilleure idée de cette notion de privilèges) et donc les comportements qui tombent sous la définition de masculinité toxique seront peut être encore encouragés et sans doute toujours pas condamnés (même si je veux croire que les choses auront bien changé dans dix ans, je reste quand même lucide).

Bref. Comment fait-on ?

J’en reviens à ma question initiale, tu vois. Comment fait-on pour que son enfant construise un rapport à la sexualité sain quand soi-même on a été privée de cette construction pourtant essentielle ? Ca rejoint un peu mon questionnement d’avant d’être maman : comment je fais pour élever mon enfant sans violences alors que j’ai été élevée dans la violence ?

Mon réflexe de maman rayée est de me tournée vers les livres.

Toujours les livres.

Mon refuge. Mon réconfort. Ma source de savoirs inépuisable.

Et pourtant je freine des quatre fers pour me plonger dans des lectures sur le sujet à cause du mouvement pseudo-scientifique de la psychanalyse qui a fait (et fait encore) tant de mal! Ce syndrome franco-français de psychanalyser tous les comportements en se basant sur les théories freudiennes dévoyées me rend frileuse à plonger tête la première dans des livres et thèses traitant du développement de la sexualité chez l’enfant.

Au moins, ça a le bénéfice de me forcer à me documenter plus sur les auteurs.rices des livres avant d’entamer mes lectures. Ce qui n’est pas plus mal.

Donc voilà. Un nouveau domaine de connaissances à explorer pour aider mes fils à grandir et s’épanouir.

Comme d’habitude, les commentaires sont ouverts pour discuter dans le respect, l’écoute et la bienveillance. Si vous avez des références (livres, auteurs.rices, conférences, etc) je suis preneuse !

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